2011/08/09
2009/06/05
Un déjeuner de tapas dans le centre de Paris
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
01:56
0
commentaires
Libellés : .ce que je mange, Paris, party
2009/05/23
Un vrai restaurant chinois dans Paris
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
02:55
0
commentaires
Libellés : .ce que je mange, Paris
2009/03/23
Soirée DVD et repas dans des assiettes en plastique
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
22:11
0
commentaires
Libellés : .ce que je mange, never ending student, Paris, party
2008/10/04
Veste et bronzage dans un RER A nocturne
Nuit du 3 au 4 octobre - 00h45
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
19:01
0
commentaires
Libellés : .description, Paris
2008/09/23
Pomme d'amour et beignet à la confiture près de l'accordéon
La scène avec des danseurs amateurs et de l'accordéon, dans une rue, des tentes associatives. Et dans l'autre rue, le vendeur de crêpes et confiseries. Allez, une crêpe, joli goûter pour ce samedi ensoleillé.
Et pourquoi pas un beignet ?
Le vendeur coupe en deux le beignets, glisse quelques cuillères de confiture de fraise, le met à chauffer quelques minutes sur la plaque de cuisson. J'ai déjà sorti mes trois pièces de monnaie.
Il me donne le beignet, et aussitôt, me tend une pomme d'amour en bonus.
Trente secondes auparavant, il en avait déjà tendu à deux femmes longeant les stands, faisant apparemment partie de l'organisation.
Mon dieu, le patron est devenu fou ! Tout doit disparaître !
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
19:21
0
commentaires
Libellés : .ce que je mange, Paris
2008/09/21
Accordéon et pomme d'amour là où y'a des frites
Samedi 20 septembre 2008 - 18h
- Là où la, où la, où la où Là où y a des fri i teu
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
18:33
0
commentaires
Libellés : .description, .video, Paris
2008/07/04
Les premiers pique-niques parisiens près de la Seine
Fin mai, rapide retour sur Paris, pour à peine plus d'un week-end, et voici la bonne surprise d'un temps magnifique. Alors je retrouve les rues de Paris à pieds, un rendez-vous place St Michel pour lequel je suis heureusement en avance : arrêt à Châtelet, plongée sur le Pont des Arts, découverte des premiers pique-niques de la saison. Certains ont même dressé une table pour un anniversaire, et finalement, n'aurait-il pas été amusant de piocher quelques canapés en passant ? Qu'y avait-il à risquer, a-t-on jamais vu un pique-nique parisien avec moins de cinquante pour cent de restes ?
Le Louvres auparavant, droit devant, je vais plonger dans les rues de St Germain des Prés et toutes les galeries d'art, je souris au cliché touristique, ravi de m'amuser de ces bavardages, ces sourires, ces bouteilles sous la lumière près de la Seine.
Ce rendez-vous, j'en ai finalement brisé tout le formalisme, tuteur et élève à discuter sur les quais en contrebas de Notre Dame, tout en douceur et décontraction. Et quand nous nous sommes relevé, les arbres de l'île étaient rouge de soleil.
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
21:38
0
commentaires
2008/06/04
Goûtons au menu de groupe de la Charrette Créole
La Charrette Créole propose une formule de groupe généreuse :
- Un apéritif, de préférence un punch
- Une assiette d'entrée, avec samosa et poisson frit
- Trois plats répartis sur l'ensemble de la table, accompagnés de riz et de haricots rouges
- Une demi bouteille de vin par personne
- Une assiette de desserts
- Un café
- Du rhum arrangé en grande quantité, grâce à la générosité nocturne des serveurs
Sans parler du zouk accompagnant en permanence la soirée.
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
18:22
0
commentaires
Libellés : .ce que je mange, Paris
2008/02/03
Une Opérette à aimer en gros et en détails
Tu ne cuiras point le veau dans le lait de sa mère
Ni ne feras tourner l'oeuf mayo dans la cuillère
Debout sur des cantines métalliques, les comédiens tapent des pieds pour soutenir le rythme de cette folle chanson alimentaire, accompagnés des cinq musiciens présents sur scène, et voici une nouvelle scène fascinante et énergique de cette Opérette Imaginaire. Mon voisin ne retient plus ses larmes de rire.Cette Opérette, c'est un acte seulement de l'Opérette Imaginaire, la pièce écrite par Valère Novarina, mais un acte dont la richesse des propositions réjouira le spectateur imaginatif, celui acceptant la perte de repère proposée. Huit comédiens aux noms abstraits, prononçant des paroles entre philosophie et absurde, une sorte de non-sens dans son entendement le plus brut : un texte où aucun sens ne se révèle de manière immédiate, où le sens se construit dans l'imaginaire du spectateur. Les comédiens prennent le public par la main grâce à leur énergie, le plaisir magnifique qu'ils dégagent et les multiples inventions qu'ils proposent euphoriques. Mais le spectacle se construit dans l'engagement du spectateur, l'histoire qu'il assemble lui-même en posant côte à côte les émotions qui jaillisent.
Marie Ballet et Jean Bellorini, les metteurs en scène, disent ainsi dans le programme : "Cette profération court-circuite toute approche intellectuelle pour ne laisser place qu'à l'ivresse du jeu. C'est l'imaginaire qui ici est mis à nu"Cette Opérette donc donc être abordée avec la prudence euphorique d'une première prise de LSD. Se laisser surprendre positivement par l'absence brutale de compréhension qui surgit des première minutes, ces personnages improbables proposant un texte sans queue ni tête, énumérant des lieux imaginaires tout en pompant un accordéon silencieux. Surprise, prudence, qu'il faut savoir accepter sans se crisper : à trop se focaliser sur l'interprétation, on perd de vue le rythme et la vie de l'ensemble, et l'angoisse bloque toute enthousiasme immédiat. Laissons venir les couleurs et les sensations, laissons surgir les visions fugaces, et le voyage devient doux, plaisant, insoupçonné. Et les premiers vers de Tomorrow Never Knows disent-ils autre chose ? "Turn off your mind, relax and flow downstream. This is not dying".
Une fois réglé sur cet entendement pointillé, la succession de visions peut effectivement conduire à une profonde ivresse théâtrale. Les chants de groupe succèdent aux duos surprenants, qui s'encadrent d'annonces de chansons improbables, de suicides collectifs à l'énergie de cour de récréation, et ici, les balerines peuvent très bien se passer de danser pour simplement réciter les pas de leur partition. On ne comprend pas grand chose précisément mais l'on se régale, si l'on ose, de ce groupe magnifique, ces comédiens qui se transmettent tour à tour l'avant-scène et la folie du texte.
Chaque scène construit rapidement ses situations et ses images magnifiques, et quand, quelques jours plus tard, on tente de partager son enthousiasme, son émerveillement, son dépaysement ou même sa perpléxité, il est presque impossible de transmettre la tonalité générale du spectacle à son interlocuteur : bon sang, comment évoquer avec justesse la cohérence qui se dégage de l'ensemble, quand un romancier infini nous lit son roman pendant 16 minutes, et que juste avant, la neige tombait sur scène au son étrange d'une scie ? A première vue, on aime l'Opérette pour ses éléments séparés, même les spectateurs les plus réfracteurs trouveront bien une scène à leur goût, je pense. Mais on se rend compte que le flot d'ensemble à son importance, comme pour un album rock cohérent, où les chansons tirent un poids supplémentaire de leur enchaînement.
L'Opérette doit donc s'aimer en gros et en détails, dans sa fantaisie la plus débridée comme dans ses instants les plus simples, et en restant à l'écoute de ses propres associations d'idées. Ainsi, à côté des monologues déments et des chansons de groupe débordantes d'énergie, mon passage préféré est certainement ce duo intimiste entre le Valet de Carreau et sa future épouse. Ils doivent attendre un an pour se marier, et pour supporter l'attente, se prêtent des parties du corps. A mes yeux, il se dégage une profonde tendresse de ces amants évoquant un pancréas, par la beauté de la mise en scène, mais aussi, certainement, pour l'écho avec une scène de l'Ecume des Jours :
- Je t'ai déjà dit que je t'aime en gros et en détails.
- Alors, énumère.
L'Opérette - Un acte de l'Opérette Imaginaire, de Valère Novarina
Compagnie Air de Lune, mise en scène par Marie Ballet et Jean Bellorini
Théâtre de la Cité Internationale (75014) du 14 janvier au 12 février 2008
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
11:08
0
commentaires
2007/12/31
Le sapin de Notre Dame
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
16:12
0
commentaires
Libellés : .portfolio, 2007.12 Noël, Noël, Paris
2007/12/24
Marcher dans Paris le dimanche avant Noël
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
11:44
0
commentaires
Libellés : .portfolio, 2007.12 Noël, Noël, Paris
2007/11/23
Un auteur américain en visite à Rueil
- Vous connaissez tous ça, ce n'est pas propre au monde de l'édition, la vie tient beaucoup à des choses presque imprévisibles. Pas le hasard, parce qu'il n'y a pas de hasard. Vous savez comme les choses dépendent souvent de relations. Il se trouve que j'ai été mis en relation avec Dinaw par son agent. Les écrivains aux Etats-Unis sont rattachés à des agents, pas uniquement pour des raisons de promotions, mais pour tout un suivi au cours de la phase de rédaction. Comme peut le faire un éditeur en France.
Cette douce excitation d'un rejoindre pour la première fois un petit monde culturel, une figure imposée agréablement élitiste, une séance de dédicace. Ce vendredi, l'auteur américain Dinaw Mengestu s'est déplacé à la librairie Dédicaces de Rueil, pour présenter son premier livre, Les belles choses que portent le ciel. Accompagné de son éditeur, introduisant l'auteur en début de présentation.
- J'étais donc en relation avec cet agent littéraire newyorkais, P.J. Clark, avec qui j'avais conclu un contrat pour un jeune auteur américain d'origine japonaise. La traduction est en cours, le livre doit paraître à l'automne prochain. Et donc P.J. Clark me parle de ce jeune auteur d'origine éthiopienne, dont il veut me présenter le premier manuscrit en cours de finalisation. Je me suis plongé dans la lecture, et j'ai trouvé le manuscrit très fort, d'une étonnante maturité pour un auteur aussi jeune. En fait, son agent m'a ensuite fait parvenir une deuxième version, que j'ai lue durant mes vacances. Je m'en souviens car j'étais en vacances dans le Massif Centrale, dans ces zones où les portables ne captent pas. J'ai lu cette deuxième version du manuscrit, et j'ai été bluffé par le travail, par l'évolution, la structure très complexe qu'avait prise l'histoire. Je me revois appelant New York depuis une cabine téléphonique, pour obtenir les droits français. C'était à l'été 2006. Et ensuite, à la Foire de Francfort, à l'automne, le livre a été un succès, traduit dans plus dix langues, il me semble.
Je pourrais retranscrire d'autres détails, la jolie carrière de ces Jolies choses que portent le ciel se prête à une beau discours introductif. La sortie américaine en mars, les excellentes critiques dans les plus grands journaux US, et maintenant les différents papiers dans les références françaises, Le Monde, Les Inrocks, et même les prix, prix Fémina Etranger 2007. Marchant dans les rues rueilloises à 19h, en direction de la librairie, je me retrouve derrière l'auteur et son éditeur, téléphone à l'oreille : "Oh, et sur le trajet, on vient de recevoir une excellente nouvelle, le livre fait partie de la liste des 20 meilleurs livres de l'année, liste du magazine Lire". C'est même un jury Lire - L'Express - RTL, avec remise du prix mercredi prochain.
Amusantes, ces caractéristiques de l'édition française. Mais très amusant aussi, le cadre de la librairie qui accueille cette petite réunion littéraire à l'échelle rueilloise. En pénétrant dans les lieux à 19h, on découvre trois rangées de chaises pliantes en deux colonnes, chaises plastifiées aux couleurs beige et bleu claire, disposées à la place des présentoirs habituels. Ceux-ci sont regroupés au fond, collés les uns aux autres dans la moitié 115 m2 d'espace, et ils ne comprennent qu'une toute petite réserve. De grosses lampes rondes et blanches pendent du plafond, basses, éclairant habituellement les ouvrages au plus près, et caressant ici de les quelques chevelures présentes à 19h. Les quatre libraires, l'auteur, l'éditeur, trois ou quatre spectateurs pour l'instant.
Les quatre figures de la librairie me sont familières maintenant après six mois d'abonnement. Le libraire souriant, cheveux poivres et sel sur chemise à carreaux marron, suçotant parfois la branche de ses lunettes en écoutant les autres orateurs. La libraire expérimentée, quarante ans peut-être, à l'embonpoint léger de ceux qui ont passé beaucoup de temps à lire ces dernières années. Le jeune libraire, encore étudiant récemment, montures épaisses et noires des lunettes carrées, généreuse chevelure châtain sur bouc, chemise élégante gros foncé. Et l'apprentie, Emilie, éternel jean bleu, joues rondes et rosées, frange minimale, coupe de cheveux maladroite au point d'avoir l'air faite exprès, et sa voix toute murmurante. Ils reçoivent dans leur domaine, ils sont contents, ils accueillent sourire aux lèvres.
- Alors, vous l'avez lu ?
- Hélas, non. En fait, je voudrais le lire en anglais, et comme je ne pensais pas pouvoir être présent ce soir, je ne me sentais pas pressé, je ne l'avais pas encore acheté. Et puis mon départ en Allemagne a été retardé, je me suis décidé à venir écouter Dinaw Mengestu il y a juste une semaine. Je l'ai cherché sans succès à Gibert samedi dernier...
Le libraire consulte sa base internationale. Il peut le commander pour dans deux semaines, mais c'est trop court, je serai duisburger. Je le chercherai à Paris, il sera bien chez WHSmith.
Quelques personnes arrivent peu à peu, achètent le livre à l'étrange couverture orange et aux tâches bizarres d'Albin Michel. Allez, allons-y, et les gens prendront la présentation en cours.
L'éditeur a raconté sa découverte, évoqué son goût pour ce livre, pour sa justesse, décrit certains aspects de l'histoire, quelques axes narratifs. Et il a laissé parler l'auteur, en anglais, traduisant ensuite ses longues tirades pour l'auditoire. Ils ont beaucoup parlé du livre, oui, même lu quatre longs passages, comprenant d'ailleurs la dernière page. Mais l'auteur a surtout raconté son parcours, l'histoire du livre, et ce cheminement joue beaucoup pour la force de séduction du livre, générant une confiance quant à sa justesse.
Dinaw Mengestu est né en Ethiopie en 1978, à Addis-Abeba, soit quatre ans après la révolution qui a renversé l'empereur Hailé Sélassié. Son père a fui peu avant sa naissance, atteignant l'Italie, puis les Etats-Unis. Dinaw et le reste de sa famille l'ont rejoint en 1982, s'installant dans une petite ville du Midwest, qui n'avait certainement jamais vu d'éthiopiens auparavant. Dinaw a plus tard gagné Chicago, puis Washington DC pour étudier à l'université de Georgetown.
DC, accueillant une large communauté éthiopienne, ce qui confronte Dinaw avec le quotidien de ses compatriotes exilés éthiopiens. Cela le pousse à s'interroger sur la vie de cette communauté, sur ses sentiments face à l'exil, et il questionne ainsi peu à peu ses proches sur leur histoire, sur la réalité de la situation en éthiopie à la fin des années 70. Dinaw Mengestu compte alors en tirer un livre de récit réel, une non-fiction, et il s'attelle à la tâche pendant environ deux ans. Sans savoir trop comment rassembler toutes les pistes narratives en une unique histoire cohérente. Il déménage alors à New York, continuant à songer à son projet, puis revient à Washington après quelques années. Un jour, marchant dans DC, il aperçoit un petit épicier éthiopien devant sa boutique, s'interroge intérieurement sur son parcours, et le destin possible de cet épicier se met peu à peu à cristalliser tous les témoignages accumulés depuis des années. C'est la solution à ses recherches littéraires, créer une fiction habile permettant d'intégrer les réalités collectées, et c'est ce qui deviendra Les belles choses que portent le ciel.
Je ne vais pas évoquer trop en détails les aspects du livres évoquées par les différents orateurs. Le livre semble habilement construit, mettant en présence des figures fortes, trois amis émigrés dans différentes situations, leur impossibilité de recréer totalement un foyer en exil, les fêlures invisibles, quel que soit le niveau de réussite matérielle, leur confrontation avec l'Amérique blanche quand celle-ci investit des quartiers modestes en phase de gentrification. La description de ces figures semble subtile et juste, les tons et voix des personnages apparemment parfaitement ciselés. Des qualités qui m'ont fait songé à L'histoire de l'amour, de Nicole Krauss, autre jolie histoire de déracinés aux Etats-Unis, juifs polonais cette fois. J'espère être autant enthousiaste dans ma prochaine lecture des Belles choses pour l'Histoire de l'amour.
Mais mon enthousiasme pour cette soirée à la librairie Dédicaces ne provient pas uniquement de la découverte littéraire, satisfaction de trouver un livre prometteur. Pas uniquement. La mise en scène de cette présentation m'a semblé superbe, magnifique collection de petits détails adorables et pittoresques, ces pépites discrètes qui rendent si séduisants les salons et manifestations littéraires. Les chaises pliantes bien sûr, passées au retardataires pendant que l'auteur évoque la révolution éthiopienne, ou la différence entre african american et african in America. Les murs couverts de livres tout autour de la pièce, juste derrière les orateurs, aussi, bien sûr, et le regard s'arrête soudain sur des couvertures à la droite de l'éditeur expérimenté, gros titre jaune d'un livre sur Sébastien Chaballe ou ouvrage sur le tissus au XXème siècle. Cinq minutes auparavant, le pull de cet employé honorable d'Albin Michel glissait du dossier, et il le projetait sur une pile de livres sans même interrompre sa traduction. Et enfin, les gobelets en plastique du petit pot final, remplis de vin rouge à côté d'une assiette de saucisson que gardent les libraires expérimentés. Pendant ce temps, Emilie l'apprentie écoule à la pelle de larges stocks des Belles choses que portent le ciel, et Dinaw Mengestu les signes à l'autre bout de la pièce.
C'est avec impatience que j'attends donc la venue à Dédicaces de Pascal Quignard, vendredi 29 novembre, pour son livre "La nuit sexuelle". Même si le libraire à bouc m'a présenté l'ouvrage comme moins convaincant que "Le sexe et l'effroi" du même Quignard. Mais il y aura certainement une projection d'oeuvres commentées par l'auteur, et peut-être trouverai-je alors le courage d'aller discuter avec lui, même pour un sujet futile. Car souvent, les choix de livres qu'on lit tiennent à peu de chose. Ce soir, je n'ai pas osé parler à Dinaw Mengestu de mon séjour à Washington DC, et du restaurant éthiopien où nous avions dîné sans finir les plats trops épicés pour nous.
23/11/2007 19h - Librairie Dédicaces, Rueil-Malmaison
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
21:17
0
commentaires
Libellés : .description, .livres, Paris
2007/11/18
Samedi de grève à La Défense
Samedi 17/11/2007, 15h20, gare RATP de La Défense et ligne 1 du métro
Une jeune fille noire, dix-huit ans, interroge quatre hommes vêtus de combinaisons bleu marine, cheveux courts, tête nu. En grandes lettres blanches, dans leur dos, "RATP SURETE", et le groupe parle devant les portillons d'entrée, en dessous d'un panneau suspendu au plafond, "Métro 1, Château de Vincennes". Les quatre passages sont libres, les doubles portes mécaniques aux bords caoutchoutés toutes ouvertes, malgré le signal sens interdit qui brille en rouge et blanc.
- Est-ce qu'on est obligé de prendre un autre ticket ?
- Non, mademoiselle, vous voyez, tout est ouvert avec la grève. Vous pouvez passer sans problème. Rassurez-vous, on ne vous dira rien.
Les quatre hommes en bleus et la jeune fille franchissent les portillons généreux, et dès le pied posé de l'autre côté, un des hommes en bleus s'écrit.
- Bon, mademoiselle, contrôle des titres de transport. Vous vous trouvez dans l'enceinte du métro, vous devez être en possession d'un titre de transport valide, mademoiselle. Hé oui, on est comme ça nous.
La jeune fille les regarde un seconde, interdite, fronce les sourcils, et les quatre hommes éclatent de rire, poursuivant leur chemin, détendus, descendant les deux bordées de marches vers le quai et la tête du train.
- Bah, faut bien s'amuser un peu, hein.
Le quai accueille une large foule, personnes assises sur les sièges au pied du mur, hommes et femmes debout sur deux rangs, trois rangées plus loin. Deux chiffres lumineux brillent en bleu sur le panneau suspendu au-dessus du quai, perpendiculaire à la voie. Prochain train : 3. Train suivant : 6.
Les chiffres diminuent, égrainés un à un jusqu'à ce que le "prochain train" se trouve à 0, sans qu'aucun changement ne se produise sur le quai. Seul l'homme en bleu le plus bavard, marchant toujours en tête, hausse le ton, et s'approche du bord du quai, agitant ses deux bras écartés
- Messieurs, dames, écartez-vous du quai, s'il vous plaît, le train va entrer en gare. Ecartez-vous s'il vous plaît.
Les rangs reculent, libérant un espace d'un mètre environ jusqu'au bord, espace vide même un bon pas derrière la ligne jaune tracé non loin du bord. Un homme tient un VTT noire sous le panneau "Train suivant", et l'homme en uniforme bleu marine s'approche de lui.
- Monsieur, vous ne pouvez pas monter avec ce vélo dans le train, c'est interdit. Surtout avec l'affluence. Vous n'êtes autorisé que dans les RER, dans certains wagons. Bon, sur quelques stations, ça ne gênera pas trop, surtout en partant du terminus. Calez vous bien sur le bord. Mais dès qu'il y a du monde, dans une ou deux stations, vous descendez. Compris ?
La rame longe lentement le quai, et les portes s'ouvrent, les gens s'engouffrent. Il reste un peu d'espace dans les parties près des portes où les personnes restent debout, sans être entassées. Le train démarre après une ou deux minutes, sort rapidement à ciel ouvert, emprunte le pont pour traverser la Seine. Station, ouverture des portes, le wagon se remplit, debout et entassés. Le vélo est placé tout contre la banquette, le pédalier frottant sur le strapontin replié, la poignée droite tapant parfois sur le flanc du dossier, et la roue avant réduit fortement le passage entre les deux sièges pour rejoindre la sortie.
Station suivante. Une femme assise juste devant le vélo, l'homme au sac à dos lui parle doucement.
- S'il vous plaît, pouvez sortir de l'autre côté, madame ? Merci beaucoup.
La dame sort de l'autre côté, et un dame au cheveu gris prend la suite sur la place assise. Elle se tourne vers l'homme au sac à dos.
- Hé bien, comment avez-vous réussi à rentrer ? On ne voit pas souvent de vélo, dans le métro.
- Je suis monté en début de ligne, madame. Je n'ai pas le choix. Je travaille à La Défense, et j'habite en banlieue Est. Je parcours toute la ligne 1, de toute façon il n'y a pas de RER A, toute la ligne 1 jusqu'au terminus. Puis j'ai une vingtaine de minutes de vélo. Pas le choix, il n'y a pas de bus.
- Vous avez bien du courage.
- Pas le choix, mais, bon, c'est la galère.
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
16:41
0
commentaires
Libellés : .description, Paris
2007/11/11
Encore une nuit d'ivresse à La Charette Créole
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
12:50
0
commentaires
Libellés : .ce que je mange, .photos, Paris
2007/11/03
Et ils parlèrent de relativité restreintes autour d'une Bitburger
- Imagine un ballon. Tu traces une ligne au marqueur dessus, puis tu le gonfles. La ligne va s'agrandir quand la surface s'étire. Et pourtant, localement, au niveau de la matière, rien n'a changé, les grains de graphite restent liés au même point de la surface du ballon.
- C'est une question de mesure.
- Plus que de mesure. C'est lié au référentiel.
La serveuse apporte deux pizzas, qu'elle pose devant deux des verres de bière. Le dernier verre de Bit n'a droit qu'à la salière et à un pot de moutarde.
- Vous croyez qu'elle a oublié mon assiette de frite. Des frites, ça se cuit plus vite que des pizzas, non ? Elle doit m'en vouloir pour mon "Bitte ein Bit" du début. Mais revenons-en au référentiel. C'est simplement que localement, ce n'est plus le même temps, ce ne sont plus les mêmes longueurs. Ce n'est pas juste une question de mesure. Prenons deux règles étalons, de un mètre, en fait on s'en fiche, que ce soit un mètre. Elles font la même longueur, parfaitement identiques. Un type en prend une dans un train qui va très vite, à une vitesse proche de la vitesse de la lumière, et l'autre reste sur le quai. Juste au moment où le train passe, il tend la règle, et l'autre la brandit par la fenêtre du train. Celui qui est dehors verra celle du train plus grande. Et celui qui est dedans...
- C'est la matière qui a changé. Mais je ne comprends toujours pas quand tu utilises deux horloges dans un avion.
- Et celui qui est dedans voit la règle du dehors...
- Pour des horloges, ce n'est pas possible. Elles sont fabriquées de telle manière qu'elles mesurent toujours le même intervalle. Ça ne pas changer quand tu la mets dans l'avion.
- Il voit la règle plus...
- La mesure par l'horloge, c'est imposé à la fabrication de l'horloge. Ça dépend des réglages qui sont utilisés. Si tu prends une clepsydre. Non, pas une clepsydre, y'a des histoires de gravité, d'écoulement, ça ne va pas. Mais une montre mécanique. Elle mesurera toujours le même intervalle, je ne vois pas comment ça peut changer.
- Mais ça ne change pas. Elle mesure toujours le même temps. Localement. C'est juste le temps qui n'est plus le même.
- Je ne comprends pas, non, décidément. Ce n'est pas clair.
- C'est bête que je n'explique pas très bien, c'est vraiment limpide quand on pose les équations. C'est lié à l'espace. Comme on définit un espace, déjà ? Mais si on suit la démarche historique, c'est très clair. Je ne vais pas refaire tout l'historique, même si c'est tentant. Au point où on en est. Tout est venu de l'expérience de Michelson, de l'interféromètre. Un système pour mesurer la vitesse de la lumière, avec deux trajets, le faisceau initial séparé en deux, et qui reviennent ensuite, pour faire, normalement, des figures d'interférence. Parce que la lumière est une onde, ça fait comme ça.
Il fait des vaguelettes avec ses bras, mets les ondes de chaque bras en opposition de phase, c'est très sensuel, presque de la techtonik.
- Mais je ne vois pas pourquoi la lumière reviendrait en sens inverse.
- Heu, si, il y a des miroirs. Hé bien, ils ont mesuré dans toutes les directions, et ça ne changeait rien, il n'y avait pas de compostions des vitesses avec la vitesse de lumière. Tu connais la composition des vitesses ? Prenons un déplacement d'un point A à un point B. Hop. Par exemple de ce verre à celui-là. Et si on fait une étape intermédiaire avec ce troisième verre. C'est le même déplacement.
- Non, le trajet parcouru est plus long.
- Mais vectoriellement. En terme de départ et d'arrivée.
- Vous êtes toujours comme ça, les scientifiques, on ne sait pas de quoi vous parlez. Forcément, les gens sont perdus.
- Bref. Il n'y a pas de composition de la vitesse avec la vitesse de la lumière. C'est un maximum. Ça se voit très bien à partir des équations. La théorie des groupes...
- Ça non plus, je ne vois pas pourquoi la vitesse de la lumière, c'est un maximum. C'est juste dans notre univers, parce qu'on n'a rien observé de plus rapide. Mais rien ne dit que ce ne peut pas être différent ailleurs.
- Si, c'est purement mathématique. Ça se voit dans les équations. C'est dommage que j'ai perdu la brochure d'Irondale, je ne sais plus où je l'ai mise. La vitesse de la lumière ne change pas. Enfin elle ne change pas dans le vide, dans un milieu, ça peut être différent.
- Voilà, tout dépend encore de ce que tu appelles la vitesse de la lumière. Vous la définissez ainsi, et après vous dites, c'est maximum. Forcément, on ne suit plus, on ne sait pas de quoi vous parlez. Pas étonnant que les gens ne comprennent pas. C'est comme une conférence que j'avais vu à l'École Normale Supérieur, par un professeur de biologie, un ancien polytechnicien. Une conférence sur la mortalité. Je croyais que ce serait historique, et au début ça l'était, il examinait toutes la causes de mortalité à travers les siècles. Pas inintéressant, mais les autres chercheurs semblaient perplexes. Où se trouvait la recherche pour eux, et quand on lui a posé la question, sa réponse n'a convaincu personne. Parce que ça lui semblait évident, et il a dû réfléchir au point de vue du public, pour, finalement, expliquer qu'il cherchait à modéliser la mortalité. Avec 100 ou 150 paramètres.
- Un modèle comportemental plus que statistique ?
- C'est ça. Mais sa démarche lui semblait évidente, et il n'avait pas expliqué au début. Qu'il cherchait à prédire la mortalité en fonction des conditions de vie, du climat, du nombre d'heures de sommeil, du régime alimentaire, et tout.
- Enfin, avec autant de paramètre, on peut ajuster une simulation comme on veut. On ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Comme avec le contrôle du coeur par pacemaker dont je parlais toute à l'heure.
- Et voilà, encore un point qui peut prêter à confusion. "On ne comprend pas". Les scientifiques disent tous ça, mais nous, on ne voit pas ce qu'ils veulent comprendre de plus. On connaît les paramètres du phénomènes, bah, on le comprend, non ?
- Pas vraiment. Pour le coeur, on sait par exemple que le rythme s'accélère quand il y a un effort. Il y a un stimulus électrique qui arrive, qui conduit à l'accélération. Mais on ne comprend pas le mécanisme qui entraîne le déclenchement de ce stimulus électrique. Enfin, si, plus ou moins, ce doit être hormonal. Mais on ne comprend pas comment toute cette chaîne se met en marche. Donc, l'un dans l'autre, on ne comprend pas.
- Voilà, je l'attendais, on ne comprend pas. Les gens comme moi ne comprennent pas ce qu'il y a à comprendre.
Je pense que le pauvre père peut faire une croix sur le dîner avec son fils : même avec une assiette de frites déjà terminée, il n'est pas près de rentrer chez lui.
01/11/2007 22h - Le Falstaff, place de la Bastille
Publié par
Robin LE WILLIAM-NORTH
à
09:33
3
commentaires
Libellés : .récit, j'suis snob, Paris
2007/10/20
Hurlons au Parc des Princes pour dynamiser l'avenir
"Non, rien de rien, non, je ne regrette rien"
Et l'ensemble du public du Parc des Princes hue le choix fâcheux de la sono du Stade. Le XV de France vient d'être surclassé par une belle équipe d'Argentine, ces bleus exposant leurs lacunes, leur manque d'imagination, leur maîtrise appliqué d'un jeu arrêté et à contre-temps.
Et ne rien regretter alors ? Huons, huons.
Les hauts-parleurs bafouillent, et, au bout d'une minute, enchaînent sur un chant argentin.Les supporters aux joues tricolores ne sont pas à la fête, mais pour autant, c'est vrai, il ne faut pas regretter d'avoir assisté à cette finale de bronze à sens unique. Toute une soirée d'expériences et de regard critique pour dessiner quelques conclusions pour l'avenir, au moins dans mes aspirations.
Le XV de France a exposé son sens de la discipline mono-dimensionnelle, son abnégation à ne rien tenter, pourquoi risquer ? Et pourtant, déjà, cette journée de grève des transports mettait le public dans l'obligation d'exploiter sa faculté d'adaptation.
Aucun RER A, pas de bus reliant Rueil-Malmaison à Paris ou même simplement au noeud de La Défense ? Qu'à cela ne tienne, je saute sur la moto de mon chef pour rejoindre le Parc des Princes, zigzaguant avec lui au milieu des voitures de 17h, entre les filles du Bois de Boulogne et les stations services en descente quand l'essence se fait rare dans le réservoir. Et, au retour, aussi, me faufiler entre les lignes de métro réveillées, les derniers bus assurés par bonté d'âme.
Alors, comment réagir quand sept français échouent pour contourner deux argentins, incapables d'accélérer ou même d'oser ?Que l'équipe de France ait raté son approche tactique, pourquoi pas ? Tout le monde peut se tromper. Elle aura choisi une approche, exploitée jusqu'au bout, et pourquoi pas ? Avoir tenté une approche du rugby moderne, très défensif, uniquement rigoureux et physique. Mauvaise analyse des situations et enjeux, ou analyse incomplète, mais cela peut servir pour progresser.
Cependant, un goût amer apparaît dans la bouche quand un monolithisme du même genre se fait jour dans l'organisation du Parc des Princes. Un joli stade massivement rempli de supporters internationaux, argentins, mais aussi sud africains, australiens, et déguisés, enthousiastes, chantant... Rassemblement mondial pour Coupe du Monde, toute une alléchante fraternité.
Et que nous a servi la sono pour donner de l'entrain à ce rassemblement bigarré ? Piaf, donc, et à la mi-temps, "Emmenez-moi" de Charles Aznavour.
Vive la France moderne, épanouie dans la mondialisation.
Entendons-nous, "Emmenez-moi" est une belle chanson, un classique. Mais là réside tout le problème : c'est avant tout un classique, et rien ne nous sera servi d'autre que du classique bien français. Ne pouvait-on pas présenter un programme plus ambitieux, plus métissé, même en restant français, sans se restreindre aux clichés façon exception culturelle française ?
C'était France - Argentine, un choix évident aurait consisté à sélectionner Manu Chao.
C'était une fête de l'Ovalie, pourquoi avoir toujours confiné les chansons de bandas à moins d'une minute ?
C'était une fête de la jeunesse et du dynamisme, pourquoi ne pas avoir diffusé les Daft Punk, stars mondiales françaises, Noir Désir ou Luke pour leur énergie rock, Grand Corps Malade, Joey Starr, TTC, même un groupe de rock lycéen comme Second Sex ?
Et je me restreins à des exemples eux-mêmes assez consensuels.
Mais cela n'aurait-il pas fait un joli mix, où l'on aurait pu glisser Aznavour avec goût, une belle photo moderne et éloignée d'un arrière-goût de Paris musée ?...
C'est une approche auquel je souhaiterais tendre, et qui me semble applicable pour la musique, pour les futures évolutions de l'équipe de France de rugby, pour la conduite de la recherche scientifique ou la définition de nouvelles utopies politiques.
Digérer les classiques, les fameuses valeurs que l'on proclame pour la grande chanson française ou le french flair légendaire du rugby. Puis les oublier, les mettre de côté, juste les garder très loin, en écho. Car rester ouvert, ouvert, dialoguant, comparant, en prise avec les évolutions récentes. Et de ce dialogue, faire surgir de l'énergie et de la nouveauté. Créer en composite.
Dans une interview, le cinéaste Jim Jarmusch disait : "Nous sommes la première génération capable de proclamer qu'elle aime autant Beethoven que le punk, ne pas faire d'échelle de valeur entre Ozu et Martin Scorsese".
Et hier soir, durant le long trajet RATP du retour, le livre lu m'a paru un joli symbole de cet échange à deux dimensions qui génère une nouveauté. "Les soldats de Salamine" , de JavierCercas, l'histoire d'un journaliste enquêtant dans les années 90 sur un événement de la guerre civile Espagnole. Période forte du passé espagnole, rapport de la société actuelle à cette histoire, et un joli sens du portrait, de la conduite du récit, avec dans la cinquantaine de pages lues, une ou deux magnifiques digressions.