2009/06/05
2009/03/23
Soirée DVD et repas dans des assiettes en plastique
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Robin LE WILLIAM-NORTH
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Libellés : .ce que je mange, never ending student, Paris, party
2008/12/02
Dessert au riz et carambar pour une soirée DVD
Des bonbons, de la charcuteries, des quiches et quelques bouteilles, voici une belle soirée DVD de week-end entre amis, légère, insouciante et spectaculaire. Spectaculaire grâce à un dessert peu commun, doux comme un bonbon à l'ancienne et follement sucré, une friandise déséquilibrée et tentatrice : mélange de riz zoufflé au caramel, de carambar et de marshmallow, et c'est encore plus difficile à extraire du plat qu'à imaginer.
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Libellés : .ce que je mange, party
2008/06/26
Un grand bol de cocktail pour quatre, avec de très longues pailles
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Libellés : .ce que je bois, .ce que je mange, 2008.05 Allemagne, Düsseldorf, never ending student, party
2008/06/24
Et 3 fois 0,5 qui font 11,5L
Un petit paquet fin, certainement un disque, et, horreur, un carton rempli de bouteille. Une magnifique idée, m'offrir une demi-douzaine de bières, provenant des quatre coins de l'Allemagne.
Une magnifique idée qui m'horrifie aussitôt. L'objectif principal de cette fête était de boire quelques unes des bières traînant dans mon appartement, quantité de König Pillsner et de Beck's entassées dans un grand casier à l'allemande. Une vingtaine de bouteilles environ, soit une dizaine de litres, nous ne pouvions pas en venir à bout en une semaine, mon colocataire et moi. Mais voici déjà des renforts aux troupes que nous souhaitions décimer.
Ainsi, le bilan de la soirée est simple et terrible. Comme toutes mes tentatives précédentes à Duisburg, la soirée n'a drainé aucune foule, avec seulement trois camarades présents. Heureusement qu'il y avait un couple. Etant quatre, nous avons bu 4 bouteilles. Avec les 6 reçus en cadeau, cela fait donc un gain brut de 2 bouteilles.
Et la mésaventure se répétera lundi soir, quand un ami viendra chargé de 3 bouteilles neuves. Deux bouteilles bues ce lundi, le bilan est nouveau tristement positif.
Me voici donc en possession de plus de 11L de bière, avec à peine 4 soirées d'ici mon retour en France samedi matin. Espérons que mes prochaines invitations seront plus efficaces que les précédentes : "INTERDICTION DE VENIR AVEC DE LA BOISSON"
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Libellés : .ce que je bois, .ce que je mange, 2008.05 Allemagne, Duisburg, never ending student, party
2008/04/14
Barbecue pour une fête allemande
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Libellés : .ce que je mange, .portfolio, 2008.03 Allemagne, Duisburg, never ending student, party
2008/04/05
Deichkind à la Kulturfabrik de Krefeld, peu de musique mais tellement d'énergie partagée
- Je pense que c'est le meilleur concert que j'ai entendu de toute ma vie.
Trois bouteilles de Beck sur une table près de l'entrée du djäzz, il est 23h30, et un de mes camarades allemands dort debout. Un vague groupe de rock joue dans cette petite boîte de Duisburg, trio guitare - basse - batterie, et l'ensemble manque d'envergure. Le chant trop fort navigue sur une ligne de basse à une corde et un batteur qui adore frapper ses cymbales sans arrêt. Qui'importe, nous sommes ici pour déguster une dernière bière, un after sans prétention pour laisser sécher un peu plus la sueur qui a inondé le dos de notre T-shirt.
Le chanteur tente une blague sur une ancienne petite amie française, qui fait sourire les six personnes enthousiastes du public, et au travers des couches de cette ambiance clair obscur, j'observe de loin une mignonne adolescente qui se déchaîne, ravie, sur cette musique médiocre et sans vraie énergie.
Moins de deux heures plus tôt, de semblables adolescentes bondissaient euphoriques au milieu du public dans lequel je me noyais avec délice. Un incessant pogo à la violence contenue, tous ces adolescents bondissants sur place et rebondissant les uns sur les autres, sans jamais atteindre un degré d'agressivité déplacé. Tout simplement un énorme chahut partagé jusque dans la collision des corps, l'instabilité des appuis, les glissades et les quelques chutes, toujours entourées avec prudence, afin d'éviter les écrasements. Une folie sans limite apparente et dont le niveau d'engagement est intense et éprouvant, mais qui s'est toujours faire une pause quand une borne ou deux ont été dépassées.
Mais, même si l'agressivité n'atteint pas la violence extrême d'un concert de métal, avec cuir, pique et maquillage gothique, ce concert de Deichkind reste une expérience musicale rare et sportive, bien éloignée des quelques concerts acoustiques que j'ai pu fréquenter l'an passé sur Paris. Voici le hip-hop allemand dans son versant électronique, auquel adhère une vaste foule enthousiaste, et particulièrement jeune. Toute une batterie d'adolescents à casquette et polos à rayures horizontales, d'adolescentes à T-shirt ou débardeur, de jeunes aux bandeaux fluos tricotés au point de croix, et la moyenne d'age ne doit pas beaucoup dépasser les 21 ou 22 ans. Me voici à nouveau parmi les plus agés, et cette fois-ci de loin, sans que j'aperçoive quelques amateurs adultes pour me rassurer, comme au précédent concerts de Justice ou Hot Chip.
Je suis un des doyens, et me voici redécouvrant les joies du pogo et des sauts en tout sens sans regarder la scène, me frottant à des jeunes filles apparemment bien plus à l'aise que moi, bousculé par de grands types baraqués portant des verres de bières consignés. Je me surprends à surnager et apprécier ce défoulement partagé, jusqu'à ce que mon lacet commence à se desserrer doucement, jusqu'à ce qu'un coude percute mes lunettes et les envoie voler à terre, perdues dans l'ombre du dance floor poisseux.
Après cette accès d'émotion, je me réfugie derrière un pilier, sur le côté gauche. Trois adorables allemands m'ont été à retrouver mes lunettes, la branche droite juste légèrement tordues, et encore, mais je ne sens pas d'humeur à plonger à nouveau dans l'embrasement festif du public. Et ainsi, je peux observer un peu plus les quatre MC de Deichkind, cet étonnant groupe difficile à qualifier.
Car aucun DJ ne les accompagne, la musique sort d'on ne sait où, et les quatres rapeurs se démènent armés de micros sans aucun instrument. Du show pur, une sorte de grande soirée disco sur laquelle flotte les paroles hurlées par ces gugus déguisés, essentiellement munis de leur énergie débordante. La première partie avait, d'une certaine manière, parfaitement planté le décor, avec plus de trente minutes de vidéos comiques faites à la main défilant sur écran sans aucun groupe, un enchaînement de striker courant nus sur des terrains de football, de courses de caddies et autres délicatesse saturant le réseau de youtube et dailymotion. Surprenant, mais la suite allait garder la même note, avec l'entrée sur scène des quatres artistes, le corps enveloppé dans des sacs poubelles avec des bandes fluo, le visage caché sous des pyramides triangulaires. Est-ce encore un concert ?
Ils vont parcourir la scène, se pousser les uns les autres, lancer un bateau gonflable dans la foule avant de s'amuser avec un grand château en caoutchouc de gosses, de jouer de la basse en sautant sur un trampoline, d'actionner une corne de brume fixé à une tête de mort vaudou de carnaval. Le fond sonore est un mix efficace de basses et sonorités électronique, sans grande subtilité, mais il remplit parfaitement sa fonction de musique festive capable de déclencher les bondissements et les applaudissements du jeune public.
Le manque de profondeur musical de l'ensemble éclatera d'ailleurs au moment du rappel, atteint après à peine 45 minutes de concert : la musique qui sort des énormes enceintes devient soudain étrangement familière, puisque, coup sur coup, surgissent un morceau de Beni Benassi, puis Rocker d'Alter Ego, diffusés en version originale. Peut-être était-ce déjà le cas d'une partie des titres joués précédemment ?
Et le concert se conclue par un nouveau Yippie Yippie Yeah, joué pour la deuxième fois de la soirée. Une heure de concert environ et un jeu de scène similaire à celui du précédent concert auquel avaient assisté mes camarades, mais aucune déception sur leur visage ruisselant de sueur. Deichkind, on ne va pas tellement les voir pour la finesse ou l'originalité musicale, pour l'intensité euphorique qu'ils déclenche, comme une énorme soirée dans un club dément, concentrée en une soixantaine de minutes.
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Libellés : .concert, .musique, 2008.03 Allemagne, party
2008/03/12
Hot Chip joue sa musique disco pour mp3 au Gloria de Köln
Laid back
We'll give you laid back
Tu parles !
Les stroboscopes éclatent à haute dose, doublés de projecteurs bleus s'agitant en tout sens, la tenture en fond de scène change de couleur sans fin, vaste halot à la brillance extrême, devant lequel se dessinent, parfois, des silhouettes d'ombres, ondulantes, entre deux lumières surpuissantes tournées vers la foule. Les grappes de boules à facettes tournent et dansent, et le public bondit comme jamais, hurlant, cette grande blonde possédée du haut de son mètre quatre vingt dix, c'est l'embrassement sur cette version agressive d'"Over and Over". Laid back, un tel déchaînement ?
Force est de constater qu'il ne reste plus grand chose du Hot Chip de l'album Comin on strong, entendu il y a deux ou trois ans. Les mignonnes balades aux doux synthés sont maintenant étouffées et violentées, mais s'il osent peut-être toujours des rimes délicieusement amusantes comme "Riding in my Peugeot / Listening to Yo La Tengo", qu'importe ? Qui écoute encore les paroles de cette voix envoutante, puisque tout le monde danse sur les rythmiques assourdissantes et saturées ?
Les premiers instants du concert de ce mardi à Köln ont explosé en tout sens, faisant trembler les murs du Gloria, soufflant de leur puissance l'agacement du public. Quelques secondes auparavant, on regrettait encore le retard pris, cette attente surprenante d'avant-concert avec les ingénieurs du son testant encore et encore les mêmes instruments. On pestait contre ces artistes ultra-hype, soudain propulsé groupe le plus bloggé de la planète, et qui prennent la grosse tête. Mais la déflagration a fait reculer tout le monde et tout s'est effacé : processus ne mettant en jeu aucune analyse, simplement une injonction à danser intensément sur cette musique très forte.
Ce volume énorme, ces sons de vieux synthétiseur hurlant, saturés avec une violence surprenante, cette énergie rock s'est avérée aussitôt fascinante pour les vingt ans de la foule. Une nouvelle preuve des mélanges entre rock et musique dance, dans une direction surprenante, introduire le défoulement d'un concert rock dans un petit monde d'électronique et de boîtes à rythme. C'est le chemin inverse de Justice ou Daft Punk, qui utilisent des guitares et des sons saturés pour nourrir leur musique électronique : les Hot Chip n'utilisent que sporadiquement une guitare, mais leur assemblage synthétique se déchaine comme les plus lourds concerts punk. Au pays de Kraftwerk et des robots-mannequins impassibles devant leur clavier, Hot Chip glisse un peu de sueur entre les composants électroniques, ondule très doucement devant les clavier mais avec un grand sourire aux lèvres, et le résultat fait mouche, irrépressiblement entraînant.
Surtout, l'entraînement est particulièrement souriant, l'énergie du rock mais rayonnante, une énergie dont la violence se canalise vers un amusement commun, sans aucune tentation de pogo et de foule heurtée. Il faut dire que l'aspect des musiciens rend la scène présentée encore plus originale, une musique synthétique tournée en défouloir rock par une bande de binoclards au look magnifiquement nerd. Le plus élégant porte une vague veste sombre et une écharpe bordeaux, le moins originale affiche T-shirt et barbe de trois jours, une sorte de Thom Yorke en moins intense, et puis, pas vraiment angoissé. L'idée d'une musique jouée par des outsiders est vieille comme le rock, mais les trois membres en repoussent les limites modernes : le responsable de la boîte à rythme affiche des lunettes anti-myopie de plusieurs centimètres d'épaisseurs, un gros type bouclé plie son T-shirt vert pomme en jouant penché vers l'avant, les épaules molles, sans jamais remonter le micro manifestement trop bas. Gage de profondeur pour sa voix égale, assurément. Mais surtout, comment pourrait-on imaginer un tel leader, lui, un frontman, un homme de devant aussi petit et mal agencé ? Il porte une mèche grasse, des lunettes de prof de maths des années 70, un T-shirt blanc révélant ses biceps mous, à l'unisson de sa voix de distanciée et presque traînante.
Hot Chipp, voici le groupe du XXIème siècle, où tout le monde, n'importe qui, peut monter un groupe pour jouer la musique qui l'amuse. Bip-bip saturés mais kitch, énergie débordante mais à lunettes, idéalement à sa place dans ce Gloria de Köln, aux murs couverts de moquette rouges, où des grappes de boules à facettes pendent un peu partout entre des tuyaux métalliques parfaitement astiqués.
Mais Hot Chip, c'est plus qu'un groupe de la génération Youtube et de la vidéo de tous pour tous, c'est une musique de drogués du lecteur mp3 et de la fonction "lecture aléatoire". Ils jouent fort, mais adorent par dessus tout bousculer leurs refrains accrocheurs, créer de petites ruptures, taper sur un tambour, se taire quatre secondes, puis déverser une techno presque pure. Notre ami bouclé et enrobé glisse un refrain rap puis des paroles aux accents dancehall, la rythmique se rappelle soudain du big beat, les balades évoquent plus le R'nB que les classiques pop, même leurs anciens titres semblent joués sous forme de remix "club". Une musique de bouts épars, de coups de coeurs, de "oh, j'aime bien le dernier... je l'entends tout le temps à la radio, si on tentait quelque chose dans le genre" ! Hot Chip a glissé son lecteur mp3 dans la sono du Gloria pour le faire écouter à ses potes, ils ont monté le son à fond, et ont commencé par les tubes, pour agripper les public dès le début.
Un déroulé de titres surprenant, souvent imprévisible, et parfois, j'aurais voulu échanger l'ordre, garder cette nappe profonde et électronique pour la conclusion. Mais les trois titres du rappel, doux et magnifiques dans leurs échos de danse qui s'endort, montrent que Hot Chip maîtrise son sujet. Look et paroles pleins d'humour, sens du tube immédiat et de la musique jouée très fort, mais, tout simplement, une joli et moderne palette musicale.
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Libellés : .concert, .musique, 2008.03 Allemagne, Köln, party
2008/02/23
A Köln, Justice m'a fait goûter à la pop et au Gross National Cool
La foule danse, les mains en l'air dans les lumières bleues et les éclats stroboscopiques, et les danseurs sourient en ondulant à l'étage, cette fille en collant brillant et T-shirt fluo comme posée sur la poutrelle métallique qui soutient la plate-forme.
Installée dans un ancien hangar en brique, avec large treuil par-dessus la piste de danse, voici la Diskothek E-Werk de Köln, et je me surprends avec des visions de l'Hacienda de Manchester, aperçue dans le film "24 hours Party People". Un cadre similairement industriel pour une même atmosphère de danse naïve et réjouie, et pourtant, ce vendredi, les DJs ne sont certainement pas aussi doués que les pionniers électroniques des années 80.
Le DJ de première partie a tranquillement enchaîné les tubes récents, tout sourire et bouche grande ouverte, avec une technique sûre mais sans aucun génie : à chaque fin de morceau, ce fameux ralentissement, cette baisse de rythme pour faire hurler la foule, et relancer ensuite le nouveau titre. Pas vraiment ce qu'on peut appeler un génie du mix, ni dans sa technique ni dans le choix des titres. LCD Soundsystem, LFO, M.I.A., Daft Punk, Bloc Party, cela m'a fait songé à l'expression du NME pour décrire la musique des Chemical Brothers. "Student techno" : une techno moins vulgaire que la dance commerciale des FM grand public, mais moins pointue que les avant-gardes du genre, les minimalistes, les chapelles précises. De la musique électronique efficace avec un peu de classe, pour faire danser les étudiants dans leurs soirées hebdomadaires.
Et Justice assume totalement ce classement dans la "techno pour fans de rock", offrant un plaisir hédoniste entre deux concerts à guitares, mais sans perdre la foule dans des sonorités trop dépaysantes. Les premières minutes du concert ont d'ailleurs été un peu inquiétantes : dix minutes d'attentes après le DJ de la première partie, pas malin pour maintenir l'ambiance qui s'était créée, puis les deux premiers morceaux joués presque à l'identique des versions album... Saturation du son, trompettes de péplum, basse lourde, l'efficacité est là, mais on reste loin de la classe du "Alive 2007" des Daft Punk, dans lequel ils mélangeaient allègrement leurs tubes dans tous les sens.
Cependant, peu à peu, le duo à la croix lâche la bride, et réutilise quelques recettes des deux robots, jetant un bout de "We are your friends" par-ci, une ligne de basse par-là, bousculant un peu les titres enregistrés. Ou, pour être précis, saturant un peu plus le son : pour Justice, la musique se délivre en concert dans l'excès, comme ces vieux groupes de hard rock poussant le volume plus fort dans les stades, pour le plaisir de voir se lever les poings et les gobelets de bière. Mais la foule est-elle ici pour autre chose ?
Et voici la vraie force des Justice, leur sens de la pop et de l'attitude associée. Leur originalité musicale n'est pas fantastique, mais se trouve intégrée dans l'histoire des musiques populaires et euphoriques, immédiates. On entend des guitares hard rock, un passage fait penser à des rythmes big beat des années 90, un peu de house maladroite glisse parfois, un passage hypnotique avec stroboscope évoque des songes une rave party. Une fois enrobé dans une magnifique présentation, l'efficacité musicale devient assez fascinante.Il faut bien l'avouer, cet emballage pop se déploie dans un assemblage réussi, un joli sens du détail dans le décor, presque un geste artistique de pop-art. Leur hypothèse, et c'est peu contestable : le visuel est une clé essentielle pour la réussite pop en musique, et les bonnes idées ne manquent pas ici. La croix lumineuse, brillant en rythme d'une blancheur immaculée. Les platines et les tables de mixage posées verticalement, boutons vers la foule. Les quatre gyrophares. Et surtout, les deux murs d'ampli Marshall, neuf de chaque côté, magnifique trouvaille, jamais le rock basique n'avait été autant exhibé dans un concert électronique. Justice, c'est du lourd, c'est du rock, et c'est tout son mauvais goût qu'on adore assumer avec humour, ce plaisir de brandir le poing avec les doigts en cornes de diable, juste pour jouer au rebelle et donner plus de charme à la sortie du week-end, avant le poulet frites du dimanche en famille.
Alors, non, je n'ai pas changé d'avis sur l'album de Justice et ses faiblesses, mais je plonge avec ravissement dans ce concert, ces bousculades de jeunes portant leur bière, ces gamins avec casquette Run DMC ou jogging fluo, cette femme de 45 ans avec un bustier léopard à côté d'un jeune portant un T-shirt Daft Punk sous sa veste rayée. Le plaisir pop, ce n'est pas que de la musique, c'est participer à une ambiance, s'habiller pour l'occasion avec une chemise blanche sur un T-shirt sombre, et sourire largement en sentant la sueur couler dans son dos.
Et ce vendredi, plus étrangement, j'ai resssenti un peu de fierté française quand la foule hurlait son plaisir. La jeunesse allemande reprend à pleins poumons "We are your friends", et ma fascination se teinte de cette réflexion : les membres de Justice sont français. "Bien sûr qu'ils sont français", m'a dit ma voisine, "leur musique sonne tellement française". La voilà, la culture française à l'étranger aujourd'hui, ces membres de notre Gross National Cool, le Produit National Cool inventé par le Japon pour quantifier les exportations de jeux vidéos et de dessins animés. Penser en terme de nationalité, voici une réaction certainement naïve dans la culture globalisée actuelle, mais j'étais ravi et fier de cette enthousiasme explosant aux premières notes de Daft Punk et de Justice, faisant bondir la foule.
Admirer des murs d'ampli, sauter sur d'abominables sons sur-saturés, se perdre dans des réactions critiques argumentées économiquement, tous ces plaisirs instantanés et fugaces construisent un joli concert. Plonger dans plus de deux heures d'amusement, et s'émerveiller de le voir partager par tant d'invidus. Sur l'estrade à mes côtés, tenant la main d'une amie, une adolescente blonde en chaise roulante a dansé sans faire une pause toute la soirée.
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2008/02/16
L'espagnol et le football (et les filles), langues universelles des sorties entre potes
- Je ne suis pas un énorme passionné de foot. Pas un dingue prêt à suivre tous les matchs. Mais bon, quand j'étais au Chili, je regardais en gros un match par semaine. Championnat chilien, c'est toujours sympa de suivre son équipe. Même si le championnat chilien n'est pas très disputé, il n'y a que deux ou trois grosses équipes, et le championnat se joue toujours entre elles.
La salade de mon nouvel ami chilien disparaît plus lentement que la mienne, son espérance de vie allongée par toutes ces considérations footballistiques. Je me force donc à savourer plus doucement mon ensalata "El Caballero", agréable assemblage de poulet, champignons et salade, relevée par une sauce Chili légèrement caramélisée. Ce restaurant espagnol de Düsseldorf est idéal pour lancer un joyeux vendredi soir, et le cadre enrobe idéalement le mélange des trois langues qui flottent au-dessus de la table, l'anglais utilitaire, les jaillissements d'espagnol, et le foot, en jolie quantité.
Le foot, un parfait sujet pour lancer des discussions simples en toute langue, une culture parfaitement répandue, qui ne nécessite pas de grand passé commun pour créer une complicité. Près des bancs moteurs de l'université de Duisburg, l'anglais léger du technicien ne l'empêche pas d'évoquer la Bundesliga avec moi, sujet évident au vu des nombreuses photos de Schalke 04 affichées dans son bureau. Et, de même, j'apprends peu à peu certaines caractéristiques du football bosniaque grâce à mon collègue de bureau. Un championnat bosniaque dont l'issue se joue là aussi entre les deux ou trois équipes à gros budgets, anciennement présentes dans le championnat de Yougoslavie. Tiens, j'aurais pu en parler à mon camarade chilien.
Mais la discussion a glissé vers la Ligue des Champions, forcément, les 1/8èmes de finale commencent la semaine prochaine. Nous sommes maintenant dans un bar cubain, et entre deux gorgées de rhum brun, il m'a récité l'intégralité du tableau, à peine dérangé par le volume impressionnant auquel sont diffusées les chansons de regueton.
- Je pense que c'est l'année d'Arsenal, je pense qu'ils battront le Milan. Ils sont sur une pente descendante, Milan, si tu additionnes l'age de leurs défenseurs, tu dois atteindre au moins 120 ans. Comment pourront-ils tenir face à l'énergie des jeunes d'Arsenal ? Ils jouent vraiment fantastiquement, avec un dynamisme impressionnant. Leur entraîneur fait un superbe boulot ? Pourquoi n'a-t-il pas été choisi comme sélectionneur de l'Equipe de France ?
Ah, l'équipe de France. Un aspect moins franco-français qu'on ne pourrait le penser, grâce aux bons résultats de l'équipe, et surtout, grâce à l'impact de la finale de la Coupe du Monde 2006. Il y a toujours une étanger fierté à attendre les louanges internationales, le fait que la France a superbement joué en deuxième mi-temps. Et, bien entendu, arrive aussitôt la question du coup de tête, sujet inévitable de toute discussion foot de la fin des années 2000, et les passions et les questions d'honneur s'invitent à la fête. Bien entendu, il n'aurait pas dû, mais voilà, d'un autre côté, il est impardonnables d'associer des injures avec certaines choses (Certaines Choses, Capital Cs), en particulier la famille. C'est impardonnable, des mots sur sa soeur.
La France n'est donc pas le seul pays à s'enflammer pour son équipe nationale, pas plus qu'elle n'est le seul pays à posséder autant de sélectionneurs que d'habitants. Durant la récente Coupe d'Afrique des Nations, l'élimination du Maroc a vite libéré les commentaires amers d'un collègue de l'université... Nous saurons bien vite s'il en va de même en Amérique du Sud, au fur et à mesure du parcours du Chili dans les éliminatoirs de la Coupe du Monde 2010. Mais y a-t-il beaucoup de suspens autour de cette question ?
Le football coule donc partout, et les particularismes régionaux ne sont finalement pas très prononcés. Exemple d'une culture parfaitement globalisée, et le football jaillit parfois de manière suprenante. La soirée a avancé, nous dansons maintenant au Papagayo sur de la house de 5 ou 6 ans d'age. A partir d'un certain moment, il faut savoir mettre de côté les discussions pointues, danser réchauffés par une tequila, et juste échanger de temps à autres quelques mots, soufflés par le contexte. Ces allemandes de 20 ans à la danse souple et peu expansive, ces allemandes profondément féministes, magnifiques, mais bien plus friandes d'organisation que les fantasques sudaméricianes, les emplois du temps et les rendez-vous minutés contre les élans explosifs et intuitifs. Ces allemandes épanouies, mais d'une certaine manière, toutes timides. Une culture de la timidité en allemagne, la pudeur et la retenue, aussi bien pour les filles que pour les garçons, d'ailleurs.
A ce moment, un allemand s'approche, et se fait prendre en photo avec moi, ravi. Son oeil a été attiré par l'écharpe que j'ai gardée autour du cou, dans l'élan de l'ivresse tequilesque. De quel club, cette écharpe ? Lens ? Oh oui, je vois très bien, pas de problème.
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Libellés : 2008.01 Allemagne, Düsseldorf, hispanohablante, party, sport, voyages
2008/01/01
Repas du réveillon
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Libellés : .ce que je mange, .photos, 2007.12 Noël, Noël, party
2007/12/30
Dîner de fin d'année
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Libellés : .ce que je mange, .portfolio, 2007.12 Noël, Noël, party
2007/12/26
Dessert de Noël
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Libellés : .ce que je mange, .photos, 2007.12 Noël, Noël, party
2007/12/23
n°8 - Des DJs en couple et l'euphorie ne retombe pas
N°8
Le garçon passe le relais à la fille, rotation continue en haut d'une plate-forme qui monte et descend en haut au bout d'une grue, et parfois, des jets de flammes jaillissent verticaux. La longue avenue débouche sur la place de la Bastille, sur une scène mollement pop rock au bout, et pourtant surchargée pour la Fête de la Musique. Mais les groupes n'existent plus au pied de cette grue entre les arbres, juste le couple Scratch Massive qui distribue les sonorités électroniques les plus récentes, et la foule danse avec enthousiasme, fournie sans être surchargée. Une danse d'oubli, de sourire partagé et sans hésitation, et le couple sur la plate-forme rayonne lui aussi face à cette fête où tous crient et lèvent le poing dans les instants les plus euphoriques.
Se glisser ravi dans cette ambiance hédoniste, moderne, certainement convenue, mais bien agréable.
Et plus agréable encore face à la grand scène d'un festival comme Rock en Seine, où la foule se fait plus dense, où les oscillations de la danse se diffusent avec une amplitude fascinante, où l'emportement électronique conquiert peu à peu le public aux racines rock, guitare et chant. Voici les 2manydjs en duo magique au coeur de la nuit qui descend doucement, tripatouillant sans cesse leurs boutons en parallèle, et l'ivresse se fait irrésistible dès les premières mesures de YMCA, reprises en boucle pendant trois minutes de quelques notes inachevées, excitantes, frustrantes et ébouriffantes, et le parc de St Cloud ondule sans fin, un rêve festif partagé à tellement.
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Libellés : .concert, .liste, .musique, 2007, 2007.12 Avent en musique, party