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2009/03/01

Câbles de tramway dans toutes les rues


San Francisco, ville de tramway. Entre les gratte-ciel du downtown ou les petites maisons en bois, des câbles suspendus sans fin au-dessus des rues, un tricot complexe et électrique. Les tramways s'écoulent en tenant ses rampes le bras tendu, et parfois le bus électrique doit changer de voie : le conducteur descend de son engin au milieu de la circulation, tire sur la perche plantée à l'arrière du véhicule, et part à la pêche pour se connecter sur le réseau d'à côté. Il  jette la canne une fois, deux fois, et sans vraiment avoir changé son geste, il parvient à attraper le câble, la perche y adhère fermement. A-t-on imaginé l'éclair et le bruit de décharge ? Le conducteur lève la main pour saluer les voitures patientes en plein coeur de la 1st Avenue et le service de transport en commun se poursuit.



25/01/2009 - San Francisco - Market Street

2008/12/10

Des graffiti aux yeux ronds à Barcelone





10/2008 - Barcelona

2008/11/25

Mes premiers graffiti barcelonais en grimpant le Montjuic

Première journée complète à Barcelone, je me suis tout de suite dirigé vers la colline de Montjuic, patrie du Parc Olympique, de l'immense musée d'Art, de la Fondation Miro. Je comptais reoindre le sommet en téléphérique, accessible tout près d'une station de métro : quel superbe programme pour débuter l'exploration de la riche cité !

Cependant, j'ai emmêlé les lignes du plan et les ruelles minces au pied des pentes, sans cable téléphérique à l'horizon auquel me raccrocher, mais avec un petit sentier de terre sale zigzaguant vers les hauteurs. Un chemin cahotique et improbable entre des terrains vagues et des terrains de basket en terre, sous le regard des nombreuses grues de la bulle immobilière.

Promenade pittoresque, tout particulièrement pour la richesse des graffiti tracés sur les palissades et les murs, figures rondes et chaudement colorées.

Je faisais la connaissance de mes premiers graffiti barcelonais, collection qui ne manquerait pas de s'enrichir pendant cette semaine de promenade urbaine.







14/10/2008 - Montjuic, Barcelona

2008/09/11

Une block party de graffiti et de hip-hop sur un parking de la rue Ste Catherine

Dimanche 3 août - 17h
rue Ste Catherine, entre le quartier des spectacles et la gare de bus - Montréal


Dix mètres d'espace gris entre deux immeubles de briques rouges, cinq arbres le long du trottoire sortent d'une bande d'herbe verte, et derrière, trois voitures entre des lignes blanches. Des garçons à casquettes et polo à rayures se tiennent à un mètre du mur à gauche des arbres, et deux d'entre eux tiennent une perche de trois mètres de long. Au bout de la perche, un rouleau frotte le mur de haut en bas, bandes alternatives qui passent sur les inscriptions colorées oranges, jaunes, roses, bleues., boucles visibles sur la surface du mur.

Sur une moitié du mur, l'autre moitié est noire, et le groupe de garçon se situe à la frontière entre la zone noire et la zone portant des signes colorés.

Le garçon baisse l'extrémité de la perche, introduit le cylindre blanc gris dans un pot blanc. Le rouleau sort du pot noir, le garçon relève la perche, et le mur devient noir à l'endroit où se pose le cylindre.

Dimanche 10 août - 15h
rue Ste Catherine, entre le quartier des spectacles et la gare de bus - Montréal

Derrière les arbres, des piquets gris et des pentes noires au dessus d'un groupe de personne de six mètres de diamètres, avec une épaisseur de quatre personnes sur toute sa circonférence. Sur la droite, à l'opposé du mur noir, deux tables derrière lesquelles se tiennent deux hommes penchés sur des disques, de la musique sort de boîtes noires d'un mètre de haut. Le sol et les piquets vibrent. 

Au centre du cercle humain, un garçon frappent des pieds sur le sol, les vêtements rouges et brillants sous sa casquette, la jambe droite passant par dessus la gauche, puis la gauche par dessus la droite. Il fléchit les genoux, posent les mains au sol, posant les pieds devant ses mains selon un arc de cercle, penchant le torse en arrière et se redressant totalement. Quelques pas devant lui, il lève les bras verticalement au dessus de sa tête et saute vers l'arrière, prenant ses jambes dans ses mains  et les faisant passer au dessus de sa tête. 
Une fois les pieds au sol, il crie.
Les personnes dans le cercle frappent dans leurs mains, crient, un autre garçon en vert s'approche du centre du cercle. Le sauteur en rouge frappe de la main dans celle de ce garçon, et il se penche, se penche vers l'avant et fléchit des jambes trois fois de suite.

Près du mur à la surface noire, des plans horizontaux d'un mètre de large, trois mètres de long, sont posés entre des piquets verticaux dont le sommet est à quatre mètres du sol. Deux hauteurs de plans horizontaux le long du mur, espacés d'un mètre cinquante, et deux garçons sont accroupis à deux niveaux différents, tournés vers le mur. Ils tiennent des cylindres blancs qu'ils agitent un doigt posé sur le sommet, le doigt dirigé vers le mur. Un nuage jaune entre le doigt au sommet du cylindre et le mur. Sifflement. Une ligne jaune apparaît sur la surface noire, un angle, une boucle. Au niveau du sol, le pied gauche sur le trottoir, un garçon à casquette tend le bras au milieu d'un carré blanc.

Une jeune fille se tient trois mètres derrière lui, pantalon couvert de cercles verts et bruns, les cheveux dans le milieu du dos, bruns et bouclés. Un sac bleu à fond noir pend à son épaule droite.

Quelle surprise de découvrir ce parking de la rue Ste Catherine, aux graffiti si généreux, et, apparemment, renouvelés régulièrement. Voilà une bloc party parfaitement organisée, et ce dès la semaine précédente, en effaçant les murs graffités à grands coups de peinture pour offrir un terrain de jeu à nouveau vierge.

Tags, deux DJs, des basses lourdes et quelques danseurs acrobates perdus au milieu d'un cercle de curieux et d'enthousiastes. Une petite merveille de fête urbaine. 

2008/09/01

La rue Ste Catherine de Montreal, un long ruban comme une galerie de graffiti

Lors de mon précédent week-end à Montreal, je m'étais promené un peu au hasard dans la ville, et la rue Ste Catherine m'avait laissé un souvenir diffus, assez imprécis finalement, mais plutôt séduisant. Une impression de rue univers, animée et vivante, s'étendant toute en longueur comme seules les rues nord-américaines savent parfois le faire. N'y avais-je pas croisé plusieurs paires de jumeaux identiques, réunis ici pour la convention nationale des jumeaux canadiens ?

Ainsi, dès mes premiers instants de liberté à Montréal, je me suis plongé avec ravissement dans ce mythe urbain personnel, que j'ai parcouru ravi par l'enchaînement des strates, comme égrainées par les murs peints et les graffiti.

J'ai mis les pieds dans cette belle rue Ste Catherine du côté de la rue Crescent, quartier de bars pour amateurs de sports automobiles. Motos, Ferrari, et pour asseoir l'ambiance, une fresque à l'imagerie discrètement machiste.

Mais le downtown s'installe presque aussitôt, peuplant la ligne d'horizon des quelques tours, et, quand on s'en approche, les immeubles se font plus hauts et les écrits muraux s'approchent du ciel. Ste Catherine se fait commerçante, version marques mondialisées, avec un Apple Store tout neuf où l'on peut écouter "La douleur" de Camille sur les iPod en démonstration.

On dépasse le cinéma IMAX et les quelques librairies, se faufille entre les gratte-ciels pour déboucher sur le Square Philipps et son maraîcher qui lave les pommes qu'il vous vend. Un grand magasin sur la gauche, quelques discounts Hi-Fi sur la droite, mais bien vite, surtout des bars et des snacks, et nous voici touchant au Musée d'Art Contemporrain, sa place bordées de galeries marchandes. Les scènes des Francofolies y nichent là bien à l'aise, cachant les chantiers et les fondations qui s'y creusent. Mais un coup d'oeil suffit pour sentir que l'atmosphère de Ste Catherine se fait peu à peu moins lisse, plus coquine, insoumise, capable de fresques larges et électriques.
Les trucks des parkings ne font pas oublier les larges pans de murs éclatants, et d'ailleurs, comment pourraient-ils étendre leurs cabines si haut ? Comment tendre un rideau devant de blondes mèches sales quand une affiche d'énorme fast food n'y parvient pas ?

S'ouvre en effet des blocs plus sauvages de Ste Catherine, remplis de néons roses et pornographiques, de boutiques de T-shirt punk, de snacks libanais et de hot-dogs à un dollar cinquante, de bars au décor gothique. Des jeunes au maquillage sombre y font la queue avec des T-shirt de A Bullet for My Valentine, des jeunes lancent des block parties sur des parkings où les
artistes couvrent les murs de graffiti en direct. L'Apple Store semble loin, et plus loin encore en touchant au carrefour entre Ste Catherine et la rue St Denis, jonction entre deux magies de vie urbaine. Crossroad où il n'est même pas surprenant de découvrir un festival Gay et Lesbien, occupant trois blocks, installant deux scènes où les enceintes vibrent sans fin de disco et de house sucrée. Les biceps s'affichent épais par les manches ouvertes des débardeurs, et des troyens en jupette plastique vous offrent en souriant des préservatifs au noir carton hellène. Trojan, les nordaméricains ont eu plus d'humour pour dénommer cet équivalent des Durex et Manix du marché français.

03/08/2008 - rue Ste Catherine - Montreal

2008/07/14

2008/06/17

Magnifiques fresques dans la Neustadt de Dresden

Schématiquement, Dresden se divise en deux grandes parties, séparées par l'Elbe. Au Sud, la vieille ville, aux riches palais, églises et musées, largement détruite dans les derniers jours de la guerre, et depuis, largement reconstruite à l'identique. Les tableaux de la Renaissance permettent facilement de comparer.

Et au Nord du fleuve s'étend le quartier de la Neustadt, quartier forcément moderne par comparaison aux vieilles pierres qui attirent en masse les touristes. C'est un quartier apparemment dynamique, formée de rues perpendiculaires et de petits immeubles, qui par certains aspects m'a un peu fait pensé au Marais ou au quartier de Soho à New York. Toute une pépinière de petites boutiques, et des bars animés le samedi soir, et entre autres, des bars à la douce musique électronique et au sièges magnifiquement design.

Mais plus éloigné du Marais, et par dessus tout, j'ai été ravi par la densité d'inscriptions qui peuplaient les murs, qui m'a rappelé par moment les écritures omniprésentes dans toutes les rues de Ljubljana. Des inscriptions souvent originales, voire ambitieuses et artistiques, comme les gigantesques fresques murales aperçues à certains coins de rue.

04.05.2008 - Neustadt, Dresden

2008/06/11

Des graffiti jusque dans les parcs de Ljubljana

26.04.2008 - Ljubljana

2008/05/28

Celica, une auberge de jeunesse au milieu des graffiti

- Attendez, je vais tout de même demander si c'est bien là.

L'aéroport de Ljubljana est situé à environ 45 minutes de route du centre-ville, adorable terminal à quatre comptoirs perdu dans la campagne. Il s'agit donc d'emprunter une navette pour gagner la ville, et la conférence à laquelle je participe a affrété spécialement un bus, afin de déposer les participants directement à leur hôtel.

Cependant, certainement plus habitué aux établissements de luxe utilisés habituellement par les conférenciers, le conducteur du bus ne connait pas mon auberge de jeunesse, dénommée Celica. Il a pris quelques renseignements dans un café, a suivi les panneaux, mais le cadre entourant la destination ne le rassure pas trop. Un bâtiment émerge bien au milieu d'un vaste parking, mais entouré de murs couverts de graffiti et de bâtiments façon squat d'artistes.

Ce brave conducteur interroge donc une passante, et me laisse alors, peu convaincu et clairement perplexe.

Car, en effet, l'auberge de jeunesse Celica est située en plein coeur d'un complexe artistique, géré par une association, et c'est même cette association qui se charge de gérer l'auberge. Le bâtiment est en effet une ancienne prison, et l'association artistique a minutieusement réaménagé les lieux, donnant à chaque cellule une décoration et une atmosphère propre.

Bon, je n'ai pas vraiment pu profiter de ces cellules, dans la mesure où j'ai couché dans une chambre de quatre personnes, au dernier étage, à la personnalité moins travaillée. Mais je me suis tout de même régalé de l'ambiance des lieux, avec son décor de graffiti à l'extérieur, et les jolies trouvailles intérieures. Il a délicieux de boire tranquillement un jus de fruit, le soir, dans une petite salle remplie de pouffes en osier et de tapis, dans laquelle on est sommé de se déplacer en chaussettes.

20.04.2008 - Youth Hostel Celica - Ljubljana