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2011/05/18

TRAVEL MAPS

Ces dernières années, je me suis amusé à prendre des photos au grés de mes quelques voyages, dans mes quelques lieux de résidences. Photos partagées sur ce blog... et souvent placées sur de cartes, histoires de situer tout ça.

Il peut être amusant de rassembler toutes ces cartes sur une même page !




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PORTLAND, OREGON
October, 2010


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Afficher 2007.08 London & UK sur une carte plus grande


2007-2008


Afficher 2007-2008 Duisburg sur une carte plus grande

2007-2008


Afficher 2007-2008 Düsseldorf sur une carte plus grande
2007-2008


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2009/04/17

Une gaufre belge aux cerises généreuses

Gaufre de Liège aux cerises

12/04/2009 - Brugge, Belgique

2009/02/28

Livermore, CA, juste un peu mieux que Stockton


"Dans Fat City, le film de John Huston, les boxeurs vivent à Stockton. Une putain de ville, disent-ils. Mais c'est une exclamation ironique, car Stockton est le genre de ville qui n'offre aucun espoir, où il ne se passe rien, où la seule chose qui puisse arriver avec certitude, c'est l'échec, l'échec complet"
              Les soldats de Salamine, Javier Cercas.


Livermore, à 70 miles à l'est de San Francisco. Ville de vignobles et d'un immense centre de recherche de l'armée américaine, ville dont le golf s'appelle Poppy Ridge ; ville extrêmement étendue avec pas moins de 6 sorties d'autoroute différentes pour elle toute seule. Ville étalée, comme aplatie, où aucun bâtiment ne dépasse deux étages, si ce n'est le clocher des églises au style hispanique, servant à accueillir l'une des 42 communautés religieuses de la ville.

Livermore, ville californienne mais dont l'atmosphère semble piéger un peu du coeur des Etat-Unis, un peu de l'Amérique profonde, avec pour point culminant un immense drapeau américain planté dans le plus grand carrefour de la ville, au coeur de la 1st street. Tout le downtown de la ville en deux blocs : 1st Street à gauche du drapeau avec un café, la mairie et huit salles de cinémas ; 1st Street à droite du drapeau avec 6 restaurants dont un mexicain et un thaïlandais, un magasin de comics et un magasin de guitares, et le syndicat d'initiative qui reste fermé tous les weeks-ends.

Un downtonwn riche où les chercheurs de l'armée aiment à se promener, c'est tout de même autre chose que la banlieue de la ville d'à côté, où il n'y a rien à faire à portée de marche. Et quel centre animé, reconnaissons-le ! Il est nécessaire d'attendre de longues minutes avant de parvenir à franchir le croisement au grand drapeau Stars & Stripes ; le petit bonhomme pour les piétons ne veut jamais passer au vert, même en l'absence de toute voiture à l'horizon. Mais quelle meilleure preuve de circulation que la difficulté à se garer dans ce centre ville, où il faut souvent traquer la place quand on souhaite aller dîner dans l'exquis petit restaurant italien.

Peut-être aurais-je dû conseiller à mon interlocuteur scientifique de garer sa voiture dans l'immense parking vide, que l'on trouve à 100 mètres de la 1st Street. Mais je ne voudrais pas jouer au M. je-sais-tout dans sa propre ville ; d'ailleurs, je ne lui ai pas fait remarquer que le problèmes de parking ne me font pas peur, ayant passé toute ma vie dans la région parisienne...

Livermore, ville folle, ville démente, un de mes amis y était passé et le seul établissement qu'il était capable de me conseiller était une boîte de strip tease.

Pour atteindre Livermore depuis Oakland, il faut suivre l'autoroute vers l'est, l'autoroute en direction de Stockton. Stockton, la ville de l'échec qui se trouve une cinquantaine de milles plus profond vers l'Est, et là-bas, il n'y a certainement même pas de vignobles pour égayer les collines.

26/01/2009 - Livermore, California

2008/08/17

Des films catastrophiques en avion

Une jeune beauté s'éloigne du yacht en canot à moteur, pour une sortie loin de son riche père au cheveux blancs. Elle s'ennuie un peu sur ce riche yacht, ancré sur une mer du sud aux lumières bleues irréelles, et un petit tour à terre lui fera du bien. Elle pianote un SMS pendant que le pilote tient fermement la barre, quand soudain son bob aux teint hawaïens est emporté par le vent. Cris. Panique.

Heureusement, notre jeune héros n'est pas loin, canotant sur son modeste Zodiac de chasseur de trésor, et il prend en chasse le couvre-chef. Ses longs cheveux blonds filent dans le vent, les magnifiques abdominaux de son torse bronzé tendus dans l'effort, le regard tourné vers le chapeau volant quatre mètres au dessus de l'eau. Mâchoires serrées. Comment faire, il vole si haut ? Qu'à cela ne tienne, il profite d'une vague, fait décoller l'embarcation sur ce tremplin aquatique, et saisit d'un bon le bob. Tous les spectateurs alentour applaudissent.

C'est ainsi que notre jeune héros désargenté parvient à se faire accepter par l'équipage du riche yacht. Il pourra ainsi bénéficier du financement nécessaire pour poursuivre ses recherches archéologiques sous-marines, accompagnées par son ancienne petite amie. Car, surprise, cette dernière se trouve aussi sur le bateau, sous la couverture d'un emploi de serveuse...

Voici le genre de films qu'un voyage transatlantique en avion vous permet de découvrir. Je dis bien film, et non téléfilm, ce film est sorti sur grand écran. Il s'appelle Fool's Gold, il sorti en février 2008, et a connu un certain succès : n°1 au box office pour ses premières semaines, il a rapporté 70 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis, et 40 millions dans le reste du monde. Il s'est également classé dans le top 20 des locations DVD pendant 8 semaines, et pourtant, je n'avais aucune envie d'aller voir ce produit cinématographique basique. Trop basique, trop cliché, et le visionage dans l'avion durant mon voyage vers le Canada est venu confirmé ces a priori.

Mais, l'un dans l'autre, les mauvais films d'avions donnent une occasion au cinéphile d'examiner ces séries B à grand budget. Et permettent de prendre conscience de l'écart entre un bon et un mauvais, de retrouver toutes les voies qui conduisent au ratage certain. De tels assemblages instables peuvent en devenir fascinant par leur maladresse assumée, et j'adore ensuite raconter les scènes les plus invraisemblables. C'est certainement l'un de mes plaisirs cinéphiles les plus profonds, le récit pittoresque et profondément subjectif.

Mais comment rester de marbre face au dénouement abracadabrantesque du thriller Vantage Point ? 40 millions de dollar de budget et 160 millions de dollars de recettes mondiales, et pourtant j'ai souvent cru assister à une parodie de scénario imbriquée, une avalanche de fausses bonnes idées et de raccourcis d'écriture, avec un climax particulièrement joussif.

Dans cette dernière scène du film, les terroristes sont en fuite dans une ambulance, transportant le président des Etats-Unis salement blessé. Ils ont profité du discours donné à Salamanque par le président, une réunion mondiale avec quelques pays arabes : ils ont assassiné le président devant les caméra mondiale, ou plutôt sa doublure publique, puis ont déclenché deux bombes dans la foule. Ils ont récupéré le vrai président à son hôtel, et tentent d'échapper au dernier garde du corps américain.

Ce dernier est un dur, il y a quelques mois, il a fait obstacle de son corps lors d'une fusillade pour sauver le président, et il ne va pas lâcher ainsi l'ambulance terroriste qui zigzague dans le trafique. Face à une telle détermination, l'Opel Astra qu'il a réquisitionnée est d'ailleurs devenue indestructible, puisque qu'elle déjà survécu à une demi douzaine d'accident, deux têtes à queue et une roue presque arrachée par un plot sur le trottoir. Mais notre agent ne lâchera pas ainsi, et la voiture file toujours égale, sans pouvoir vraiment rattraper son ennemi.

Or, la route elle-même ne fait pas de cadeau aux terroristes : qui traverse à ce moment la route ? La petite Anna, 8 ans, qui a perdu sa maman lors de l'explosion de la Plaza Major, et la cherche, déboussolée, au milieu des voies rapides de la ville. Elle est profondément terrorisée, et voici qu'une ambulance folle fonce droit sur elle, ce qui achève de la glacer d'effroi.

Horreur ! Verra-t-on un accident infantile, comble de l'atrocité après une bombe terroriste ayant achevé plusieurs centaines de personnes ?

Heureusement, les scénaristes nous épargnent une telle monstruosité, grâce à deux solutions pour le prix d'une. Tout d'abord, Forest Whitaker paisible touriste américain armé d'un caméscope, reconnaît Anna. Sur la Plaza Major, elle lui avait accidentellement planté la glace dans les fesses, et ils avaient discuté quelques instants. Forest met de nouveau en branle son quintal bien sonné, parfaitement échauffé par des longues poursuites dans la ville avec les bandits, et le voici bondissant sur l'autoroute pour sauver la fillette. Un héros débonnaire mais diablement efficace.

Quoique son intervention semble après coup superflue, dans la mesure où l'accident n'aurait peut-être pas eu lieu. Voyant une fillette au milieu de la route, le chauffeur terroriste de l'ambulance a en effet été pris de panique. On peut exterminer des civils à la bombe pour faire diversion, mais faucher une fillette, c'est trop, cela briserait la crédibilité de leur mouvement revendicatif, et le voici braquant tel un dément à pleine vitesse. L'ambulance se couche et percute le pilier d'un pont, tuant le conducteur au volant, mais épargnant le président des Etats-Unis, pourtant bien peu attaché à l'arrière du véhicule.

Vive la liberté, et vive le cinéma.

2008/08/13

Beaver tails in Quebec

Beaver tail - Killaloe Sunrise
Cannelle - Jus de Citron - Sucre brun
A noter: Killaloe est la ville où a été créée la beaver tail...

Beaver Tail
Chocolat - noix

Beaver Tail
Pommes chaude

09/08/2008 - Quebec City

2008/06/16

Viande exquise sur une aire d'autoroute polonaise

- Mais attention, je dois te préciser, le cadre n'est pas vraiment luxueux. On peut même dire que c'est assez pauvre. Mais la viande est vraiment délicieuse.

Nous sommes entrés en Pologne il y a une trentaine de minutes. Il est 15h environ, nous sommes partis de Potsdam vers midi et n'avons pas déjeuné. Mon camarade a donc proposé de s'arrêter sur une aire d'autoroute de sa connaissance, non loin de la frontière, une sorte de grill proposant une viande exquise. La voiture saute en tout sens sur l'asphalte déplorable, deux fois deux voies en ruban de nids de poule depuis des dizaines de kilomètres, et nous guettons impatients l'établissement miracle.

Soudain, nous plongeons dans une station service posée sur une aire pavée. La concentration précédente n'a pas été superflue, car aucune voie de décélération ne mène à cette station, et il a fallu une belle réactivité pour plongé sur la droite.

Derrière les quelques pompes nous attendent un bar toilettes au fond, et trois caravanes avec auvents. La première est la bonne.

Un barbecue grille intensément des steaks, des saucisses et des brochettes, déposées dans un bain mi-jus de viande mi-huile. Nous désignons les steaks, et deux généreux morceaux sont déplacés sur la balance à la peinture jaune écaillée et rouillée, donnant envie de relire rapidement les Raisins de la Colère, ou de découvrir le film, même en noir et blanc. L'aiguille tourne mollement et la mère note deux chiffres au crayon bille sur un morceau de nappe en papier déchiré. Pendant ce temps, la grand-mère installe notre table, juste derrière, déposé deux paires de couverts en plastique sur la toile cirée beige.

Nous nous sommes faufilés derrière le comptoir, tenant les barquettes en carton alourdies par les prometteuses pièces de viande. Installés et joyeux sur le banc de bois, nos regards interceptes un énorme camion rouge, le défilé bruyant des voitures sur la route déplorable, et le va-et-vient affamé des amateurs de viande de qualité.

- La dernière fois que je suis passé, un type dégustait sa viande tranquillement assis dans sa grosse Mercedès décapotable.

Réglant d'une main son autoradio, le couteau en plastique découpait sans effort l'épaisse viande à la tendresse magnifique, ou, plus sûrement, trop troublé pour introduire une musique dans cette expérience sensorielle, la main gauche se perdait près de la cuisse sur le cuir luxueux, simplement songeur, beefeater perplexe et un peu honteux, mais revenant toujours, jamais lassé, empruntant mécaniquement le chemin vers ces trois caravanes et leurs tenancières magiciennes en pantalon de velours.

02.05.2008 - Pologne

2008/06/05

Licht in Dresden

04.05.2008 - Dresden

2008/05/23

Lumière sur Bled, le plus beau site touristique de Slovénie

Bled, c'est l'un des endroits les plus touristiques de Slovénie, un superbe site naturel. Un long lac particulièrement calme, puisque aucun bateau à moteur n'y est autorisé, et seul le bruit des pelles d'aviron vient perturber les poissons. Au centre du lac, une délicieuse île, et tout autour, des collines, dont une accueille un mignon château.

L'heure de route depuis Ljubljana vaut largement le détour.

Et j'ai eu la chance d'y passer un jour sec, un jour de promenade en T-shirt en souriant sous le soleil. La glace était particulièrement mauvaise et décevante, mais j'ai pu réaliser quelques photos sympathiques en jouant avec la lumière...

24.04.2008 - Bled

2008/04/28

Burek, le fast food slovène très salé et rempli de sagesse

A Ljubljana, aucune difficulté pour se nourrir des fast-foods habituels, peuplant le village global : pizza, hamburger, döner, pas d'inquiétude. Mais il est possible de goûter à la spécialité régionale, le burek. Une sorte de long pâté, servi dans un papier plié, et généralement fourré à la viande ou au fromage.

Le résultat ressemble à un long pain salé, particulièrement dans la version au fromage, et il est assez étrange de déguster ce sandwich sans généreuse garniture. Dans l'ivresse d'une soirée entre étudiants, nous avons dîné de bureks à l'issue du match de Ligue des Champions, profitant du seul établissement ouvert après 23h dans le centre de Ljubljana. Notre surprise face à ce long pain salé bourratif a débridé notre imagination, notre sens de la formule, donnant naissance à une abondante série de "burek's facts" remplis de poésie :

"Au Moyen-Age, le château de Ljubljana a été assiégé, et les assaillants ont tenté de gagner la ville par la faim. Les vingt mille habitants du chateau ont survécu plus de 200 ans à l'aide de deux bureks, et il en restait encore la moitié à l'issue du siège".

"Le burek permet de changer le climat : il est tellement salé que, si on le jette en l'air, il absorbe l'humidité, et permet d'arrêter la pluie".

Dans les prochains jours, je ne manquerai pas de vous faire partager quelques morceaux de cette sagesse du burek...

22.04.2008 - Ljubljana

2008/02/18

Bon Appétit und Roi de Trêfle in Aldi !

Ring-Salami und Käse
Mit dem original franzosisch savoir-faire...
02.2008 - Aldi - Duisburg

2008/02/16

L'espagnol et le football (et les filles), langues universelles des sorties entre potes

- Je ne suis pas un énorme passionné de foot. Pas un dingue prêt à suivre tous les matchs. Mais bon, quand j'étais au Chili, je regardais en gros un match par semaine. Championnat chilien, c'est toujours sympa de suivre son équipe. Même si le championnat chilien n'est pas très disputé, il n'y a que deux ou trois grosses équipes, et le championnat se joue toujours entre elles.

La salade de mon nouvel ami chilien disparaît plus lentement que la mienne, son espérance de vie allongée par toutes ces considérations footballistiques. Je me force donc à savourer plus doucement mon ensalata "El Caballero", agréable assemblage de poulet, champignons et salade, relevée par une sauce Chili légèrement caramélisée. Ce restaurant espagnol de Düsseldorf est idéal pour lancer un joyeux vendredi soir, et le cadre enrobe idéalement le mélange des trois langues qui flottent au-dessus de la table, l'anglais utilitaire, les jaillissements d'espagnol, et le foot, en jolie quantité.

Le foot, un parfait sujet pour lancer des discussions simples en toute langue, une culture parfaitement répandue, qui ne nécessite pas de grand passé commun pour créer une complicité. Près des bancs moteurs de l'université de Duisburg, l'anglais léger du technicien ne l'empêche pas d'évoquer la Bundesliga avec moi, sujet évident au vu des nombreuses photos de Schalke 04 affichées dans son bureau. Et, de même, j'apprends peu à peu certaines caractéristiques du football bosniaque grâce à mon collègue de bureau. Un championnat bosniaque dont l'issue se joue là aussi entre les deux ou trois équipes à gros budgets, anciennement présentes dans le championnat de Yougoslavie. Tiens, j'aurais pu en parler à mon camarade chilien.

Mais la discussion a glissé vers la Ligue des Champions, forcément, les 1/8èmes de finale commencent la semaine prochaine. Nous sommes maintenant dans un bar cubain, et entre deux gorgées de rhum brun, il m'a récité l'intégralité du tableau, à peine dérangé par le volume impressionnant auquel sont diffusées les chansons de regueton.

- Je pense que c'est l'année d'Arsenal, je pense qu'ils battront le Milan. Ils sont sur une pente descendante, Milan, si tu additionnes l'age de leurs défenseurs, tu dois atteindre au moins 120 ans. Comment pourront-ils tenir face à l'énergie des jeunes d'Arsenal ? Ils jouent vraiment fantastiquement, avec un dynamisme impressionnant. Leur entraîneur fait un superbe boulot ? Pourquoi n'a-t-il pas été choisi comme sélectionneur de l'Equipe de France ?

Ah, l'équipe de France. Un aspect moins franco-français qu'on ne pourrait le penser, grâce aux bons résultats de l'équipe, et surtout, grâce à l'impact de la finale de la Coupe du Monde 2006. Il y a toujours une étanger fierté à attendre les louanges internationales, le fait que la France a superbement joué en deuxième mi-temps. Et, bien entendu, arrive aussitôt la question du coup de tête, sujet inévitable de toute discussion foot de la fin des années 2000, et les passions et les questions d'honneur s'invitent à la fête. Bien entendu, il n'aurait pas dû, mais voilà, d'un autre côté, il est impardonnables d'associer des injures avec certaines choses (Certaines Choses, Capital Cs), en particulier la famille. C'est impardonnable, des mots sur sa soeur.

La France n'est donc pas le seul pays à s'enflammer pour son équipe nationale, pas plus qu'elle n'est le seul pays à posséder autant de sélectionneurs que d'habitants. Durant la récente Coupe d'Afrique des Nations, l'élimination du Maroc a vite libéré les commentaires amers d'un collègue de l'université... Nous saurons bien vite s'il en va de même en Amérique du Sud, au fur et à mesure du parcours du Chili dans les éliminatoirs de la Coupe du Monde 2010. Mais y a-t-il beaucoup de suspens autour de cette question ?

Le football coule donc partout, et les particularismes régionaux ne sont finalement pas très prononcés. Exemple d'une culture parfaitement globalisée, et le football jaillit parfois de manière suprenante. La soirée a avancé, nous dansons maintenant au Papagayo sur de la house de 5 ou 6 ans d'age. A partir d'un certain moment, il faut savoir mettre de côté les discussions pointues, danser réchauffés par une tequila, et juste échanger de temps à autres quelques mots, soufflés par le contexte. Ces allemandes de 20 ans à la danse souple et peu expansive, ces allemandes profondément féministes, magnifiques, mais bien plus friandes d'organisation que les fantasques sudaméricianes, les emplois du temps et les rendez-vous minutés contre les élans explosifs et intuitifs. Ces allemandes épanouies, mais d'une certaine manière, toutes timides. Une culture de la timidité en allemagne, la pudeur et la retenue, aussi bien pour les filles que pour les garçons, d'ailleurs.

A ce moment, un allemand s'approche, et se fait prendre en photo avec moi, ravi. Son oeil a été attiré par l'écharpe que j'ai gardée autour du cou, dans l'élan de l'ivresse tequilesque. De quel club, cette écharpe ? Lens ? Oh oui, je vois très bien, pas de problème.

2008/02/10

Un samedi polyglotte sur Duisburg (donde se habla español tambien)

- Hablais Español ?
Mon camarade colombien se penche dans l'embrasure de la porte. La réponse est positive, il me fait signe de le suivre rejoindre ce groupe hispanohablante. Dernière étape d'un samedi particulièrement international et polyglotte, enchaînant les surprises.

Pourtant, le matin, mon samedi s'annonçait uniquement sous le signe de l'anglais et du français. Anglais, ma langue de survie, afin d'évoluer en Allemagne avec derrière soi moins d'une demi douzaine de cours dans la langue de Goeth. Si, au fur et à mesure, les petites expressions utiles s'ajoutent les unes aux autres, il me faut souvent bifurquer vers l'anglais à ma deuxième ou troisième phrase dans un café. Mes commandes bancales en allemand donnent confiance aux serveurs, et il me faut alors battre en retraite après leurs réponses trop rapides et trop germanophones. Rien de très grave, il faut faire profil bas !

Toutefois, je comptais ajouter à cet anglais utilitaire une petite conversation avec une française. Elle avait été élève très temporaire de mon cours d'allemand, avant de partir pour Bonn après une seule leçon, mais devait passer le week-end sur Duisburg. Une bonne occasion de boire un café entre français, autour de ce seul prétexte, discuter en français une heure ou deux, au coeur d'un long séjour à bredouiller en anglais et ne pas comprendre l'allemand. Peut-être n'aurait-on rien à se dire, qu'importe, le contenu ne comptait pas vraiment. Au pire, on aurait parlé de Sarkozy. Rendez-vous avait été pris par téléphone en deux phrases francophones, mais l'échange bleu-blanc-rouge devra finalement attendre un week-end prochain, puisqu'elle s'est décommandée au dernier moment, vraiment débordée. L'un dans l'autre, contrat presque rempli, une douce expérience de la France : verra-t-on jamais un de ces si gentils Allemands annuler un rendez-vous au dernier moment ?

De toute façon, ce léger contretemps ne me condamnait pas à une fin de journée solitaire. J'avais déjà prévu de me rendre à la célébration du Nouvel An chinois, organisée par des étudiants de l'université au Centre International. 18h, les gobelets en plastique s'étalent près de la cafétéria, faisant face à une table couverte de prospectus Best Western, sponsor apparent de l'événement. Une jeune fille m'épingle une fleur en papier rouge, porteur de bonne chance pour la bonne année, et me voici assis à une petite table, sans avoir osé lire le prénom de cette fille sur son badge illisible : lettres imprimées à l'ordinateur, c'est pro, mais peut-on décemment déchiffrer un badge fixé au sommet d'une poitrine féminine ? Pourtant, malgré le retard de mon camarade colombien, pas le temps de m'ennuyer. Je partage un gobelet de mousseux et des nougats chinois avec un sympathique étudiant chinois qui m'a pris en amitié, a noté mon adresse électronique, ravi que je lui pose des questions sur la langue chinoise. Gambei, nous trinquons, et ça y est, j'ai presque autant parlé chinois que français aujourd'hui...

Quelques instants plus tard,un nouveau continent vient à ma rencontre quand arrive ce camarade colombien, qui me trouve fasciné par le karaoké chinois. Mon nouvel ami chinois est parti servir du mousseux, portant un plateau peu horizontal, après avoir proclamé plusieurs fois son ivresse, plutôt évidente, et je me suis faufilé dans la plus grande salle de la fête. Une quinzaine de tables sont entourées d'étudiants chinois, groupe fourni mais qui représente finalement une faible portion des 500 élèves venus de Chine pour étudier à Duisburg. Ils n'ont aucun problème pour suivre les paroles de pop chinoise qui défilent à l'écran, et je suis triste de ne pouvoir participer plus activement à la fête. N'y a-t-il pas des karaokés chinois écrits en phonétiques ?

Mon ami sud-américain efface aussitôt cette déception : à l'entrée du Centre International, une feuille manuscrite évoque un groupe "Latina America & Bresil", apparemment en réunion au deuxième étage. Nous montons, mon ami entrouvre la porte, pour voir, et aussitôt, nous voici plongeant définitivement dans ce troisième continent. Pendant que l'Asie célèbre le début d'année à grand renfort de chansons romantiques, l'Amérique du Sud tient sa réunion hebdomadaire au deuxième étage. Dernière étape surprise du jour !

Dans la salle, là-même où ont lieu nos cours d'allemand, cinq femmes aux longs cheveux très bruns grignotent des biscuits apéritifs en discutant. Un homme chauve à la barbe blanche complète le tableau, avec une fillette qui dessine aux feutres ou joue à la bataille avec sa maman. Voici le groupe des ressortissants sud-américains de Duisburg, je tente de retrouver mes souvenirs d'espagnol datant de plus de trois ans, et je m'assois auprès de l'homme. Il est allemand, mais a vécu 15 ans en Espagne, 3 ans au Vénézuela et 2 ans en Colombie, par l'intermédiaire de sa formation de chimiste, et son espagnol s'écoule d'une fluidité parfaite. La conversation passe parfois de l'espagnol au portugais, une des femmes est Brésilienne, et mon ami est ravi. Il parle beaucoup, et je m'enivre de cette nouvelle langue de Duisburg, l'espagnol, surpris de la comprendre sans trop de problème. Quant à parler, cela reviendra avec le temps : nous inscrivons nos noms sur une liste, et hop, nous serons tous deux de la partie pour les journées de présentation du Brésil et de la Colombie !

La bobine de l'immersion internationale commence à peine à se dérouler...

2008/01/08

2007/12/23

Weihnachtsmarkt in Essen

15.12.2007 - Essen