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2009/04/22

Le triste sort d'une totilla dans un récipient bon marché

En Allemagne, les gâteaux sont généralement généreux et épais, richement fournis de crème et cerise, à la manière d'une forêt noire de dessin animé dont les parts sont plus hautes que larges. Difficile voire impossible de trouver un simple gâteau au yaourt ou d'opter pour une tarte aux fruits dans un salon de thé, le gâteau allemand joue la carte de l'épaisseur et du superlatif.


Par conséquent, son transport n'est pas aisé et des accessoires adéquats sont disponibles dans le commerce. "Cake holder", pourrait-on dire en anglais, sorte de plateaux plastifiés surmontés d'une cloche transparente façon cloche à fromage, joignant le plaisir de l'exhibition au simple besoin pratique. Hélas, toute bonne idée se trouve souvent dévoyée par les exemplaires bas de gammes, vendus dans les magasins discount ; les clientèles fragiles n'ont pas le choix, devant se contenter de plastique mince et cassant, d'un système de fermeture de la cloche faible, et les étudiants se voient donc contraint d'affront des transport de pâtisseries dangereux et aléatoire.

Samedi dernier, une sympathique soirée était organisée à Duisburg par quelques étudiants sud-américains de l'université. Thématique prometteuse : que chacun vienne muni d'un plat de son pays. Malheureusement, la tortilla chilienne aux pommes de terre et poivrons n'est jamais arrivée à bon port, trahie par la légèreté des attaches du cakeholder tout neuf. Peut-être la forte densité des épaisses tranches de pommes de terre a-t-elle été fatale aux quatre charnières de plastiques ? Peut-être auraient-elle résisté sans problème au premier gâteau crémeux venu ? Difficile de savoir, mais les chiens duisburgeois ont dû se régaler.

18/04/2009 - Duisburg

2008/05/19

Arroz con pollo de Colombia para una grande comida en Duisburg

Une recette colombienne simple, mais pratique quand il faut préparer de grandes quantités :

- des escalopes de poulets, cuites longuement à feu doux, afin d'en séparer délicatement les fibres.
- du riz en grande quantité.
- des petits pois et des dés de carottes, ces dernières ayant été cuites dans la casserole en parallèle avec le poulet.
- quelques rondelles de saucisses pour colorer un peu plus le tout.
- et un filet de sauce tomate au moment de servir dans l'assiette.

Personnellement, j'aurais bien ajouté un peu plus d'assaisonnement, une petite sauce, pour relever le tout et atténuer les effets bourratifs de ce plats potentiellement sec. Mais le résultat est très présentable et chaleureux, facile à préparer pour les repas de groupe, car pouvant se consommer froid sans aucun problème.

C'est la raison pour laquelle ce plat colombien avait été sélectionné pour la fête internationale de Duisbuurg, organisée à l'International Zentrum le samedi 17 mai 2008. Le groupe ibéroaméricain souhaitait faire les choses en grand, et cet arroz con pollo allait se trouver en belle compagnie, aux côté d'une paella géante, de panes de queso brésiliens, de patisserie à la noix de coco, et, bien entendu, d'une incessante préparation de caipirihna guidée par les rythmes sudaméricains.

Facile !

Mais malgré sa simplicité, la préparation de 10 portions d'arroz con pollo ne s'improvise pas, tout particulièrement quand on ne dispose pas de tous les ustensiles nécessaires. C'est le lot des expatriés temporaires, qui ne vont pas acheter quantités de bols, de plats et de casseroles pour un séjour d'une douzaine de mois. La généreuse quantité de riz a ainsi été mélangé au reste des ingrédients à l'aide d'un grand sac poubelle en plastique bleu, et les portions transportés dans des sacs congélation individuels.

Mais, avouons-le, ce dernier choix donnait une touche très professionnelle au transport de ce plat simple et efficace.

2008/03/18

Le pays où les livres sont plus taxés que les cigarettes

- Ce candidat, c'est un peu le Berlusconi chilien. Il possède des banques, des parts dans de grosses entreprises. Il détient même 12% des actions de mon club de football, le Colo Colo de Santiago, et pourtant, ce n'est même passon équipe préférée ! Il est supporter de l'Universidad Catolica, le club des quartiers riches de Santiago, de la population aisée, forcément. Tout ça grâce à son argent majoritairement gagnée avec le soutien de la dictature de Pinochet, et, soit disant, à l'aide de ses diplômes des Etats-Unis, même si ceux-ci semblent faux... Mais oui, comme partout, les gens oublient, ils croient les anciens partenaires de Pinochet qui s'exclament "Oh non, on ne savait pas, on ne savait pas". Tiens, tu veux encore des pâtes ?

En rentrant de mes courses, à 19h30, je suis passé saluer mon voisin chilien, juste un bonsoir rapide, afin de lui payer le matelas pneumatique qu'il m'a vendu il y a deux jours. Je l'ai trouvé tenant à la main une énorme boîte remplie de pâtes à la Bolognaise. Je tombe bien, il a été un peu trop généreux dans les proportions de son dîner. Ai-je déjà dîné ? Non. Parfait, je vais l'aider, et ainsi, il n'aura pas à réchauffer des pâtes toutes la semaine.

- Non, les choses ne sont pas encore très nettes au Chili. Pinochet avait fait nommé à vie 21 sénateurs, tous ses amis, très à droite, et ainsi, ils peuvent bloquer les plus grosses réformes. Heureusement, beaucoup sont morts, forcément, les amis des Pinochet, ils ne sont plus tous jeunes. Mais par exemple, il est toujours impossible pour les chiliens de l'étranger de voter depuis un consulat, c'est interdit par la loi. Bien entendu, cette loi a été votée sous Pinochet, pour tous les exilés, qui étaient opposants, qui auraient voté contre lui. Mais, même avec la chute de Pinochet en 1999, les choses n'ont pas pu évoluer, le Sénat bloque toujours la réforme. Si je veux voter en 2009, il me faudra rentrer au Chili. Il y a encore des progrès à faire au Chili, même si nous sommes soit-disant le 38ème pays du Monde. 38ème, qu'est-ce que ça veut dire ? Un fort taux d'alphabétisation, beaucoup de connexions Internet et de télévisions dans les foyers ? Pas étonnant, les compagnies de satellite pratiquent des prix très bas, alors, même avec des salaires bas, les gens sont content, ils ont assez pour manger et rester devant la télévision, s'acheter des cigarettes. Mais pas assez pour boire un verre de vin dans un bar le samedi, ou pour aller au cinéma. Et je ne parle pas des livres !

Il tire un livre de sa bibliothèque, large volume Ferrari en papier classé, dont il feuillette les lourdes pages. Avant d'exhiber le prix allemand, 17 euros.

- Un livre comme ça, au Chili, il coûterait au moins 60 ou 100 euros. Les livres sont taxés à 25%, deux ou trois fois plus que les cigarettes, mais les politiques refusent de changer. Tu ne trouveras pas de roman à moins de 10 ou 15 euros au Chili, mais les salaires ne sont pas les mêmes qu'en Europe non plus ! Donc, partout, dans la rue, tu trouves des versions pirates de livres, des copies sur du mauvais papier, à 2 ou 3 euros, et tout le monde possède de telles versions bon marché dans sa bibliothèque. Pour te dire, quand les gens partent en vacances en Argentine, ils demandent à leurs amis s'ils ont besoin de livres, car ils sont au moins 50% moins chers là-bas, pour des éditions similaires. Si tu va en Argentine avec des vols à bas coût, tu peux rembourser ton billet en achetant des livres là-bas. Des romans, et puis, pour les chercheurs comme nous, des livres scientifiques, des livres de biologie.

Il me montre la biographie des Rolling Stones qu'il est en train de lire, encore ravi de sa découverte : Carla Bruni est sortie un moment avec Mick Jagger, il pourra en parler à ses futurs collègues marseillais.

Machant nos pêches au sirop, nous finissons la soirée par une autre spécialité sud américaine, le football. Le showbol de Maradonna, ce football en salle pour vieilles gloires avec des scores de babyfoot. Les gestes techniques et les prouesses individuelles des joueurs, les commentaires hurlant plus vite que ceux du tiercé, et puis, souvent, les bagarres sans fin entre joueurs. Et, parfaite synthèse de ces caractéristiques spectaculaires, la nouvelle petite perle brésilienne, Kerlon : il s'est fait une spécialité d'éliminer les défenseurs en jonglant avec la tête, ce qui énerve les défenseurs, et lui vaut le surnom de Foquinha. Le petit phoque.

2008/02/16

L'espagnol et le football (et les filles), langues universelles des sorties entre potes

- Je ne suis pas un énorme passionné de foot. Pas un dingue prêt à suivre tous les matchs. Mais bon, quand j'étais au Chili, je regardais en gros un match par semaine. Championnat chilien, c'est toujours sympa de suivre son équipe. Même si le championnat chilien n'est pas très disputé, il n'y a que deux ou trois grosses équipes, et le championnat se joue toujours entre elles.

La salade de mon nouvel ami chilien disparaît plus lentement que la mienne, son espérance de vie allongée par toutes ces considérations footballistiques. Je me force donc à savourer plus doucement mon ensalata "El Caballero", agréable assemblage de poulet, champignons et salade, relevée par une sauce Chili légèrement caramélisée. Ce restaurant espagnol de Düsseldorf est idéal pour lancer un joyeux vendredi soir, et le cadre enrobe idéalement le mélange des trois langues qui flottent au-dessus de la table, l'anglais utilitaire, les jaillissements d'espagnol, et le foot, en jolie quantité.

Le foot, un parfait sujet pour lancer des discussions simples en toute langue, une culture parfaitement répandue, qui ne nécessite pas de grand passé commun pour créer une complicité. Près des bancs moteurs de l'université de Duisburg, l'anglais léger du technicien ne l'empêche pas d'évoquer la Bundesliga avec moi, sujet évident au vu des nombreuses photos de Schalke 04 affichées dans son bureau. Et, de même, j'apprends peu à peu certaines caractéristiques du football bosniaque grâce à mon collègue de bureau. Un championnat bosniaque dont l'issue se joue là aussi entre les deux ou trois équipes à gros budgets, anciennement présentes dans le championnat de Yougoslavie. Tiens, j'aurais pu en parler à mon camarade chilien.

Mais la discussion a glissé vers la Ligue des Champions, forcément, les 1/8èmes de finale commencent la semaine prochaine. Nous sommes maintenant dans un bar cubain, et entre deux gorgées de rhum brun, il m'a récité l'intégralité du tableau, à peine dérangé par le volume impressionnant auquel sont diffusées les chansons de regueton.

- Je pense que c'est l'année d'Arsenal, je pense qu'ils battront le Milan. Ils sont sur une pente descendante, Milan, si tu additionnes l'age de leurs défenseurs, tu dois atteindre au moins 120 ans. Comment pourront-ils tenir face à l'énergie des jeunes d'Arsenal ? Ils jouent vraiment fantastiquement, avec un dynamisme impressionnant. Leur entraîneur fait un superbe boulot ? Pourquoi n'a-t-il pas été choisi comme sélectionneur de l'Equipe de France ?

Ah, l'équipe de France. Un aspect moins franco-français qu'on ne pourrait le penser, grâce aux bons résultats de l'équipe, et surtout, grâce à l'impact de la finale de la Coupe du Monde 2006. Il y a toujours une étanger fierté à attendre les louanges internationales, le fait que la France a superbement joué en deuxième mi-temps. Et, bien entendu, arrive aussitôt la question du coup de tête, sujet inévitable de toute discussion foot de la fin des années 2000, et les passions et les questions d'honneur s'invitent à la fête. Bien entendu, il n'aurait pas dû, mais voilà, d'un autre côté, il est impardonnables d'associer des injures avec certaines choses (Certaines Choses, Capital Cs), en particulier la famille. C'est impardonnable, des mots sur sa soeur.

La France n'est donc pas le seul pays à s'enflammer pour son équipe nationale, pas plus qu'elle n'est le seul pays à posséder autant de sélectionneurs que d'habitants. Durant la récente Coupe d'Afrique des Nations, l'élimination du Maroc a vite libéré les commentaires amers d'un collègue de l'université... Nous saurons bien vite s'il en va de même en Amérique du Sud, au fur et à mesure du parcours du Chili dans les éliminatoirs de la Coupe du Monde 2010. Mais y a-t-il beaucoup de suspens autour de cette question ?

Le football coule donc partout, et les particularismes régionaux ne sont finalement pas très prononcés. Exemple d'une culture parfaitement globalisée, et le football jaillit parfois de manière suprenante. La soirée a avancé, nous dansons maintenant au Papagayo sur de la house de 5 ou 6 ans d'age. A partir d'un certain moment, il faut savoir mettre de côté les discussions pointues, danser réchauffés par une tequila, et juste échanger de temps à autres quelques mots, soufflés par le contexte. Ces allemandes de 20 ans à la danse souple et peu expansive, ces allemandes profondément féministes, magnifiques, mais bien plus friandes d'organisation que les fantasques sudaméricianes, les emplois du temps et les rendez-vous minutés contre les élans explosifs et intuitifs. Ces allemandes épanouies, mais d'une certaine manière, toutes timides. Une culture de la timidité en allemagne, la pudeur et la retenue, aussi bien pour les filles que pour les garçons, d'ailleurs.

A ce moment, un allemand s'approche, et se fait prendre en photo avec moi, ravi. Son oeil a été attiré par l'écharpe que j'ai gardée autour du cou, dans l'élan de l'ivresse tequilesque. De quel club, cette écharpe ? Lens ? Oh oui, je vois très bien, pas de problème.