2008/01/23

Quelques précisions sur le Fortuna Düsseldorf, la LTU Arena...

J'apprécie beaucoup de goûter à certaines expériences sans connaissance préalable, plonger dans des visites sans longue lecture de guides, découvrir et combler les vides d'explications largement imaginées. Un journalisme de carnet de voyage et de récit subjectif. Du blog certes renseigné, mais à l'amateurisme revendiqué.

Je me rêve un peu en gonzo soft, mais il me reste de la marge.

Mais parfois, il peut aussi être bon d'effectuer quelques recherches, particulièrement sur des sujets peut-être moins connus des lecteurs français. Comme les clubs de football allemand qui ne participent pas à la Coupe d'Europe. Après les compte-rendus de la Winter Cup de Düsseldorf, il me semble donc intéressant d'apporter quelques compléments d'information, concernant le Fortuna Düsseldorf ou le LTU Arena.

Le Fortuna Düsseldorf a été créé en 1895, à la manière de nombreux clubs allemands ayant vu le jour au tournant du XXème siècle. Son histoire ne semble pas des plus reluisantes, essentiellement marquée par quelques victoires en Coupe d'Allemagne dans les années 70. Son heure de gloire tient certainement à la finale de la Coupe des Coupes 1979, perdu 4 à 3 après prolongation contre le FC Barcelone lui-même. La fin des années 70 a plutôt été dominée par les clubs anglais sur la scène européenne, mais les clubs allemands constituaient alors de beau challengers, parfois surprenants vu depuis notre époque : qui se souvient que le Borussia Mönchengladbach était en finale de la Coupe des Champions en 77, de même que Hambourg en 1980 ?

Mais le Fortuna n'a pas connu le même bonheur qu'Hambourg, défait en 1980, mais champion d'Europe en 1983. Le Fortuna Düsseldorf semble faire partie de ces clubs effectuant l'ascenseur avec la deuxième division de manière régulière, et ce jusqu'au milieu des années 90. Ils ont quitté la Bundesliga en 1997, plongeant jusqu'à la quatrième division en 2002 pour raisons financières.

Le club est maintenant un membre régulier de la poule Nord de la Regionalliga, le troisième niveau du championnat allemand. Le club a effectué cette année un début de saison tonitruant, avec 6 victoires et 2 nuls. Bientôt la remontée en 2. Liga ? Hélas, la suite n'a pas été aussi belle, avec 3 victoires, 3 nuls et 5 défaites. Le club se trouve pour l'instant à une solide 6ème place, à 2 points de la 2ème place, mais il va falloir batailler.

J'en profite pour faire une petite parenthèse sur le football allemand. La Bundesliga, 1ère division professionnelle, n'a été créée qu'en 1963, la majorité des clubs allemands ayant été démantelés en 1945. Jusqu'en 1962, le football en Allemagne de l'Ouest était organisé selon 5 championnats régionaux. Le premier vainqueur de cette Bundesliga fut le FC Köln, devant le Meidericher SV, futur MSV Duisburg. Je me trouve bien dans une région de forte densité footballistique !

Les niveaux inférieurs à la Bundesliga se sont organisés de manière régionale. Jusqu'à la création d'une 2ème division professionnelle en 1974, ce sont ainsi cinq championnats régionaux qui formeront le deuxième niveau du football allemand, ces Regionalliga. En 1974, la 2. Liga était séparée en deux poules, un peu comme la 2ème division en France, puis fut unifiée en poule unique dans les années 90. Les Regionaliga forment alors le troisième niveau du football allemand, tout d'abord au nombre de 5, puis de 2 à partir de 2000. La présente saison 2007-8 est importante, puisqu'elle doit conduire à la création d'une 3ème division en poule unique, sur l'exemple du National français. Le Fortuna Düsseldorf doit donc regarder également derrière lui, pour ne pas rater la marche de cette future 3. Liga...

Il est tout de même assez fascinant de constater qu'un club de 3ème division dispose d'un si beau stade. Car la LTU Arena comporte bien 51.000 places ! J'ai un peu évoqué la question avec un collègue, et il m'a raconté l'histoire de ce stade. Düsseldorf voulait accueillir des matchs de la Coupe du Monde 2006, et s'est donc muni d'un stade flambant neuf en 2002 : pour cela, l'ancien stade a été rasé, alors qu'il n'avait même pas 30 ans. Mais ce n'a pas été vraiment un problème, m'a dit mon collègue, car Düsseldorf est une ville particulièrement riche, et les sponsors n'ont pas dû manqué, comme la compagnie LTU. Ce stade est l'un des plus récents et des plus modernes d'Allemagne, il est donc normal que j'ai été particulièrement impressionné !

Mais la ville n'en a pas été retenu pour autant pour la Coupe du Monde 2006...

Un superbe stade sans Coupe du Monde, sans grand club, donc, à part semble-t-il les matchs de football américains et leurs 25.000 spectateurs de moyenne. Et surtout, toute une ribambelle de stars internationales de la musique, les allemands étant friands de concerts.

C'est donc bien un stade moderne : né bien entendu de la profonde passion allemande pour le football, mais fonctionnant comme cadre de manifestations de tout type. Et le groupe Die Toten Hosen peut constituer un lien symbolique entre ces deux aspects. Gros groupe punk de langue allemande, natif de Düsseldorf, ils ont bien entendu joué au LTU Arena. Mais ils sont surtout des supporters passionnés du Fortuna Düsseldorf, et ont financé le club lors de sa relégation au début des années 2000. Dans les tribunes, on peut toujours voir des maillots du club datant de 2001 ou 2002, sans sponsor si ce n'est un logo de tête de mort sur une étoile, un des emblêmes des Toten Hosen...

2008/01/22

Winter Cup in LTU Arena Düsseldorf: supporters!

La Winter Cup de Düsseldorf a été plaisante au niveau du football proposé, et surtout, de mon point de vue, très agréable pour l'ambiance qui a régné dans les tribunes. Ambiance liée bien entendu à l'engouement des supporters allemands, particulièrement enthousiastes. Ce fut le cas lors des différents but marqués, bien sûr, mais tient beaucoup également à leur passion pour le ballon rond. Des supporters nombreux et portant haut leurs couleurs, symbolisés par les deux kops du Fortuna Düsseldorf et du BVB Dortmund. Les maillots jaunes du BVB ont accompagné mon trajet en train depuis Duisburg, mais la passion s'affichait dans l'ensemble du public, tout simplement. Dix-sept milles spectateurs pour un tournoi amical, c'est beau, et le nombre de maillots du Fortuna présents dans les tribunes est impressionnant pour un club de 3ème division seulement. Cela fait écho à la ferveur autour de l'Alemannia Aachen, dont m'avait parlé un ami étudiant là-bas : club très suivi même en deuxième division !

Aux meilleurs moments, ce fut donc un festival de drapeaux agités, de chants hurlés à gorge déployée la bière brandie, des cris "Fortuna" auxquels répondaient immédiatement une foule de cris "DUSSELDORF". Le but victorieux du Fortuna, dans les deux dernières minutes de la finale, a déchaîné un enthousiasme rendant nécessaire des tentatives vidéo...




A mes yeux, le charme de ces tribunes s'est trouvé renforcé par la découverte des habitudes allemandes dans les stades, et par cette expression, je veux bien entendu évoquer la boisson et la nourriture consommées. La bière coule ainsi à flot, qui en aurait douté, à part le petit français qui fréquent des stades où l'alcool est interdite. Mais en Allemagne, la bière, ce n'est pas vraiment de l'alcool, non ? De hauts verres en plastique rigide, consignés pour 1€, et dont les poignées peuvent s'enfiler les unes dans les autres pour un transport plus facile. Il n'est pas rare de voir un supporter remonter les marches muni de quatre verre remplis de Koenig Pilsener ou d'Altbier de Düsseldorf, légèrement plus sombre. La bière, ce n'est plus tellement surprenant après quelques mois en Allemagne, il est plus saisissant de voir des serveurs arpenter les tribunes un fût sur le dos, pour servir les spectateurs les plus paresseux directement sur place ! Et comme un de ses collègues promène régulièrement un large panier de bretzel, le plaisir vient directement à domicile. Cet énorme panier de bretzel est même équipé d'une sonnette de vélo, pour s'assurer que personne ne résiste à la tentation. Ensuite, il reste encore des voies de progrès, puisque les bratwursts et autres schnitzels ne sont servies qu'aux buvettes, mais le supporter allemand est gâté...

Mais les images les plus agréables récoltées dans les tribunes seront certainement associés aux enfant présents non loin de moi. Une véritable sortie familiale, avec ces cousins et cousines devant moi, supporters du Werder Bremen, le garçon de 9 ans testant ses sonneries de téléphone portable pendant la finale, et les deux filles de 12 ans, dont l'une bien trop blonde pour mon flash. Et surtout, c'est adorable garçon aux cheveux d'un roux profond, assis sagement auprès de sa maman, lançant des regards aux supporters voisins, et criant sa joie de voir Dortmund s'imposer joliment en demi-finale. Hé oui, qu'y a-t-il de si surprenant à ce qu'une équipe de Bundesliga inscrive 5 buts en dix minutes à une autre équipe de l'élite, quand c'est votre équipe favorite ?

2008/01/20

Winter Cup in LTU Arena Düsseldorf

19.01.2008 - Winter Cup - LTU Arena, Düsseldorf

En Allemagne, la trêve de la Bundesliga dure presque 6 semaines : interruption des matchs mi-décembre pour une reprise le 1er février, certainement motivée par des questions climatiques. Mais les équipes doivent reprendre le rythme avant la reprise, et c'est certainement ce qui motive des tournois amicaux comme la Winter Cup de Düsseldorf.

Ce 19 janvier, le Fortuna Düsseldorf, pensionnaire de deuxième division, recevait ainsi trois équipes de l'élite, Dortmund, Leverkusen et le Werder Brême. Une bonne occasion de goûter à l'atmosphère du football allemand dans ce joli stade, la LTU Arena.

Stade d'une grande modernité, posé à côté du parc des exposition et bénéficiant ainsi d'une magnifique gare de tramway. Les travées du stade sont vitrées et vastes, proposant buvettes, produits dérivés et même bonbons Haribo. Le stade lui-même peut contenir environ 30.000 personnes, parfaitement protégées par un toit rétractable. Bruce Springsteen ne s'y est pas trompé, puisqu'il y jouera en concert mi-juin.
Un superbe stade de football, et en voyant cela, on comprend les appels de la Ligue pour moderniser les stades français : les standards me paraissent incomparablement plus bas...

Le tournoi se compose de quatre matchs de 45 minutes : demi-finales, puis match pour la troisième place et finale. Chaque équipe auront donc joué l'équivalent d'un match entier dans l'après-midi. Un bel entraînement pour les quatre équipes, devant plus de 17.000 spectateur.


Demi-finale 1 : Fortuna Düsseldorf 3 - 1 Werder Bremen
Le Werder reste fidèle à l'image découverte par la Ligue des Champions l'an passé : capable d'un collectif brillant et séduisant, mais de belles largesses défensives. Comme le Fortuna semble plus impliqué, jouant à domicile, il prend rapidement l'avantage sur deux contre, deux larges erreurs de marquage.

Demi-finale 2 : BVB Dortmund 5 - 0 Bayer 04 Leverkusen
La revanche du match auquel j'avais assisté à Dormund l'an passé. Et quelle revanche ! En décembre 2006, Leverkusen avait fait preuve d'un réalisme efficace, s'imposant tranquillement par 2 à 0. Cette fois, le scénario s'inverse : le Bayer 04 tient la balle sans grande efficacité, et le BVB attend. Et ouvre le score à la 19ème minute sur une erreur du gardien, ratant son dégagement au pied. Dix minutes plus tard, Dormund a eu 4 occasion de plus grâce à 4 accélérations dans les brèches de la défense, et a inscrit 4 buts supplémentaires. Leverkusen ne présente aucune organisation défensive efficace, et son gardien n'a pas touché une balle...

Finale : Fortuna Düsseldorf 1 - 0 BVB Dortmund
Auparavant, le match pour la troisième place s'est déroulé dans un presque silence parfait. Les deux équipes ont haussé leur engagement par rapport au demi-finale, mais avec peu de supporters dans ce stade, qui sonne alors un peu creux. Le Bayer a ouvert miraculeusement le score à la 4ème miniute, mais perd 2
En revanche, la finale constitue l'opposition idéale, mettant au prise les deux équipes aux plus nombreux supporters. Les kops se font face et se répondent, les "Fortuna Düsseldorf" montent de tous les côtés, et le rythme du match est incomparable avec les précédents. Un football très collectif, en mouvement, sans prouesses techniques individuelles ni énormes contacts physiques, plaisant à observer. Le Fortuna arrache la victoire sur coup franc à la 43ème minute, sur un marquage étonnamment relâché du BVB au deuxième poteau. Le stade exulte, les vainqueurs sont les locaux et le spectacle a été au rendez-vous : la rigueur défensive n'a pas été fantastique, mais 13 buts en 4 mi-temps, c'est autre chose que la Ligue 1...

Düsseldorf Ouest : le Cinestar et ses publics

Une dizaine de filles courent sur le tapis rouge de l'allée, elles ont entre huit et dix ans et s'amusent toutes excitées.

Je dépasse les tables de part et d'autres de l'allée, les banquettes recouvertes de cuire et le comptoir qui vend du pop-corn, du Pepsi et des bières. Je m'assieds à une table en face de la salle 6, où je dois aller voir The Darjeeling Limited dans une demi-heure, et juste à côté du goûter d'anniversaire de ces petites filles. Sur la table taille enfant, des verres en cartons et des bouteilles individuelles de jus de pomme, le goûter est fini et les enfants courent et rient, s'amusent particulièrement à prendre leur élan et sauter par dessus un tas de coussins qui devient de plus en plus haut. Je ne parle pas allemand, mais leurs cris rappellent des hennissements équestres.

Le Cinestar de Düsseldorf est une jolie entreprise, une belle mine de descriptions potentielles. Son installation donne envie de manier l'appareil photo, ce long hangar niché entre des parkings et de vieilles cheminées d'usine. Une esplanade s'étend devant le cinéma avec quelques marches, une mine pour les skaters du quartier. J'en ai croisé différents petits groupes, adolescents entre douze et seize ans, pas plus, portant jeans étroits et sweat-shirts à capuche rayés.
Mais la chaîne Cinestar semble elle-même avoir une politique des plus intéressantes, ciblant différentes tranches de population. Cet établissement est le seul de Düsseldorf à proposer plusieurs films en version originale chaque semaine, s'assurant ainsi la venue régulière d'une petite communauté étrangère. Chaque samedi sont proposés des séances pour les enfants, avec possibilité, apparemment, d'organiser des goûters d'anniversaires : mes deux visites là-bas des samedi après-midi m'ont mis nez à nez avec des groupes d'enfants enthousiastes. Chaque lundi, une séance est même réservée aux femmes, avec tarifs préférentiels.

Et la boule à facettes situées tout au bout du hall laisse imaginer des soirées plus dansantes...

Une approche moderne du cinéma, donc, marketée intelligemment. C'est assez surprenant pour moi de fréquenter ainsi une si grosse chaîne, ses places numérotées à deux tarifs différents selon la distance à l'écran. Mais c'est le prix de la version originale sur Düsseldorf.

2008/01/19

Düsseldorf Ouest : au bout de la zone d'activité

Au bout de la zone d'activité, à la frontière entre les dernières friches industrielles et les premiers champs. La station de tramway possède une adorable maisonnette où l'on doit servir des bières, et une vingtaine de mètres plus loin, vers l'ouest, les rails plongent dans les arbres et le chemin présenté hier.

Une frontière car le quartier semble hésiter à ce carrefour : vers l'ouest, les pavillons, vers l'est, les entreprises et leurs immeubles vitrés, vers le nord, de modernes habitations d'une demi-douzaine d'étage, vers le sud, un grand supermarché. Mais rien ne paraît encore bien fixé au niveau de ce noeud. La vieille usine et ces longs bâtiments de briques et de petits carreaux semble accueillir maintenir maintenant une nébuleuse d'entreprises, comme un parc d'activité. Une route toute droite longe les murs, et un bâtiment tout neuf s'élève isolé entre des terrains vagues humides, face à des affiches publicitaires étranges : qui emprunte cette route, à part le bus ? J'ai croisé deux voitures Polizei en cinq minutes, mais encore ? Ces deux filles de 16 ans en roller ?

13.01.2008 - Düsseldorf

2008/01/18

Düsseldorf Ouest : à la frontière avec les pavillons, un chemin le long d'une vieille usine

Après quelques boucles entre les maisons et les berlines de luxe, je plonge plus profond vers l'ouest grâce au tramway. Pelures d'oignons habituelles pour un trajet urbain centrifuge, les quartiers aisés s'effacent, de petits immeubles des années 50 se succèdent sur un ou deux kilomètres au milieu des commerces de proximités, puis débute une zone d'activité. Hauts immeubles de verre portant les logos de grandes entreprises, auprès de la tête d'affiche Vodafone. Puis après un kilomètre environ, les entreprises se font plus modestes, éparpillées dans les résidus de friche industrielle, les terrains rasés et les vieilles pierres. Et après, une grande densité d'arbres.

C'est au niveau de cette limite que se trouve le cinéma Cinestar, dont j'ai déjà parlé. Dimanche, j'ai voulu pousser un peu plus loin, je suis resté dans le tramway qui plongeais dans les arbres. Un kilomètre et demi dans cette nature plantée le long d'un vieux hangar, puis voici un arrêt au milieu d'une zone pavillonnaire. Lotissements coquets tout près des premiers champs. Je descends là, explorerai plus loin une autre fois : le chemin près de la vieille usine est adorable, et je le remonte doucement vers l'est, appareil photo à la main...

13.01.2008 - Düsseldorf

2008/01/17

Düsseldorf Ouest : les maisons chics de la rive dorée

Donnant sur la large promenade herbeuse s'étend tout un quartier de petites maisons luxueuses. Un ou deux étages, des façades travaillées dispersées le long de rues parfois courbes. L'alignement de grosses berlines allemandes ne laissent pas beaucoup de doute, ce doit être un quartier chic, très agréable pour se promener. Il semble presque impossible de s'y garer le week-end avec tous les promeneurs de la rive du Rhin.

13.01.2008 - Düsseldorf