2008/02/19
2008/02/18
Bon Appétit und Roi de Trêfle in Aldi !
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Robin LE WILLIAM-NORTH
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09:28
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Libellés : .ce que je mange, 2008.01 Allemagne, Duisburg, voyages
2008/02/17
Bientôt, je courrai 45:33 avec Doc Nick et LCD Soundsystem
- 3, 2, 1, play et partez.
Nous appuyons simultanément sur le bouton de notre baladeur mp3, et commençons à trottiner dans la Lotharstrasse. C'est amusant de voir Doc Nick avec un collant et des tennis aux pieds, et je ne parle pas de son bracelet en éponge...
Le Doc m'a envoyé un message il y a un mois environ : "Reprends l'entraînement. Il faut que nous allions courir ensemble prochainement. Pas de problème si tu ne tiens pas 45 minutes 33, mais bon, si tu pouvais me suivre un peu plus longtemps que 500 mètres, ce serait sympathique..."
Nous avions déjà un peu discuté du jogging et de l'iPod aux Etats-Unis. Particulièrement après mes promenades à Central Park en mai 2007, où on croise autant d'iPod que de coureurs là-bas. Je pense même que, dans Central Park, il est plus probable de croiser un coureur sans chaussure que sans iPod. A New York, on court en musique, ou marche en musique, selon cette mode amusante de la marche sportive, où l'on voit des femmes marcher rapidement, pas trop mais légèrement vite, mais avec tennis, bâtons, bandeau, tout l'équipement, et bien entendu, l'iPod. Par conséquent, oui, dans Central Park, il y a plus d'iPod que de coureurs, même dans les coins où on ne croise que des "sportifs". Alors, de même qu'à l'apparition du gramophone, il a fallu enregistrer des disques pour ne pas laisser les utilisateurs équipés mais sans musique, y a-t-il un marché pour la musique de jogging ? Ou au moins, des musiques plus appropriées que d'autres pour la course ?
"Les goûts et les couleurs, mon bon Cathead", m'avait répondu Doc Nick, un des ses détours habituels pour réfléchir à une réponse élégante. "Forcément, à chacun sa durée de course, son rythme. Un peu comme pour cette fameuse liste mythique, les meilleurs chansons sur lesquelles faire l'amour, dont nous finirons bien par parler. Peut-être au printemps. Mais, pour la course, on peut certainement mettre de côté les morceaux trop rythmés, qui causeraient la tentation d'accélérer le rythme, ou éviter les chansons aux textes trop compliqués, qui accrocheraient l'attention en permanence. C'est une musique d'accompagnement, non ? Un peu comme la musique d'ambiance, telle que l'avait théorisée Brian Eno : sans parole, dans laquelle on puisse entrer sans hésitation, au milieu d'un morceau, et abandonner en cours de la même manière. Qui n'agresse pas mais marche poliment à vos côtés. Court avec vous. Je vais me plonger un peu dans la tentative de LCD Soundsystem, et nous en reparlerons prochainement".
En effet, LCD Soundsystem a publié un mix entièrement dédié à la course. Commandé par Nike lui-même, au départ uniquement disponible par téléchargement, et intitulé 45:33, la durée de la course. Parfaitement phasé sur le rythme de course de James Murphy, avait-il assuré au moment de sa sortie. Les critiques rocks comme Pitchfork ou le NME se sont bien amusés avec ce morceaux, mais le mieux n'est-il pas de se mettre soi-même dans les conditions ?
Donc, sur les conseils de Doc Nick, j'ai repris la course il y a un mois environ. Par petites tranches de dix minutes d'abord, deux ou trois fois par semaines, puis en allongeant un peu la durée, et le mix de LCD Soundsystem n'est certainement pas étranger à la régularité de mon investissement. Quand on est fan, il faut l'assumer jusqu'au bout, et je ressens toujours une certaine excitation à sortir courir dans la brume de Duisburg, la douce impression d'enfiler un costume de New Yorkais : tennis, jogging aux couleurs un peu vives, et ce fameux baladeur mp3, et ce mythique mix, dont j'ai déniché la version CD au bout d'un grand magasin de disques de Cologne. En version Import, en plus.
Le soleil de cette semaine nous a poussé à fixer une sortie commune pour ce week-end. Il fait moins doux qu'en début de semaine, mais la lumière est éclatante quand nous tournons derrière les bâtiments L de l'université de Duisburg-Essen, dans la rue passant derrière les beaux pavillons de la Lotharstrasse. Nous n'avons pas dépassé les deux minutes trente, toujours la partie échauffement du mix, sa montée progressive. Nous entendons le passage à la 2ème piste juste avant d'emprunter le pont qui enjambe l'autoroute, le rythme monte tout doucement, piano, claquement de mains, et c'est heureux, la montée s'étend raide et longue avant de rejoindre le bruit incessant des voitures. Mais c'est à ce prix que nous pouvons atteindre le bois.
Je sens l'envie d'accélérer du Doc, mais il m'attend encore, et d'ailleurs, il ne connaît pas bien la région. Etrange, cette discussion silencieuse tous les deux, presque silencieuse. Le Doc ne peut s'empêcher de reprendre les rares paroles de cette piste deux, cette piste de lancement : une alternance amusante de "Shame on you" et de "You're number one for me", qu'il crie en plongeant dans les bois. Les promeneurs du dimanche nous regarde, et surprise, il y a aussi des marcheurs, avec tennis, équipement, paire de bâtons, lecteur mp3...
Les faux-plats du bois m'incite à la prudence, délicat passage à l'approche des 8 minutes de course, mais c'est le moment où s'avance le 3ème mouvement du mix, la version instrumentale de mon "Someone great" adoré. James Murphy a-t-il emprunté le même parcours que moi avant de mettre au point son mix ? Ces battements, ces sons électroniques frottant doucement une baudruche imaginaire, ces claquements de xylophone, toujours aussi envoûtants, et d'autant plus quand on connaît la version chantée. D'ailleurs, dans son élan chanteur, le Doc n'y résiste pas, il entonne doucement, "The little things that made me harassed, Are gone, in a moment. I miss the way we used to argue, Locked, in your basement." A peine entrecoupé de ces respirations, bien moins prolongées que les miennes. Je ne pourrais jamais chanter ainsi, il me manque un peu d'entraînement.
Mais quand le xylophone reprend le refrain, clair, naïf et beau, je n'y tiens, et me lance en choeur avec le Doc "And it keeps coming" encore et encore, une douzaine de fois, avec montée dans les aigus qui me tue définitivement. Je m'arrête, et le Doc continue. Il retrouvera bien le chemin, il suffit de se guider au son de l'autoroute, il trouvera.
Et d'ailleurs, c'est à peu près l'instant auquel je m'arrête d'habitude. Effet combiné de la durée déjà parcourue, vingt minutes, ma limite en cette phase de reprise, et puis surtout, de l'accélération du mix de LCD Soundsystem. Tout d'abord avec des tam-tam et une voix vocodée évoquant l'espace, une montée dont l'euphorie me pousserait certainement jusqu'au point de côté. Sans parler de la 5ème plage...
"J'adore la 5ème partie, plus rapide, avec sa trompette bizarre, sa basse bien précise, ses voix qui sortent de nulle part", me lance Dock Nick en arrivant à la Guesthouse, une vingtaine de minutes après moi. Il sourit sous la sueur. "Le NME a évoqué "Papa's got a brand new pigbag" pour ce morceau. Cela m'a plu, je zappe la plage 6 et ces douze minutes de descente un peu molle, et je lance Pigbag : tatatata tatatadonnonnon. Tu as une bière, Cathead ?" Si James Murphy permet à tous les rockeurs d'atteindre une telle santé physique, les reformations de vieux groupes ne vont pas manquer dans les prochaines années.
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Robin LE WILLIAM-NORTH
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2008/02/16
L'espagnol et le football (et les filles), langues universelles des sorties entre potes
- Je ne suis pas un énorme passionné de foot. Pas un dingue prêt à suivre tous les matchs. Mais bon, quand j'étais au Chili, je regardais en gros un match par semaine. Championnat chilien, c'est toujours sympa de suivre son équipe. Même si le championnat chilien n'est pas très disputé, il n'y a que deux ou trois grosses équipes, et le championnat se joue toujours entre elles.
La salade de mon nouvel ami chilien disparaît plus lentement que la mienne, son espérance de vie allongée par toutes ces considérations footballistiques. Je me force donc à savourer plus doucement mon ensalata "El Caballero", agréable assemblage de poulet, champignons et salade, relevée par une sauce Chili légèrement caramélisée. Ce restaurant espagnol de Düsseldorf est idéal pour lancer un joyeux vendredi soir, et le cadre enrobe idéalement le mélange des trois langues qui flottent au-dessus de la table, l'anglais utilitaire, les jaillissements d'espagnol, et le foot, en jolie quantité.
Le foot, un parfait sujet pour lancer des discussions simples en toute langue, une culture parfaitement répandue, qui ne nécessite pas de grand passé commun pour créer une complicité. Près des bancs moteurs de l'université de Duisburg, l'anglais léger du technicien ne l'empêche pas d'évoquer la Bundesliga avec moi, sujet évident au vu des nombreuses photos de Schalke 04 affichées dans son bureau. Et, de même, j'apprends peu à peu certaines caractéristiques du football bosniaque grâce à mon collègue de bureau. Un championnat bosniaque dont l'issue se joue là aussi entre les deux ou trois équipes à gros budgets, anciennement présentes dans le championnat de Yougoslavie. Tiens, j'aurais pu en parler à mon camarade chilien.
Mais la discussion a glissé vers la Ligue des Champions, forcément, les 1/8èmes de finale commencent la semaine prochaine. Nous sommes maintenant dans un bar cubain, et entre deux gorgées de rhum brun, il m'a récité l'intégralité du tableau, à peine dérangé par le volume impressionnant auquel sont diffusées les chansons de regueton.
- Je pense que c'est l'année d'Arsenal, je pense qu'ils battront le Milan. Ils sont sur une pente descendante, Milan, si tu additionnes l'age de leurs défenseurs, tu dois atteindre au moins 120 ans. Comment pourront-ils tenir face à l'énergie des jeunes d'Arsenal ? Ils jouent vraiment fantastiquement, avec un dynamisme impressionnant. Leur entraîneur fait un superbe boulot ? Pourquoi n'a-t-il pas été choisi comme sélectionneur de l'Equipe de France ?
Ah, l'équipe de France. Un aspect moins franco-français qu'on ne pourrait le penser, grâce aux bons résultats de l'équipe, et surtout, grâce à l'impact de la finale de la Coupe du Monde 2006. Il y a toujours une étanger fierté à attendre les louanges internationales, le fait que la France a superbement joué en deuxième mi-temps. Et, bien entendu, arrive aussitôt la question du coup de tête, sujet inévitable de toute discussion foot de la fin des années 2000, et les passions et les questions d'honneur s'invitent à la fête. Bien entendu, il n'aurait pas dû, mais voilà, d'un autre côté, il est impardonnables d'associer des injures avec certaines choses (Certaines Choses, Capital Cs), en particulier la famille. C'est impardonnable, des mots sur sa soeur.
La France n'est donc pas le seul pays à s'enflammer pour son équipe nationale, pas plus qu'elle n'est le seul pays à posséder autant de sélectionneurs que d'habitants. Durant la récente Coupe d'Afrique des Nations, l'élimination du Maroc a vite libéré les commentaires amers d'un collègue de l'université... Nous saurons bien vite s'il en va de même en Amérique du Sud, au fur et à mesure du parcours du Chili dans les éliminatoirs de la Coupe du Monde 2010. Mais y a-t-il beaucoup de suspens autour de cette question ?
Le football coule donc partout, et les particularismes régionaux ne sont finalement pas très prononcés. Exemple d'une culture parfaitement globalisée, et le football jaillit parfois de manière suprenante. La soirée a avancé, nous dansons maintenant au Papagayo sur de la house de 5 ou 6 ans d'age. A partir d'un certain moment, il faut savoir mettre de côté les discussions pointues, danser réchauffés par une tequila, et juste échanger de temps à autres quelques mots, soufflés par le contexte. Ces allemandes de 20 ans à la danse souple et peu expansive, ces allemandes profondément féministes, magnifiques, mais bien plus friandes d'organisation que les fantasques sudaméricianes, les emplois du temps et les rendez-vous minutés contre les élans explosifs et intuitifs. Ces allemandes épanouies, mais d'une certaine manière, toutes timides. Une culture de la timidité en allemagne, la pudeur et la retenue, aussi bien pour les filles que pour les garçons, d'ailleurs.
A ce moment, un allemand s'approche, et se fait prendre en photo avec moi, ravi. Son oeil a été attiré par l'écharpe que j'ai gardée autour du cou, dans l'élan de l'ivresse tequilesque. De quel club, cette écharpe ? Lens ? Oh oui, je vois très bien, pas de problème.
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Robin LE WILLIAM-NORTH
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Libellés : 2008.01 Allemagne, Düsseldorf, hispanohablante, party, sport, voyages
2008/02/15
Des personnages grimpent au mur dans le Medienhafen de Düsseldorf
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Libellés : .portfolio, 2008.01 Allemagne, architecture, Düsseldorf
2008/02/13
Düsseldorf Rheinturm noch
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Libellés : .portfolio, 2008.01 Allemagne, architecture, Düsseldorf, épuiser un monument, par dessus les toits, Rheinturm
Art contemporain et dessin au K21 de Düsseldorf
K20 et K21. Deux musées d'arts modernes à Düsseldorf. Le K20, joli bâtiment au larges verrières, accueille une belle petite collection permanente, essentiellement du début du XXème siècle, et propose des expositions temporaires très bien mises en valeur. La rétrospective sur Francis Bacon fin 2006 était ainsi des plus réussies. Le K21 est quant à lui dédié à l'art contemporain, le chiffre 21 devant figurer le XXIème siècle.
Visiter un beau musée d'art contemporain, c'est aussi être frappé par l'architecture du lieu, et le
K21 remplit parfaitement ce rôle. Il s'agit de l'ancien bâtiment du Landtag, parlement régional, dont la réfection s'avère particulièrement impressionnante : le toit semble avoir été littéralement scalpé, laissant sa place à une fascinante verrière transparente. Aussitôt entré dans le hall, je suis tombé sous le charme de ces trois étages ouverts sur ce plafond de verre, ouvert donc uniquement sur le ciel, avec ces vastes parois blanches et les quelques colonnades résiduelles. Espace, légèreté et lumière, superbement mis en valeur par le soleil printanier de ce 9 février, et au cœur de ce beau vide, un énorme ventilateur pend à un filin haut de trois étages. Il vrombit sans répits, agitant le câble en tous sens en de longs bourdonnements d'insecte électrique.
Le décor d'ensemble est planté, il n'y a plus qu'à se faufiler dans un des mignons escaliers en colimaçon, et goûter aux deux étages de galeries. S'y laisser surprendre par les œuvres dans les grandes salles qui les laissent parfaitement respirer.
La collection est éclectique et accorde une large place aux artistes régionaux. Mais si certains monochromes m'ont laissé perplexes, chaque porte a su révéler ses belles surprises éparpillées. Bien entendu, de passionnantes photos m'ont frappé, série en noir et blanc sur les aciéries de la Rhur, ou portefolio sur les couloirs de la mort aux Etats-Unis, cette fois aux couleurs de catalogue sur papier glacé. Les plans extra-larges d'Andreas Gursky, tirages photo de 5 mètres de larges qui présentent la foule d'un concert ou les méandres du Rhin. Les tirages d'Axel Hütte où des grillages au premier plan brillent étrangement.
Et bien entendu, on peut se régaler d'une ribambelle d'installations plus hybrides, plus contemporaines. Au sujet de ces approches, je n'arrive pas à me détacher des clichés populaires, et m'approche toujours avec crainte de ces installations, où le concept peut prendre le pas sur la force immédiate de l'œuvre. Mais c'est assurément dû à une méconnaissance de l'art contemporain. Ici, j'ai été souvent frappé par les trouvailles, les couleurs, les matériaux, les échelles, une perplexité positive et douce. Le cauchemar lisse du Mann und Maus de Katharina Fritsch m'a ainsi laissé rêveur : sculpture en plâtre d'un homme dormant sous un énorme édredon, sur lequel est perchée une souris noire de plus de deux mètres de haut. Ou cette Lantern de Martin Honert, cube éclairé de l'intérieur dont le paroi en vitrail forment un autoportrait étrange et magique.
Mais l'émotion atteint son comble au dernier étage, ces vastes balcons juste en dessous de la verrière. Fantastique impression d'espace, vision rasante superbe sur la ville, sur la Rheinturm, et ce sous le regard tranquille d'une gardienne, tout là-bas, de l'autre côté du bâtiment. Une grande paroi se dresse au milieu de cette espace, avec des portes battantes, pour une belle installation : cette haute paroi est un écran pour film naturel, la verrière y projette les ombres de sa structure sur le large rectangle blanc, et l'on peut suivre ces mouvements infinitésimaux tranquillement avachis sur de confortables poufs en poire.On atteint alors une grande douceur contemplative, tranquillité dans ce musée qui donne envie de se laisser absorber, d'observer, de raconter, de dessiner, et puis, de revenir très vite. Goûter à nouveau son aménagement improbable, depuis la verrière pure jusqu'au bar aux murs tapissés de pois...
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Libellés : .dessin, .photos, 2008.01 Allemagne, architecture, Düsseldorf, musée
2008/02/12
Butterwaffeln mit Kirschen
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Robin LE WILLIAM-NORTH
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Libellés : .ce que je mange, .photos, 2008.01 Allemagne, Duisburg
2008/02/11
Lich in Düsseldorf
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Robin LE WILLIAM-NORTH
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2008/02/10
Un samedi polyglotte sur Duisburg (donde se habla español tambien)
- Hablais Español ?
Mon camarade colombien se penche dans l'embrasure de la porte. La réponse est positive, il me fait signe de le suivre rejoindre ce groupe hispanohablante. Dernière étape d'un samedi particulièrement international et polyglotte, enchaînant les surprises.
Pourtant, le matin, mon samedi s'annonçait uniquement sous le signe de l'anglais et du français. Anglais, ma langue de survie, afin d'évoluer en Allemagne avec derrière soi moins d'une demi douzaine de cours dans la langue de Goeth. Si, au fur et à mesure, les petites expressions utiles s'ajoutent les unes aux autres, il me faut souvent bifurquer vers l'anglais à ma deuxième ou troisième phrase dans un café. Mes commandes bancales en allemand donnent confiance aux serveurs, et il me faut alors battre en retraite après leurs réponses trop rapides et trop germanophones. Rien de très grave, il faut faire profil bas !
Toutefois, je comptais ajouter à cet anglais utilitaire une petite conversation avec une française. Elle avait été élève très temporaire de mon cours d'allemand, avant de partir pour Bonn après une seule leçon, mais devait passer le week-end sur Duisburg. Une bonne occasion de boire un café entre français, autour de ce seul prétexte, discuter en français une heure ou deux, au coeur d'un long séjour à bredouiller en anglais et ne pas comprendre l'allemand. Peut-être n'aurait-on rien à se dire, qu'importe, le contenu ne comptait pas vraiment. Au pire, on aurait parlé de Sarkozy. Rendez-vous avait été pris par téléphone en deux phrases francophones, mais l'échange bleu-blanc-rouge devra finalement attendre un week-end prochain, puisqu'elle s'est décommandée au dernier moment, vraiment débordée. L'un dans l'autre, contrat presque rempli, une douce expérience de la France : verra-t-on jamais un de ces si gentils Allemands annuler un rendez-vous au dernier moment ?
De toute façon, ce léger contretemps ne me condamnait pas à une fin de journée solitaire. J'avais déjà prévu de me rendre à la célébration du Nouvel An chinois, organisée par des étudiants de l'université au Centre International. 18h, les gobelets en plastique s'étalent près de la cafétéria, faisant face à une table couverte de prospectus Best Western, sponsor apparent de l'événement. Une jeune fille m'épingle une fleur en papier rouge, porteur de bonne chance pour la bonne année, et me voici assis à une petite table, sans avoir osé lire le prénom de cette fille sur son badge illisible : lettres imprimées à l'ordinateur, c'est pro, mais peut-on décemment déchiffrer un badge fixé au sommet d'une poitrine féminine ? Pourtant, malgré le retard de mon camarade colombien, pas le temps de m'ennuyer. Je partage un gobelet de mousseux et des nougats chinois avec un sympathique étudiant chinois qui m'a pris en amitié, a noté mon adresse électronique, ravi que je lui pose des questions sur la langue chinoise. Gambei, nous trinquons, et ça y est, j'ai presque autant parlé chinois que français aujourd'hui...
Quelques instants plus tard,un nouveau continent vient à ma rencontre quand arrive ce camarade colombien, qui me trouve fasciné par le karaoké chinois. Mon nouvel ami chinois est parti servir du mousseux, portant un plateau peu horizontal, après avoir proclamé plusieurs fois son ivresse, plutôt évidente, et je me suis faufilé dans la plus grande salle de la fête. Une quinzaine de tables sont entourées d'étudiants chinois, groupe fourni mais qui représente finalement une faible portion des 500 élèves venus de Chine pour étudier à Duisburg. Ils n'ont aucun problème pour suivre les paroles de pop chinoise qui défilent à l'écran, et je suis triste de ne pouvoir participer plus activement à la fête. N'y a-t-il pas des karaokés chinois écrits en phonétiques ?
Mon ami sud-américain efface aussitôt cette déception : à l'entrée du Centre International, une feuille manuscrite évoque un groupe "Latina America & Bresil", apparemment en réunion au deuxième étage. Nous montons, mon ami entrouvre la porte, pour voir, et aussitôt, nous voici plongeant définitivement dans ce troisième continent. Pendant que l'Asie célèbre le début d'année à grand renfort de chansons romantiques, l'Amérique du Sud tient sa réunion hebdomadaire au deuxième étage. Dernière étape surprise du jour !
Dans la salle, là-même où ont lieu nos cours d'allemand, cinq femmes aux longs cheveux très bruns grignotent des biscuits apéritifs en discutant. Un homme chauve à la barbe blanche complète le tableau, avec une fillette qui dessine aux feutres ou joue à la bataille avec sa maman. Voici le groupe des ressortissants sud-américains de Duisburg, je tente de retrouver mes souvenirs d'espagnol datant de plus de trois ans, et je m'assois auprès de l'homme. Il est allemand, mais a vécu 15 ans en Espagne, 3 ans au Vénézuela et 2 ans en Colombie, par l'intermédiaire de sa formation de chimiste, et son espagnol s'écoule d'une fluidité parfaite. La conversation passe parfois de l'espagnol au portugais, une des femmes est Brésilienne, et mon ami est ravi. Il parle beaucoup, et je m'enivre de cette nouvelle langue de Duisburg, l'espagnol, surpris de la comprendre sans trop de problème. Quant à parler, cela reviendra avec le temps : nous inscrivons nos noms sur une liste, et hop, nous serons tous deux de la partie pour les journées de présentation du Brésil et de la Colombie !
La bobine de l'immersion internationale commence à peine à se dérouler...
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Robin LE WILLIAM-NORTH
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Libellés : .récit, 2008.01 Allemagne, Duisburg, voyages