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2008/07/12

Tant de lignes à cadrer à Ljubljana

25-26/04/2008 - Ljubljana

2008/06/18

Ah, quel plaisir de visiter un tunnel dans le cadre d'une conférence !

Voici déjà le chemin du retour, et qu'avons-nous vu ? Nous avons marché dans cinq cents mètres de tunnel dont la construction est bouclée, murs lisses et bétonnés, revêtement routier en béton lui aussi, et quel commentaire pouvait-on faire là-dessus ? Puis nous avons eu droit à une obscure présentation PowerPoint de vingt bonnes minutes, suivie par un passage rapide auprès d'une poignée d'ouvriers aux gilets fluorescents, mais rien d'autre.

Quelle magnifique idée que de s'être inscrit au dernier moment à cette visite du tunnel de Ljubljana, organisée par la conférence TRA 2008.

Initialement, je m'étais inscrit à deux activités. Le lundi, deux heures de visites de la vieille ville de Ljubljana, avec récits de légendes médiévales. Et le vendredi, journée complète d'excursion dans des hauts lieux slovènes. Mais ces deux projets étaient rapidement tombés à l'eau : dès notre arrivée, nous avons appris l'annulation de l'excursion du vendredi, certainement faute de participants, et j'ai passé mon tour pour la promenade du lundi, refroidi par les trombes d'eau. "Mais nous allons prêter des parapluies, ne vous inquiétez pas".

Ainsi, quand une collègue française m'a proposé de l'accompagner pour la visite du tunnel, le mardi, je n'ai pas trop hésité. Pourquoi pas, finalement ? Il aurait été dommage de profiter d'aucune des activités proposées.

Particulièrement dommage, en effet, étant donné le désastre qu'a constitué cette visite, mine d'anecdotes pour blogger sans inspiration.

Cette collègue m'avait demandé de l'accompagner, car elle avait peur de s'ennuyer, ne connaissant personne. Las, par un tour de passe-passe amusant du destin, je me suis moi-même retrouvé tout seul pour cette visite. Cette collègue, particulièrement sérieuse, n'a pas voulu raté une miette des conférences de l'après-midi, étalage pourtant très synthétique et assez soporifique de projets européens, et a raté le point de rendez-vous de la visite. J'ai bien tenté de prévenir le guide slovène, mais c'est avec horreur que j'ai vu les portes du bus se refermer avant l'arrivée de ma camarade.

Mais parfois, il vaut mieux être seul que mal accompagné, et j'ai la grande joie de faire la connaissance d'un jeune français particulièrement désagréable. Je l'avoue, peut-être n'étais-je pas d'humeur assez ouverte à cette occasion, mais sa discussion m'a particulièrement horripilée, jusque que dans sa manière de parler à la fois traînante et sûre d'elle-même.

J'ai donc fait tout mon possible pour m'éloigner de cet olibrius, dont le seul point commun avec moi était la langue française. Ainsi, mon casque de chantier bleu sur la tête, j'ai toujours gardé un oeil sur lui, afin de ne rester en retrait et de ne pas donner l'impression de chercher la conversation. La misanthropie n'est certainement pas une attitude des plus recommandables, mais parfois, il ne faut pas avoir honte de l'assumer temporairement.

D'autant que la visite elle-même ne donnait pas envie de saisir son prochain en une longue accolade pour célébrer la nature humaine. Bien entendu, l'entrée du chantier était un peu spectaculaire, de même que la distribution des casques aux conférenciers cravatés. Mais l'interminable présentation PowerPoint a rapidement mis les points sur i : cette visite serait bien un grand moment de n'importe quoi ennuyeux et peu agréable.

Un écran déroulé au milieu du tunnel, on ne sait trop pourquoi à cet endroit, loin de l'entrée, et éloigné du chantier actif. Deux grosses enceintes permettent à l'ingénieur de se faire entendre de tous, mais hélas, il n'en va pas de même de son anglais, aux accents et tournures profondément obscures. Parfaitement au diapason des diagrammes illisibles de la présentation, tracés comme à main levée parfois, et en tout cas, sans aucune légende. J'aurais bien voulu vous parler de l'originalité de ce tunnel de Ljubljana, mais j'en suis bien incapable, à cause l'absence totale de pédagogie de cette présentation.

Et la visite technique ne m'a pas appris grand chose non plus. Nous avons marché une centaine de mètres supplémentaires, pour atteindre la dernière zone en activité. Installation de panneaux de béton sur les murs, il me semble, mais je n'en suis pas certain, de grands échafaudages métalliques au milieu desquels naviguaient quelques ouvriers, éclairés par de puissantes lampes éblouissantes.

Nous sommes arrivés et les ingénieurs présents ont aussitôt empoigné leurs appareils photos, mitraillant les poutres, les assemblages, sans tenir compte des ouvriers en plein travail. Des ouvriers faisant partie du décor, qu'ils travaillent ou fument une cigarette pour leur pause, une opposition fascinante et malsaine : les conférenciers en cravates et costumes, déguisés sous leur casque de chantier, et les ouvriers, ces prolétaires étrangers, juste posés là. Pas moyen de leur parler en anglais, j'imagine, mais aucune tentative de communication n'a semblé traverser l'esprit de nos industriels et techniciens de haut niveau, raffolant de photos et de petits détails techniques obtenus auprès du guide.

Confrontation brutale de deux mondes pour générer une ambiance qui m'a paru assez malsaine. Je me suis risqué à quelques photos, sans trop cadrer ses ouvrier que quelques cadres occidentaux venaient perturbés durant leur longue journée.

Mais cette visite n'a pas perturbé grand monde très longtemps, puisque nous avions déjà fait le tour des activités proposés !

Le guide de l'Office du Tourisme de Ljubljana a pris conscience de la supercherie d'une telle visite bricolée, et plein de bonne volonté, il a poussé le conducteur du car à emprunter sur le chemin du retour tous les tunnels autoroutiers entourant Ljubljana. N'étions-nous pas des amateurs de tunnels ?

En marchant dans les rues piétonnes de Ljubljana, je ne savais pas trop quoi penser cette visite étonnamment ratée, proche d'une parodie d'activité de groupe proposée dans le monde de l'entreprise. Et donc assez éloignée de l'ambiance bonne enfant qui entourait le groupe de thésards rassemblés par le concours YEAR, toujours prêts à descendre quelques flutes de mousseux sur un stand allemand, ou boire des bières devant un match de Ligue des Champions.

Mais en arrivant sur la place de la vieille ville, je suis tombée sur ma collègue française, et son apparition a fini de me convaincre : ces quelques heures constituaient indéniablement une anecdote de prix durant mon séjour de Ljubljana.

Durant la visite, le guide de l'Office du Tourisme nous avait remis des bouteilles souvenirs, mignons flacons souvenirs d'une étrange liqueur très sucrée. Toujours serviable, j'en avais demandé un exemplaire supplémentaire pour cette collègue, retenue par son professionnalisme. Il fallait bien récompenser son abnégation, et la consoler d'avoir raté cette magnifique. Mais comment avais-je pu penser un instant que ce raté allait l'embêter ? Avec l'aide d'un autre retardataire, elle était parvenue à se faire rembourser la visite, et s'était faite inviter à boire une bière. L'argent du beurre sans l'interminable visite de la crémerie, avec en prime un peu de drague sur une terrasse ensoleillée de Ljubljana.

Mais comment lui en vouloir, puisque sa chance magnifique offre un contre-point parfait à ma visite désastreuse ?

2008/06/13

Randonnée canine à Ljubljana

Devant la Galerie des Beaux Arts Slovène, un large groupe s'assemble peu à peu. Presque uniquement des femmes, portant baskets, jogging, sweat-shirt à capuche, et, le plus souvent un petit sac à dos coloré : toutes en tenue de randonnée urbaine, l'exploration de parcs en groupe pour certainement pas plus d'une heure ou deux.

La plupart doivent avoir entre 30 et 40 ans, il y a quelques femmes aux cheveux gris ou teints élégamment, et aussi quelques filles d'une dizaine d'années avec des fichus entourant leurs cheveux mi-longs.

Et surtout, toutes tiennent un chien en laisse, aucun très gros chien, il me semble, certainement pas des chiens costauds et campagnards.

Une personne élève la voix, et toutes se mettent en marche à la queue leu leu, une longue file de chien avec leurs maîtresses, longeant avec application la Galerie des Beaux Arts. Sur leur gauche, de l'autre côté de la rue, une église haute et ramassée laisse luire ses murs crème dans le soleil de la mâtinée. Juste derrière les pierres blanches, les chapiteaux et les fines colonnettes, l'autoroute, et au fond, les allées du parc et les arbres ordonnées se fondent peu à peu en forêt pour couvrir la haute colline à l'arrière-plan.

Elles vont certainement traverser, se glisser avec les chiens dans le passage souterrain couvert de graffiti fluos, et gambader dans une longue randonnée canine au cœur de la ville.

Mais pour l'instant, elles s'arrêtent peu à peu sur les larges marches de la Galerie d'Art, la deuxième entrée. Elles vont certainement recevoir un nouveau briefing et des conseils pour promener au mieux l'animal.

26.04.2008 10h - Ljubljana

2008/06/11

Des graffiti jusque dans les parcs de Ljubljana

26.04.2008 - Ljubljana

2008/06/01

Travail sur le cadrage à Ljubljana

04.2008 - Ljubljana

2008/05/28

Celica, une auberge de jeunesse au milieu des graffiti

- Attendez, je vais tout de même demander si c'est bien là.

L'aéroport de Ljubljana est situé à environ 45 minutes de route du centre-ville, adorable terminal à quatre comptoirs perdu dans la campagne. Il s'agit donc d'emprunter une navette pour gagner la ville, et la conférence à laquelle je participe a affrété spécialement un bus, afin de déposer les participants directement à leur hôtel.

Cependant, certainement plus habitué aux établissements de luxe utilisés habituellement par les conférenciers, le conducteur du bus ne connait pas mon auberge de jeunesse, dénommée Celica. Il a pris quelques renseignements dans un café, a suivi les panneaux, mais le cadre entourant la destination ne le rassure pas trop. Un bâtiment émerge bien au milieu d'un vaste parking, mais entouré de murs couverts de graffiti et de bâtiments façon squat d'artistes.

Ce brave conducteur interroge donc une passante, et me laisse alors, peu convaincu et clairement perplexe.

Car, en effet, l'auberge de jeunesse Celica est située en plein coeur d'un complexe artistique, géré par une association, et c'est même cette association qui se charge de gérer l'auberge. Le bâtiment est en effet une ancienne prison, et l'association artistique a minutieusement réaménagé les lieux, donnant à chaque cellule une décoration et une atmosphère propre.

Bon, je n'ai pas vraiment pu profiter de ces cellules, dans la mesure où j'ai couché dans une chambre de quatre personnes, au dernier étage, à la personnalité moins travaillée. Mais je me suis tout de même régalé de l'ambiance des lieux, avec son décor de graffiti à l'extérieur, et les jolies trouvailles intérieures. Il a délicieux de boire tranquillement un jus de fruit, le soir, dans une petite salle remplie de pouffes en osier et de tapis, dans laquelle on est sommé de se déplacer en chaussettes.

20.04.2008 - Youth Hostel Celica - Ljubljana

2008/05/26

200 danseurs de swing sur la Place de Ljubljana

- He, guys, do you believe in Jesus ?

Au milieu de la place pavé, un homme parle dans un micro. Il porte un béret noir, un T-shirt sans manche, les deux bras tatoués de l’épaule au poignet. Il est tourné vers la façade rose aux colonnes blanches, le dos vers le fleuve et les trois ponts.

- Si vous croyez, venez nous aider. Venez, venez, nous avons déjà reçu l’aide de l’équipe polonaise. Nous avons encore besoin de vingt personnes pour parvenir à deux cents danseurs, pour faire l’histoire !

Dans l’alignement de la rue qui débute sur la droite de la façade rose, une douzaine de jeunes rigolent dans leur survêtement jaune et leurs pantalons bleus, certains tournant des appareils photo vers le centre de la place.

- Allez, c’est reparti pour un nouveau tour danse !

Une musique surgit des haut-parleurs installés autour de la place, au début d’un des trois ponts, au pied de la statue aux personnages vert sombre. Quelques notes de cuivre, martèlements jazzy, une petite volée de piano légère, et tout autour de la place, des danseurs suivent les mêmes gestes bondissants.

La jambe droite décrit un cercle latéral, venant frapper la pointe du pied gauche, puis la gauche se lance en cercle vers l’arrière, la pointe vers le talon droit, puis les pieds se déplacent latéralement, jambes écartées un temps, puis rapprochées aussitôt, croisées, la gauche passant derrière. Puis les danseurs pivotent sur place, une jambe fixe, axe de rotation, et l’autre marquant la révolution, ils tournent dans un sens agitant une main, puis dans l’autre sens avec l’autre main. Les danseurs tournent le dos et avancent de quelques pas, s’éloignant les uns des autres, puis regardent à nouveau vers le centre de la place, pliés en avant, les hommes agitant les bras devant leurs genoux et les femmes levant les jambes vers l’arrière, puis tous se redressent, lèvent le genou jusqu’à hauteur du ventre pour le frapper des deux mains, une jambe, puis l’autre, puis l’autre. Ils se tournent de profil, ils reculent la jambe. Ils s’arrêtent une seconde, puis repartent. Se penchent vers l’avant, posent une main au sol, deux fois de suite.
Les danseurs forment un large cercle sur les bords de la place, le centre n’accueille qu’une demi-douzainee de personnes. Grande place pavée où danse ce large cercle entre les trois ponts, les statues de dragon, les façades à colonnes et la statue excentrée, un homme en costume avec la main sur le ventre et une femme drapée, assise en amazone sur une pierre. Cercle formé de femmes à robes noires et longues, aux cheveux tenus par un ruban, de très jeunes filles en pantalons et en talon, d’hommes en jeans et T-shirts, d’étudiants avec sacs en bandoulières, des adolescents en survêtements jaunes, et tous portent un collier de tissu rouge, auquel est fixé un rectangle blanc avec un numéro.

Autour du cercle, des gens observent immobiles, des couples se tenant par le cou en souriant. Une femme avec une veste léopard tient un micro bleu, debout à côté d’une caméra sur trépied.
La musique s’éteint.
- C’est bon, nous allons pouvoir tenter le record. Le record du monde du plus grand swing de groupe. Mais, je dois préciser que, pour que le record soit homologué, il nous faut réaliser deux tours de danse à la suite. Alors restez concentrés quand la musique s’arrêtera la première fois. Vous êtes prêts ?

Une femme danse entre deux enfants. A gauche, garçon de 8 ans avec manteau en cuir noir, tournant la tête, mimant les pas, tournant et se frappant les cuisses. A droite, garçon hilare de 5 ans, tripotant le collier de tissus, ils regardent la place et ses voisins et il rit, immobile. La femme lui prend les mains, agitent les bras, meneuse avec son cavalier, puis le prend dans ses bras, reproduisant parfaitement les pas à deux.

La musique s’éteint, le même air reprend. Puis la musique s’éteint de nouveau, et les gens crient. L’homme tatoué au béret a repris le micro.

- Merci à tous. Merci infiniment. Je suis très fier d’avoir pu atteindre ce record ici, à Ljubljana, où, je vous le rappelle, le swing a débuté, juste après la guerre. Le swing est donc revenu à la maison. C’est beau, ça lance parfaitement ce championnat de swing. Merci, merci à tous, merci aux organisateurs, merci à Bob, qui a donné les leçons de swing durant tout l’après-midi. On ne pouvait pas imaginer que cela allait se finir ainsi, mais il n’a pas baissé les bras, il vous a guidé toute l’après-midi. Merci, merci.

Un homme avec sweat-shirt à capuche s’approche du tatoué, les yeux brillants. Ils se serrent dans les bras.




Centrer

26.04.2008 18h30 - Presernov Trg - Ljubljana