2008/03/21

Deutsch Kuchen im der Düsseldorf Rheinturm

Schokolade und Kirschen Kuchen - Capuccino mit Sahne

Kirschen Crimble - Schokolade mit Sahne

21.03.2008 - Rheinturm Café - Düsseldorf

2008/03/20

Garder un oeil sur le Dom de Köln, depuis l'autre côté du Rhin

Le centre ville de Köln possède deux grandes gares, extrêmement proches l'une de l'autre. Il y a bien sûr l'Hauptbahnhof et sa vingtaine de quais, dont un réservé au Thalys, une longue galerie aux multiplies magasins, posée épaule contre épaule avec le gigantesque Dom. Et juste de l'autre côté du Rhin se trouve une gare servant au Messe, cet immense parc des expositions à la réfection interminable. Cette Messe Bahnhof constitue un carrefour clé, puisque c'est là que se séparent les voies partant vers le Nord et le Sud : ainsi, en venant du Nord, de Düsseldorf ou Duisburg, il est plus simple de changer à la Messe pour rejoindre l'aéroport de Köln-Bonn, plus au Sud.

En fait, ces deux gares sont uniquement séparées par le Rhin, traversé par un large pont de chemin de fer, sans route. De part et d'autre des voies ferrées, des chemins piétons permettent de traverser le fleuve, reliant ainsi l'Altstadt à l'Ouest et à l'Est, le Messe et le vaste parc le long de la rive.

Généralement, en arrivant à Köln depuis Düsseldorf, je descends du train à la gare de la Messe, et traverse le Rhin à pieds. On croise les coureurs du week-end le long de cette mince bande piétonne, avec le passage régulier des trains enfermés dans une cage métallique. La silhouette massive du Dom se détache peu à peu au-dessus des poutrelles de la structure, avec les surprenantes statues à cheval du pont perdues au milieu de l'acier.

Et voilà, ainsi, j'arrive à Köln.

16.03.2008 - Köln

2008/03/19

Kölner Philharmonie : silence pendant les concerts, même sous la pluie

Le musée Ludwig de Köln se dresse dans le dos du Dom, l'immense cathédrale, un long musée en vaguelettes posé juste avant la promenade qui s'étend sur la rive du Rhin. Ce musée accueille une riche collection d'expressionnisme des années 1920, mais jouxte également la salle de concert, le Kölner Philharmonie.

Ce Kölner Philharmonie niche en fait sous une petite esplanade, parcourue par de nombreux promeneurs le dimanche, parfois en vélo, et ces va-et-vient ne doivent pas être sans conséquence pour la tranquillité de la salle. Ainsi, durant les concerts ou les répétitions, le passage sur cette esplanade est bloquée, comme l'expliquent assurément les panneaux que je n'ai pas déchiffrés dans le détail. Mais la demi-douzaine de gardes à la vigilance rigoureuse suffisent à comprendre, même si, sous une telle pluie, ils ne doivent pas s'amuser beaucoup. Trempés un dimanche à cause d'une mauvaise conception architecturale ?...

16.03.2008 - Köln

2008/03/18

Le pays où les livres sont plus taxés que les cigarettes

- Ce candidat, c'est un peu le Berlusconi chilien. Il possède des banques, des parts dans de grosses entreprises. Il détient même 12% des actions de mon club de football, le Colo Colo de Santiago, et pourtant, ce n'est même passon équipe préférée ! Il est supporter de l'Universidad Catolica, le club des quartiers riches de Santiago, de la population aisée, forcément. Tout ça grâce à son argent majoritairement gagnée avec le soutien de la dictature de Pinochet, et, soit disant, à l'aide de ses diplômes des Etats-Unis, même si ceux-ci semblent faux... Mais oui, comme partout, les gens oublient, ils croient les anciens partenaires de Pinochet qui s'exclament "Oh non, on ne savait pas, on ne savait pas". Tiens, tu veux encore des pâtes ?

En rentrant de mes courses, à 19h30, je suis passé saluer mon voisin chilien, juste un bonsoir rapide, afin de lui payer le matelas pneumatique qu'il m'a vendu il y a deux jours. Je l'ai trouvé tenant à la main une énorme boîte remplie de pâtes à la Bolognaise. Je tombe bien, il a été un peu trop généreux dans les proportions de son dîner. Ai-je déjà dîné ? Non. Parfait, je vais l'aider, et ainsi, il n'aura pas à réchauffer des pâtes toutes la semaine.

- Non, les choses ne sont pas encore très nettes au Chili. Pinochet avait fait nommé à vie 21 sénateurs, tous ses amis, très à droite, et ainsi, ils peuvent bloquer les plus grosses réformes. Heureusement, beaucoup sont morts, forcément, les amis des Pinochet, ils ne sont plus tous jeunes. Mais par exemple, il est toujours impossible pour les chiliens de l'étranger de voter depuis un consulat, c'est interdit par la loi. Bien entendu, cette loi a été votée sous Pinochet, pour tous les exilés, qui étaient opposants, qui auraient voté contre lui. Mais, même avec la chute de Pinochet en 1999, les choses n'ont pas pu évoluer, le Sénat bloque toujours la réforme. Si je veux voter en 2009, il me faudra rentrer au Chili. Il y a encore des progrès à faire au Chili, même si nous sommes soit-disant le 38ème pays du Monde. 38ème, qu'est-ce que ça veut dire ? Un fort taux d'alphabétisation, beaucoup de connexions Internet et de télévisions dans les foyers ? Pas étonnant, les compagnies de satellite pratiquent des prix très bas, alors, même avec des salaires bas, les gens sont content, ils ont assez pour manger et rester devant la télévision, s'acheter des cigarettes. Mais pas assez pour boire un verre de vin dans un bar le samedi, ou pour aller au cinéma. Et je ne parle pas des livres !

Il tire un livre de sa bibliothèque, large volume Ferrari en papier classé, dont il feuillette les lourdes pages. Avant d'exhiber le prix allemand, 17 euros.

- Un livre comme ça, au Chili, il coûterait au moins 60 ou 100 euros. Les livres sont taxés à 25%, deux ou trois fois plus que les cigarettes, mais les politiques refusent de changer. Tu ne trouveras pas de roman à moins de 10 ou 15 euros au Chili, mais les salaires ne sont pas les mêmes qu'en Europe non plus ! Donc, partout, dans la rue, tu trouves des versions pirates de livres, des copies sur du mauvais papier, à 2 ou 3 euros, et tout le monde possède de telles versions bon marché dans sa bibliothèque. Pour te dire, quand les gens partent en vacances en Argentine, ils demandent à leurs amis s'ils ont besoin de livres, car ils sont au moins 50% moins chers là-bas, pour des éditions similaires. Si tu va en Argentine avec des vols à bas coût, tu peux rembourser ton billet en achetant des livres là-bas. Des romans, et puis, pour les chercheurs comme nous, des livres scientifiques, des livres de biologie.

Il me montre la biographie des Rolling Stones qu'il est en train de lire, encore ravi de sa découverte : Carla Bruni est sortie un moment avec Mick Jagger, il pourra en parler à ses futurs collègues marseillais.

Machant nos pêches au sirop, nous finissons la soirée par une autre spécialité sud américaine, le football. Le showbol de Maradonna, ce football en salle pour vieilles gloires avec des scores de babyfoot. Les gestes techniques et les prouesses individuelles des joueurs, les commentaires hurlant plus vite que ceux du tiercé, et puis, souvent, les bagarres sans fin entre joueurs. Et, parfaite synthèse de ces caractéristiques spectaculaires, la nouvelle petite perle brésilienne, Kerlon : il s'est fait une spécialité d'éliminer les défenseurs en jonglant avec la tête, ce qui énerve les défenseurs, et lui vaut le surnom de Foquinha. Le petit phoque.

2008/03/17

Un garage à cheminée à Duisburg

24.02.2008 - Duisburg

2008/03/16

Croquer du chocolat en Allemagne

Rien de tel qu'un petit carré de chocolat après le dîner ou les déjeuners du dimanche. Tout particulièrement si ceux-ci sont solitaires, pour cause de séjour à l'étranger.

Dans le sens des aiguilles d'une montre:

  • Goutier
    chocolat au lait fourré praliné

  • Schwarze Herren Schokolade "Pour messieurs"
    chocolat noir

  • Cocoa d'Arriba - Mango - Chili
    chocolat noir à la mangue et au piment (Schokoladen Museum Köln)

  • Hasselnuss
    chocolat au lait aux noisettes

  • Alpenvollmich
    chocolat au lait des Alpes

  • Xocriolata
    chocolat fin au gingembre
01.2008 - Duisburg

2008/03/15

Films dans le Nord vs. Film sur le Nord

Pour la deuxième semaine d'affilée, "Bienvenue chez les Ch'tis" est en tête du box office. Et pas seulement français : ses 9 millions d'entrées en France sur deux semaines, record en la matière, en font même le champion du box office mondial hors Amérique du Nord. Malgré une diffusion limitée à 3 pays francophones (France / Belgique / Suisse), la comédie à la française devance Rambo ou 10.000BC, diffusés dans plus de 20 pays avec d'énormes budgets marketing. Les Chtis ont ainsi la fierté de récolter plus de 76 millions de dollars de recette (cf Box Office Mojo).

Alors, bien entendu, je n'ai pas vu ce film, loin d'être déjà diffusé en Allemagne, d'autant que la retranscription de l'accent chti en allemand ne sera pas aisée... D'après les bandes annonces et extraits dénichés sur Internet, ces Chtis semblent proposer de jolis gags, de beaux clichés, des acteurs mignons et un scénario plutôt inoffensif. Facile et Léger, avec assurément beaucoup d'efficacité, pour les amateurs de cinéma pour se vider la tête.

La recette suit les canons des récentes "comédies françaises à thème", qui avaient si bien réussi pour Camping il y a quelques années. Choisissez un thème clair et qui parle au plus grand nombre : le Nord / le camping / Claude François / le foot / la jetset. Réunissez un grand nombre de personnages, chacun présentant un profil très précis, avec de préférence une opposition entre un cadre ou un notable et la France d'en Bas, à la manière des vieux De Funès. Saupoudrez de grosses vedettes, et si elles viennent de la télé ou sont humoristes, c'est mieux : Danny Boon / Kad / Frank Dubosc / Benoît Poelvoorde / José Garcia. N'oubliez pas un titre qui ne trompe pas sur la marchandise : Bienvenue chez les Chtis / Camping / Podium / Trois zéros / Jet Set. Mélangez, et qu'est-ce qu'il reste ?

Souvent beaucoup de spectateurs, mais hélas, rarement une vraie et bonne histoire. Les gags s'enchaînent autour d'un vague prétexte, le rythme retombe parfois, et finalement, quelques formules marquantes restent et la vacuité de l'ensemble s'efface. Ces Chtis ont l'air attachants et riches en moment mémorables, mais sont-ils plus profonds que les grimaces disco de Claude Poelvoorde ? Revoir Podium en vidéo reste un abominable souvenir de cinéphile, exposant de manière criante l'absence de fil directeur et la facilité d'ensemble du projet.

Des films commercialement efficaces, et bénéfiques pour les parts de marché du film français, mais qui diffusent, à mon avis, une idée trompeuse sur la manière d'affronter un sujet. Quel est le meilleur moyen de parler du Nord ? Hé non, certainement pas de faire un film SUR le Nord ! En effet, le risque est alors grand d'accumuler les clichés, en plaquant une histoire bancale afin de créer un semblant de lien. Une peinture caricaturale et bon enfant, au mieux. Artificiel et superficiel.

Il me semble bien plus convaincant de privilégier l'histoire et les personnages, leurs interactions, d'élargir au maximum les thèmes, et d'intégrer ces éléments forts dans le cadre que l'on cherche à présenter. L'évolution des personnages dans ce cadre le rendra naturellement visible à l'écran, fera intervenir les particularismes que l'on cherche à présenter, en évitant les lectures superficielles. Schématiquement, c'est la différence entre une demi-journée de visite touristique et une installation de plusieurs mois dans un lieu. Dans le premier cas, on saute de passages obligés en hauts lieux, guide en main, on goûte les spécialités, et il n'est pas évident de s'écarter des idées reçues : une belle collection de photos et de bons moments, sans plus. En revanche, à vivre dans un lieu, on peut découvrir la réalité quotidienne, l'intégrer pleinement au décor et percevoir avec justesse l'esprit du lieu ou de la communauté. Et ce, sans mettre entre parenthèses tous les événements importants de notre vie, c'est-à-dire toute la richesse narrative et de sentiments !

Ainsi, quelles que soient les qualités des Chtis dannyboonesques, je me sens plus attiré par les films qui se déroulent DANS le Nord, sans forcément en faire leur sujet central. La région et ses habitants comme coloration et valeur ajoutée, plus que comme communauté figée dans un musée régional. J'ai ainsi vu quelques films plutôt convaincants se déroulant dans le Nord, ou en Belgique wallonne, que j'inclus à mon énumération pour certaines caractéristiques proches : proximité géographique, poids du passé industriel... "La raison du plus faible" de Lucas Belvaux se déroule ainsi à Liège, mais l'évocation des ouvriers licenciés d'une aciérie ne me paraît pas très éloignée des questions industriels du Nord de la France. Le film affronte peut-être un peu frontalement son sujet de détresse sociale, mais les personnages s'affichent à l'écran avec une finesse rare, des interactions fortes. Aucune scène n'est uniquement centrée sur l'addiction d'un des personnages à la bière Jupiler...

Les films des frères Dardennes me semblent plus convaincants encore pour transmettre l'ambiance de ces régions du Nord et de la Belgique. Le contexte de l'action n'est jamais surligné, le film se déroule simplement là, sans nécessité de braquer la caméra sur les spécificités caricaturales. Elles se diffusent doucement dans les architectures, les accents authentiques des comédiens. Au cinéma, il n'est pas nécessaire d'insister, une image suffit généralement, comme dans "La vie rêvée des Anges" d'Erick Zonca, un doux travelling final sur des femmes dans un atelier. Ce film est d'ailleurs un exemple assez extrême, puisque, au début de l'écriture du scénario, ces deux femmes paumées ne devait pas évoluer à Lille : la place de la ville est des plus effacées dans le récit. Cependant, les quelques images liées au monde industriel, les vues des modernes rues piétonnes associent le film à ce contexte lillois.

Mais mon film préféré se déroulant dans le Nord est sans hésitation "Quand la mer monte" de Gilles Porte et Yollande Moreau. La splendide histoire d'une comédienne de one-man show et d'un porteur de géants de carnaval. L'évolution de l'affection entre ces deux personnages est magnifiquement rendu, un des points centraux du film, au même niveau que la tournée solitaire de cette comédienne. Mais le décor du Nord se glisse dans tous les plans, dans le superbe accent flamand du comédien Wim Willaert, sans se trouver jamais surligné d'un lourd "VOICI LE NORD", malgré la présence de scènes typiques de carnaval. Cette histoire glisse dans le Nord, tout en douceur, sans donner l'impression d'une collection systématique de clichés, juste des instants de vie remplis de naturels. Et ce naturel se trouve assurément dans l'approche du réalisateur pour tourner une fête de carnaval dans un bar : remplir le bar de fêtards, les laisser boire et s'amuser pendant une heure ou deux, puis introduire délicatement la caméra dans la salle, comme à l'improviste, pour capter l'atmosphère festive avec justesse. Un choix de mise en scène pour effacer au maximum l'impression de mise en scène, et tout tournoie à l'écran à l'unisson des chants et des danses, au milieu desquels l'accent du Nord paraît tellement léger.

2008/03/14

Duisburger Stadtwald










08.03.2008 - Duisburg Stadtwald

2008/03/12

Hot Chip joue sa musique disco pour mp3 au Gloria de Köln

Laid back
We'll give you laid back

Tu parles !

Les stroboscopes éclatent à haute dose, doublés de projecteurs bleus s'agitant en tout sens, la tenture en fond de scène change de couleur sans fin, vaste halot à la brillance extrême, devant lequel se dessinent, parfois, des silhouettes d'ombres, ondulantes, entre deux lumières surpuissantes tournées vers la foule. Les grappes de boules à facettes tournent et dansent, et le public bondit comme jamais, hurlant, cette grande blonde possédée du haut de son mètre quatre vingt dix, c'est l'embrassement sur cette version agressive d'"Over and Over". Laid back, un tel déchaînement ?

Force est de constater qu'il ne reste plus grand chose du Hot Chip de l'album Comin on strong, entendu il y a deux ou trois ans. Les mignonnes balades aux doux synthés sont maintenant étouffées et violentées, mais s'il osent peut-être toujours des rimes délicieusement amusantes comme "Riding in my Peugeot / Listening to Yo La Tengo", qu'importe ? Qui écoute encore les paroles de cette voix envoutante, puisque tout le monde danse sur les rythmiques assourdissantes et saturées ?

Les premiers instants du concert de ce mardi à Köln ont explosé en tout sens, faisant trembler les murs du Gloria, soufflant de leur puissance l'agacement du public. Quelques secondes auparavant, on regrettait encore le retard pris, cette attente surprenante d'avant-concert avec les ingénieurs du son testant encore et encore les mêmes instruments. On pestait contre ces artistes ultra-hype, soudain propulsé groupe le plus bloggé de la planète, et qui prennent la grosse tête. Mais la déflagration a fait reculer tout le monde et tout s'est effacé : processus ne mettant en jeu aucune analyse, simplement une injonction à danser intensément sur cette musique très forte.

Ce volume énorme, ces sons de vieux synthétiseur hurlant, saturés avec une violence surprenante, cette énergie rock s'est avérée aussitôt fascinante pour les vingt ans de la foule. Une nouvelle preuve des mélanges entre rock et musique dance, dans une direction surprenante, introduire le défoulement d'un concert rock dans un petit monde d'électronique et de boîtes à rythme. C'est le chemin inverse de Justice ou Daft Punk, qui utilisent des guitares et des sons saturés pour nourrir leur musique électronique : les Hot Chip n'utilisent que sporadiquement une guitare, mais leur assemblage synthétique se déchaine comme les plus lourds concerts punk. Au pays de Kraftwerk et des robots-mannequins impassibles devant leur clavier, Hot Chip glisse un peu de sueur entre les composants électroniques, ondule très doucement devant les clavier mais avec un grand sourire aux lèvres, et le résultat fait mouche, irrépressiblement entraînant.

Surtout, l'entraînement est particulièrement souriant, l'énergie du rock mais rayonnante, une énergie dont la violence se canalise vers un amusement commun, sans aucune tentation de pogo et de foule heurtée. Il faut dire que l'aspect des musiciens rend la scène présentée encore plus originale, une musique synthétique tournée en défouloir rock par une bande de binoclards au look magnifiquement nerd. Le plus élégant porte une vague veste sombre et une écharpe bordeaux, le moins originale affiche T-shirt et barbe de trois jours, une sorte de Thom Yorke en moins intense, et puis, pas vraiment angoissé. L'idée d'une musique jouée par des outsiders est vieille comme le rock, mais les trois membres en repoussent les limites modernes : le responsable de la boîte à rythme affiche des lunettes anti-myopie de plusieurs centimètres d'épaisseurs, un gros type bouclé plie son T-shirt vert pomme en jouant penché vers l'avant, les épaules molles, sans jamais remonter le micro manifestement trop bas. Gage de profondeur pour sa voix égale, assurément. Mais surtout, comment pourrait-on imaginer un tel leader, lui, un frontman, un homme de devant aussi petit et mal agencé ? Il porte une mèche grasse, des lunettes de prof de maths des années 70, un T-shirt blanc révélant ses biceps mous, à l'unisson de sa voix de distanciée et presque traînante.

Hot Chipp, voici le groupe du XXIème siècle, où tout le monde, n'importe qui, peut monter un groupe pour jouer la musique qui l'amuse. Bip-bip saturés mais kitch, énergie débordante mais à lunettes, idéalement à sa place dans ce Gloria de Köln, aux murs couverts de moquette rouges, où des grappes de boules à facettes pendent un peu partout entre des tuyaux métalliques parfaitement astiqués.

Mais Hot Chip, c'est plus qu'un groupe de la génération Youtube et de la vidéo de tous pour tous, c'est une musique de drogués du lecteur mp3 et de la fonction "lecture aléatoire". Ils jouent fort, mais adorent par dessus tout bousculer leurs refrains accrocheurs, créer de petites ruptures, taper sur un tambour, se taire quatre secondes, puis déverser une techno presque pure. Notre ami bouclé et enrobé glisse un refrain rap puis des paroles aux accents dancehall, la rythmique se rappelle soudain du big beat, les balades évoquent plus le R'nB que les classiques pop, même leurs anciens titres semblent joués sous forme de remix "club". Une musique de bouts épars, de coups de coeurs, de "oh, j'aime bien le dernier... je l'entends tout le temps à la radio, si on tentait quelque chose dans le genre" ! Hot Chip a glissé son lecteur mp3 dans la sono du Gloria pour le faire écouter à ses potes, ils ont monté le son à fond, et ont commencé par les tubes, pour agripper les public dès le début.

Un déroulé de titres surprenant, souvent imprévisible, et parfois, j'aurais voulu échanger l'ordre, garder cette nappe profonde et électronique pour la conclusion. Mais les trois titres du rappel, doux et magnifiques dans leurs échos de danse qui s'endort, montrent que Hot Chip maîtrise son sujet. Look et paroles pleins d'humour, sens du tube immédiat et de la musique jouée très fort, mais, tout simplement, une joli et moderne palette musicale.

2008/03/11

Und auch Lich Fotos, in der Duisburger Stadtwald






08.03.2008 - Stadtwald - Duisburg