Affichage des articles dont le libellé est .clips video. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est .clips video. Afficher tous les articles

2008/02/08

The Past is a Grotesque Animal, mais, pour Doc Nick, Of Montreal est grand

Salut Cathead.

Bonsoir Doc. Ce soir, comme d'habitude, je viens vers toi pour ta large culture musicale, ton sens du rock et de la pop. Pour un sujet certainement trop vaste, mais sur lequel j'aurais besoin de quelques éclaircissements. Les chansons de rupture. Sans aucune arrière-pensée politique...

Je vois, les chansons déchirantes écrites après une rupture amoureuse. Une recette éprouvée de la pop, non ? Un auteur-compositeur se sépare douloureusement de sa compagne, son coeur saigne, et forcément, artiste aux sentiments à fleur de peau, il exprime sa peine par son moyen de communication favori, la chanson. L'histoire du rock regorge de ces âmes en peine, enfermée dans une cabane dans la forêt, ou traînant pendant des semaines dans les draps défaits d'une chambre solitaire. Pour en sortir finalement armées de quelques mélodies où suintent les larmes, plus ou moins subtilement. On retrouve là toute la mythologie du rock, où la chanson se doit d'être sincère, de refléter l'esprit torturé de l'idole. Tout un côté voyeur du rock, sentir la star vacillante, comme Cobain avec la drogue : oh, ses paroles sonnent tellement justes. Mais finalement, une tendance très générale de la société contemporaine, sur laquelle se nourrit le succès des blogs, toutes les exhibitions intimes. Et là, la différence entre le blogueur du coin et l'artiste se joue au niveau de l'exécution. De la qualité. De l'art, tout simplement : l'artiste Sophie Cale a ainsi publié le journal intime d'une de ses ruptures, notant jour après jour ses impressions, et sa démarche artistique tient plutôt la route, là.

Oui, chapeau pour avoir caser Sophie Cale. Et ensuite ?

En fait, j'attends d'en savoir plus. Tes attentes, tes orientations. J'ai débité cette tirade plus ou moins en pilote automatique. Je t'imagine mal évoquer des chansons de rupture sans rien avoir à l'esprit...

Comment dire ? Tu vois, j'ai cette chanson qui m'obsède depuis un mois environ. Ce titre fou d'Of Montreal, The past is a grotesque animal. Je n'avais jamais été obnubilé par une chanson de 12 minutes, alors je demandais si ça pouvait être lié à son caractère de "chanson de rupture".

Ah, Of Montreal. The past is a grotesque animal... Un sacré titre, fascinant en effet, une drôle d'expérience.

Je me suis laissé prendre par sa rythmique basique, sa longue bande musicale déroulée sur douze minutes, à première vue lassantes. Mais je me suis trouvé agrippé par les paroles presque incantatoires. Ce mélange imprévisible.

C'est en effet un bien surprenant pot-pourri. Un début comme une chanson new wave un peu classe, bien carrée, qui s'est retenu de certains penchants commerciaux des 80s, un titre qui aurait su capter l'esprit des petits groupes new wave. Leur danse statique. Mais étirer si longtemps cette rythmique, ces sons de synthétiseur répétitif, cela ferait plus penser à du prog rock, à du krautrock, éventuellement au glam prog de Roxy Music sur Mother of Pearl. Ce qui est cohérent avec le déchaînement instrumental des trois dernières minutes. Mais il ne faut pas oublier les feedback de guitare noise sur les premières secondes, et surtout, ses paroles sans fin.

Et quelles paroles. Je suis tombé amoureux de cette écriture, ces lignes et ces lignes qui ne semblent pas vouloir s'arrêter. Les paroles douloureuses qui se bousculent très lentement sur les lèvres, comme s'il fallait quelques secondes entre chaque vers pour bien formaliser les sentiments. Pour parfaitement trouver la formule adéquate, le vocabulaire recherché. On se trouve toujours au bord du cliché, de la poésie d'adolescent mélancolique, et pourtant, cela ne me paraît pas sombrer dans la facilité : "Sometimes I wonder if you're mythologizing me like I do you", c'est assez fort de placer un tel vers dans une chanson rock !

De l'excès, pousser l'excès dans ses plus profonds retranchements : ton couple bat de l'aile, vous vous engueulez, et tu ne te sens pas en forme. OK, ce serait un beau tour de force de faire tenir cela en deux ou trois couplets et trois minutes de balade, mais trois minutes, même belles, c'est presque frustrant alors, si tu en sens le besoin, pourquoi te retenir ? Noircis ton carnet de vers, d'allusions à Georges Bataille, de fille hystérique hurlant "Violence !", de cruauté prévisible, de jets de légumes à la figure, d'une pointe de regrets. Pas de demi-mesure ! Autant se lâcher, comme si c'était la première chanson de rupture jamais écrite, comme pour réinventer le genre. De toute façon, chaque rupture est douloureuse comme la première, si l'affection est profonde. Et cette sensation de réinvention s'entend tout au long de ce Past is a Grotesque Animal : oui, je l'ai rencontré, voici l'homme qui a découvert le chagrin d'une fin de couple. Innocence et sincérité, associée à une exploration formelle, ce n'est pas très éloigné de Someone Great, la chanson de LCD Soundsystem qui te passionnait à l'automne dernier...

C'est vrai. On retrouve une alliance similaire d'éléments hétérogènes. Une musique originale et surprenante, qui lutte avec de longues paroles sincères.

Tout à fait. Ce ne sont pas de bêtes chansons de ruptures à une dimension : pas du tout une mélodie triste sur laquelle on murmure des paroles tristes tout en ayant l'air triste, oh tellement, tellement triste. Ici, dans les deux cas, la musique et les paroles s'enrichissent réciproquement sans parcourir les mêmes sentiers. Chez Of Montreal, une mélodie sans fin et toute la violence des disputes affichée comme en direct, et chez LCD Soundsystem, un délicat assemblage électronique porte la mélancolie douce d'une relation déjà derrière soi. Et, même si on sort alors un peu du cadre de la musique elle-même, le physique des chanteurs enrichit également le trouble, le décalage de ces riches chansons. Ce gros nounours de James Murphy, les larmes aux yeux dans la vidéo d'All my Friends : il vante le jujitsu brésilien dans ses interviews, et le voici qui évoque sa peine, avoir perdu quelqu'un d'important, Someone Great ! Le chanteur d'Of Montreal est plus surprenant encore, dans les images de concert. Le voici totalement maquillé, une vraie star glam, avec paillettes sur les yeux, chemise vert pomme et joues rouges, et c'est ce pierrot en jean slim blanc qui nous hurle sa douleur pendant douze minutes... Certains crieront au manque de cohérence, je suis plutôt tenté de trouver cela impressionnant, de montrer la coexistence de plusieurs facettes !

Mais non, nous ne sommes pas un... Merci Doc pour tous ces détails.

Qui ne nous empêcherons pas d'évoquer une autre fois d'autres exemples de chansons de rupture. Pas le genre de chansons à passer de mode.

2007/12/21

n°10 - Simian Mobile Disco, esthétique pop

N°10

Paysages de campagne désolée dans un probable pays de l'Est, des silhouettes et des figures regardent immobiles la caméra, moustaches, cheveux courts, jogging aux couleurs vives. Et au bout de plusieurs plans purement descriptifs, enchaînement d'images pour une peinture du lieu, un jeune homme ouvre doucement la bouche, cheveux très courts, assis sur le lit au milieu de sa famille. L'exploration se poursuivra dans un doux glissement, avec le regard impassible de ce chanteur de la caméra, répétant les quelques mots qui forment les paroles, I believe You could be What I need To believe.

L'assemblage s'avère plutôt fin pour une chanson aussi simple et directe, une chanson pour danser délicatement, et l'assemblage de ces paysages ruraux et du synthé basique dégage une atmosphère troublante. Musique et parti pris fournissent un témoignage juste d'une situation contemporaine, et même si l'idée n'est pas extrêmement originale, elle s'écoule agréablement, et symbolise une certaine exigence esthétique des Simian Mobile Disco.

Le terme exigence esthétique est certainement excessif, mais les Simian Mobile Disco ont peu à peu fait preuve d'une cohérence sympathique, qui, sans jamais se prendre trop au sérieux, me semble entrer en résonance avec divers états d'esprit d'actuels. Des étudiants en art diront que la composante artistique est maigre et sans génie, et pourtant, dans un cadre pop, leur petit univers flotte rafraîchissant.

Un univers où les groupes portent des noms composés, assument leur projet dansant, où les albums eux aussi doivent s'afficher beaux, sans se perdre dans une banale pochette à dessin : un fond herbeux et les quatre verbes qui composent le titre de l'album "ATTACK DECAYSUSTAIN RELEASE", mystérieux mais percutants par le rythme bref et légèrement déséquilibré. Un égrènement tout aussi déséquilibré qui soutient leur premier tube "It's thebeat", où cliquettent des détonations électroniques séparées, où le chant adopte un tempo distant et hypnotique, un monde au noir et blanc binaire et instable, comme une vieille pélicule moderne.

Mais c'est le duo de vidéos proposées pour le morceau "Hustler" qui symbolise leur approche. Dans la dernière version, des mannequins en maillot de bain prennent des poses provocantes sur une scène dénudée et intensément éclairée, entamant peu à peu une orgie de malbouffe, miel, pâte à tartiner, chantilly, glace, ingurgitée le plus salement possible. Flots de fluides au ralenti conclus par les vomissements colorés de ces probables anorexiques : vulgaire et sans grande finesse quant à la satire du paraître, mais assumé, fascinant.
Pourtant, la première version d'Hustler s'écoulait plus fascinante encore, longue galerie d'adolescentes désoeuvrées, assemblées dans un salon pour une partie de téléphone arabe dérapant progressivement en embrassades collectives. Les coupes, les maquillages, les regards et les couleurs glissent parfaitement actuelles, dans un scénario au mauvais goût franc mais digeste. Car les meilleures musiques pour danser s'invitent ainsi : sans finesse, vulgaires, mais sources de désir immédiat, synonymes d'une transe à l'oubli exaltant.

2007/12/17

n°13 - M.I.A. and Dan le Sac vs Scroobius Pip, exploration of rap and strange sounds

N°13

Pierre Lescure a dit en interview qu'il avait mis longtemps à aimer le rap, mais qu'il se forçait à en écouter pour comprendre la musique. Il cherchait à illustrer la discipline nécessaire à toute personne souhaitant s'investir culturellement : ne rien mettre de côté a priori, pour ne pas passer à côté de belles choses.

Bien entendu, je ne dirais pas que j'écoute beaucoup de rap. J'en écoute très peu.

Mais il ne m'est possible de rester insensible à M.I.A., remplie d'énergie lors de sa performance à Rock en Seine cet été. Lunettes énormes et enveloppantes, collants fluo, chaînes étranges, tous ses mouvements de danse sortis de nulle part, souples et élastiques, jambes levés, genoux fléchis, une présence scénique impressionnante et charismatique pour porter une musique imprévisible, nouvelle et métissée. La voix court, harangue, flotte au milieu des sons improbables, samples de bollywood, coups de feu résonnant enchâssés avec bruits de tiroir caisse, caquètement de poule, et toujours des percussions fantastiques et entraînantes. Repousser les limités musicale en gardant l'immédiateté, superbe.

Tout aussi à l'avant-garde, les sonorités électroniques de Dan le Sac se voient parfaitement complétées par la diction et les textes denses de Scroobius Pip. Là aussi, jolie performance au Festival Sous la Plage, avec cette fois l'énorme barbe de Scroobius Pip comme accessoire hors du commun, et des textes variés où je mesure les progrès qu'il me reste encore à faire en anglais. Les textes sont engagés, un message de liberté d'esprit déconneur, mais concerné par le monde. Le magique "Thou shalt always kill" regorge de superbes trouvailles de paroles, mais tout est dit dans les deux vers finaux, mort à toute prescription, quelle qu'elle soit :
Thou shalt think for yourselves
And thou shalt always, thou shalt always kill.

2007/11/26

La French Touch a donné de belles vidéos

Une des mes hantises musicales, c'est de passer à côté de mon époque. Un jour, j'ai imaginé la chance qu'il y avait à vivre à l'époque des Beatles, et j'ai réalisé que je ne pouvais pas citer un seul titre récent. C'était vers 1998, et je me suis mis à écouter la radio après ce constat. Mais bon, pas forcément tout de suite les radios les plus intéressantes, hélas, et je suis plutôt passé à côté de la French Touch de l'époque. Il m'a donc fallu faire quelques séances de rattrapage auprès de Doc Nick. Salut Doc, vous allez donc nous parler de la French Touch aujourd'hui.

Hé oui, mais rapidement. Je dois boucler quelques articles importants, dont un compte-rendu du concert de Air au Zénith. Une soirée riche, avec les grèves pour toile de fond, ça devrait donner un joli papier. Alors je vais me contenter de quelques liens vidéos sympas.

Je me souviens très bien d'une vidéo d'Etienne de Crécy. Je l'avais vue au Parc des Princes à la mi-temps d'un match, elle venait de recevoir la Victoire de la Musique.

Une superbe vidéo, qui n'a pas vieilli. Un classique, au même niveau que les premières des Daft Punk. La magnifique "Around the world" de Michel Gondry, et "Da funk", plus subtile, mais splendide. On a là deux axes des vidéos French Touch : la vidéo ultra stylisée, moderne comme la musique électronique, et de l'autre côté, le petit court-métrage scénarisé, naturaliste avec un peu de fantaisie. Dans cette dernière catégorie, on peut placer "All I need" d'Air, tiré de Moon Safari, un de ces albums de la liste des "meilleurs disques sur lesquels faire l'amour".

J'aimerais bien trouver cette liste, par curiosité.

On verra pour une prochaine fois, ne nous dispersons pas. Pour rester dans les vidéos douces, on peut bien entendu se pencher sur Kid Loco, une French Touch plus trip-hop, moins dance floor. L'envoûtant "She's my lover" est presque égalité avec "Love me sweet", qui reste l'un de mes singles préférés de tous les temps. Un peu dans le même genre, on trouve St Germain avec son dessin animé pour "So Flute", et Dimitri from Paris, avec ses petits samples de voix cinéma, ses mélodies sixties, ses clips au diapason : "Sacré français", c'est un beau slogan pour cette époque où les DJs français se retrouvaient single of the week du NME !

Toutes ces vidéos sont exquises, mais ne ressemblent pas aux bombes dancefloor de ma French Touch idéalisée...

Il faut de tout pour faire un genre. De petites perles fines, et de grosses locomotives. Impossible de ne pas citer "Flat Beat" et la fumette de saucisse montée par Mr Oizo, vendant près d'un million de singles, il me semble. Avec l'aide d'une marque de jeans, c'est vrai, mais on voit ici une facette plus délirante de la French Touch, certainement pas innocente dans le succès associé. Comment ne pas tomber amoureux du super-héros Cassius enlevé par les majors du disque dans "Feeling for you" ? Un super-héros né d'un soda tombé sur une chaîne hi-fi et qui se change dans des toilettes de chantier, c'est exquis. Et quels mélodies simples et entêtantes, comme pour "Le Mobilier" de "Rinôçérôse" ? Allez, gardons quelques vidéos de côté pour une autre fois, c'est tellement bon !

2007/09/19

One hour playlist for a birthday party on friday night: a dream...

  1. Heart it races - Architecture in Helsinki
    Fantastic gigg on tuesday at La Maroquinerie: keep dancing on the steel drums!

  2. Over and over - Hot Chip
    Laid back dancing, the perfect moto to start a playlist...

  3. Whoo! Alright Yeah... Uh Huh - The Rapture
    The Rapture, 3 years ago: the first time I saw a rock crowd turning into a pure club dancefloor.

  4. Damaged goods - Gang of four
    Fantastic bassline, punk energy and political lyrics: 28 years after, Gang of Four still rules.

  5. It's getting boring by the sea - Blood red shoes
    Young english duo: the White Stripes have discovered cow bells and dance.

  6. Daft Punk is playing in my house - LCD Soundsystem
    James Murphy, the fat leader of the modern dancing rock.

  7. Atlantis to Interzone - Klaxons
    The British music press almost invented Nu-Rave after hearing the Klaxons. With such a single, it is easy to lose your mind.

  8. Hotdog - Simian Mobile Disco
    Catchy tunes, electro with rock energy, strange videos, and strong production work (Klaxons, Arctic Monkeys): would you want more?

  9. We are your friends - Justice VS Simian
    Justice transformed this old song by Simian into dancefloor madness, triggering their career, and the dancing evolution of Simian.

  10. Jimmy - M.I.A.
    Bollywood samples, Shiva arms and flowing dance.

  11. Take me back to your home - Basement Jaxx
    Crazy videos, crazy singles always at the top, and crazy unused sounds. This time, I ask for the balalaika.

  12. Blue Monday - New Order
    New Wave was not only synth pop singles... I NEEDED to select this alltime classic!

  13. Electricity - O.M.D.
    Gently back to some rock... Yes, OMD knew once how to play guitar.

  14. I melt with you - Modern English
    And finish with a pure new wave hit, the kind of song you will never dare to put in a favorite list, but so sweet, sweet, sweet.

Bonus Track: Step On - Happy Mondays
Youre twistin my melon man, you know you talk so hip man, Call the Cops, hey hey hey hey

2007/07/31

Soirée à Emporter de la Blogothèque

Lundi 30 juillet
Soirée à Emporter à la Flèche d'Or, organisée par la Blogothèque

18h30 à peine, les premiers partent chercher des sandwichs

Queue très vite plus longue...

Sparrow House, Jeremy Warmsley et Sebastian Kruegger d'Inlets.
Bientôt, ils reprendront "God only knows"...

Inlets

Sébastien Schuller, invité surprise.
Magnifique "Weeping willow"
Sidi Ali accompagne à l'ukulélé